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Thèmes / Lecture accompagnée de l'Evangile de Jean / Forum Evangile selon Jean

Forum Evangile selon Jean

Année 2025/2026- Forum Jean Jean Zumstein, L’apprentissage de la foi. A la découverte de l’évangile de Jean et de ses lecteurs. Feuille de route n° 1 1er au 31 octobre 2025
Période :
01 octobre 2025 - 31 octobre 2025

Feuille de route n° 1                  1er au 31 octobre 2025

Lectures correspondant à la FDR N°1

Jean 2,13 – 3, 20, Jésus et le Temple de Jérusalem, Jésus et Nicomède
Zumstein p .7 -26 : Introduction : Un évangile original
Chapitre 1 Un évangile enraciné, 1 Entre influences et tensions
(Devillers ch. 1 et 2, p.17-38 : auteur, structure, résumé)

 

 

1-Lecture du livre de J. Zumstein p.7-26
Voici, pour ce premier mois, quelques pages de présentation de cet évangile, que l’on a dit atypique, ou encore « spirituel », comme si les autres ne l’étaient pas ! Mais c’est une œuvre très originale, qui porte les traces d’une évolution sur plusieurs décennies et d’un dialogue constant de la communauté johannique avec son environnement, et à l’intérieur.
C’est dans ce dialogue que je vous invite à entrer.

 

La présentation de J. Zumstein est à la fois dense et dépouillée.
En opposant d’emblée l’évangile de Jean aux trois évangiles synoptiques, il en profile les traits originaux dès l’introduction.
Le but est de montrer que la foi chrétienne n’a jamais été un bloc de doctrines, mais s’est d’emblée exprimée de façon plurielle dans une diversité d’expériences, de traditions et de vies de communautés, qui ont médité, discuté et ont cherché à dire ce qu’elles comprenaient de l’événement Jésus Christ et ce qu’il révèle de Dieu (p18).
Je m’arrête un instant sur ce que J. Zumstein dit, avec raison, du « langage dualiste » utilisé par l’évangile de Jean, comme l’expression de deux ordres de réalité qui communiquent mal, voire s’affrontent (p.12-13).
Langage dualiste ne signifie pas immédiatement « pensée ou vision du monde dualiste » ; car chez Jean, c’est le monde qui est aimé de Dieu, c’est la chair humaine que la Parole habite et assume, et les ténèbres sont vouées à disparaître, sans pouvoir jamais s’emparer de la lumière pour l’arrêter (1,5).

Le chapitre 1 s’intitule L’évangile enraciné, et s’attache d’abord à montrer les combats parallèles ou successifs que la communauté johannique a dû mener, de 70 à 90, et la façon dont le texte les prend en charge. 
J. Zumstein montre admirablement ce qu’il en a été du débat avec le judaïsme (« les Juifs » une expression si difficile à traduire tant elle recouvre de significations différentes, voir p.21, notes 1 et 2 à lire de près). Il reflète une réaction à la séparation parfois brutale d’avec le judaïsme pharisien, après la prise et la destruction de Jérusalem par les Romains en 70 ap. JC.
Celui-ci s’est recomposé après 70 autour d’une identité fragile et donc rigoureusement circonscrite, excluant toutes les déviances et les risques de dispersion ; d’où l’expression « exclus de la synagogue » qui cible bien la situation des Juifs devenus disciples du Christ (p. 20-22).
Sur un autre front, le débat s’est engagé aussi avec les disciples du Baptiste, un débat peut-être antérieur au précédent et assez vite résolu, semble-t-il (voir p.23-24).
Plus avant dans le siècle, un nouveau débat s’ouvre avec « le monde », probablement du fait d’une difficile intégration des minorités chrétiennes dans les villes romaines, et la nouveauté de persécutions locales sous Domitien et Trajan (p.25). 

Pour ceux qui auraient le livre de Luc Devillers, cela correspond aux chapitres 1 et 2, p.17 à 38 ; dont 
l’intérêt est d’avoir une première vue d’ensemble très schématique et à préciser) de l’évangile, soit :

Un prologue 1,1-18       

1,19 – 12,50 le livre des signes ou de l’heure (rencontres, signes, enseignements)

13,1 –19,42 : le livre de la gloire
                13,1-38 ou 14,31 : le lavement des pieds et le dernier repas      
                14, 1 ou 15,1 – 17,26 : les discours et la prière de Jésus
                18,1 – 19,42 : l’heure de la mort est celle de la gloire la passion et la crucifixion,            

20 : les christophanies 
21 Un épilogue


2- Avant d’entrer dans la lecture du texte je voudrais proposer un axe qui me paraît assez central.
L’évangile de Jean est, comme les trois autres et plus que les trois autres, caractérisé par une « intrigue de révélation » ; dit autrement, dans chacun des évangiles, il ne s’agit pas de savoir comment l’histoire va se terminer (malgré un certain suspense), mais de faire entrer le lecteur dans la question : Qui est-il celui-là ?
Dans les évangiles synoptiques, Jésus lui-même renvoie la question à ses disciples et au lecteur : « et vous qui dites-vous que je suis ? »
Dans l’évangile de Jean, Jésus se désignera à plusieurs reprises, mais l’enjeu est autre, et il est explicité dès la fin du prologue en 1, 18 :

« Personne n’a jamais vu Dieu, Un fils unique, Dieu, qui est dans le sein du Père, nous l’a expliqué »
Le verbe est celui de l’exégèse (en grec exègeomai), et signifie littéralement : conduire hors de, conduire pour le faire connaître : « il nous entraîne (hors de nous-même) dans son propre orientation vers le Père » écrit Yves Simoëns.
C’est donc un chemin sur lequel le Fils nous accompagne pour nous faire connaître Dieu comme Père.
Un chemin de révélation dont l’évangile de Jean explore les différents détours, ou les multiples accès, avec un guide unique, le Christ, qui ne cède la place qu’à l’Esprit.

Je ne vous propose pas de travailler immédiatement le « prologue » (1,1-18), un texte hymnique ajouté tardivement à l’évangile, comme un porche qui l’éclaire et le résume. Nous le lirons en dernier.
Je vous propose plutôt de prendre le chemin.
De lire les chapitres 1,19 à 2,13 pour prendre conscience de la venue de Jésus dans le groupe de Jean le Baptiste. A un moment donné, Jésus se détache de Jean le Baptiste, qui le désigne à ses disciples comme « l’agneau de Dieu, celui qui porte (ou élève) le péché du monde », probablement en référence au serviteur souffrant d’Isaïe 53, 1-12 (notamment 53, 6-7).
Mais surtout le Baptiste témoigne du fait que l’Esprit est descendu sur Jésus et  demeure sur lui : « J’ai vu et je porte témoignage que celui-ci est le Fils de Dieu » (1,29).
On peut considérer que l’évangile comporte un premier cycle autour du premier témoin Jean-Baptiste, un cycle qui s’ouvre en 1,19  et se termine en 10,4, où Jésus se retire au-delà du Jourdain, là où Jean avait d’abord baptisé ».
Un premier témoin, précurseur et modèle de bien d’autres, précurseur et modèle surtout du témoin que le lecteur est appelé à devenir.

Appel de quelques disciples : André et l’autre disciple, puis Simon que Jésus nomme Képhas-Pierre, Puis Philippe et Nathanaël. Jésus reçoit d’eux des titres divers :  le Messie-Christ (1,41), le Fils de Dieu, le roi d’Israël (1,49), et leur promet de voir « des choses plus grandes encore : le ciel ouvert, et les anges montant et descendant au-dessus du Fils de l’homme ». 
Le titre renvoie au Fils d’homme de Daniel 7,9-15 qui reçoit de Dieu tout pouvoir sur la terre, et il affirme que les cieux sont rouverts : le songe de Jacob en Genèse 28,17 se réalise, la communication entre Dieu et les êtres humains est restaurée.

Dès ce début, tout est dit : Jésus va se faire reconnaître comme porteur de la gloire que le Père lui a donnée et qui fait de lui la présence et la parole de Dieu à l’œuvre au milieu des humains.
Le lecteur est alors invité à entrer dans le regard de divers groupes ou figures qui viennent à la rencontre de Jésus et perçoivent quelque chose de cette gloire. 

Ainsi au repas de noces qui ouvre le chapitre 2, à Cana, scène hautement symbolique, « Jésus manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui » (2,11).
« Ils crurent en lui » : mais que vaut cette foi ? A quelle épreuve doit-elle être confrontée pour se profiler, s’affiner, s’affermir ?

 

3- Lecture de Jean 2,13 à 3,21 : Jésus dans le Temple de Jérusalem, Jésus et Nicodème

213 Et la Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem.
14 Et il trouva dans le temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, ainsi que les changeurs assis.
15 Alors, ayant fait un fouet avec des cordes, il les expulsa tous du temple, les brebis comme les bœufs ; il dispersa la monnaie des changeurs et renversa leurs tables ;
16 et aux marchands de colombes il dit : « Enlevez tout cela d’ici, cessez de faire de la maison de mon Père une maison de trafic. »
17 Ses disciples se souvinrent qu’il est écrit : Le zèle de ta maison me dévorera.
18 Mais les Juifs répondirent et lui dirent : « Quel signe nous montres-tu, pour que tu fasses cela 
19 Jésus répondit et leur dit : « Détruisez ce sanctuaire, et, en trois jours, je le relèverai. »
20 Alors les Juifs lui dirent : « Il a fallu quarante-six ans* pour construire ce sanctuaire et toi, en trois jours tu le relèverais ? 
21 Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
22 Aussi, lorsqu’il se releva d’entre les morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Écriture ainsi qu’à la parole qu’avait dite Jésus.
23Or, comme il était à Jérusalem* durant la fête de la Pâque, beaucoup crurent en son nom en voyant les signes qu’il faisait.
24Mais lui, Jésus, ne se fiait pas à eux, du fait qu’il les connaissait tous,
25 et parce qu’il n’avait pas besoin qu’on rende témoignage au sujet de l’être humain : car lui-même connaissait ce qu’il y avait dans l’être humain..

31 Or il y avait un homme, du groupe des Pharisiens, nommé Nicodème* : un chef des Juifs
2 Celui-ci vint, de nuit*, auprès de (Jésus) et lui dit : « Rabbi, nous savons que tu es venu en maître de la part de Dieu, car personne ne peut faire ces signes que toi tu fais si Dieu n’est pas avec lui. »
3 Jésus lui répondit et lui dit : « Amen, amen, je te (le) dis : si quelqu’un ne naît pas de nouveau, il ne peut voir le Règne de Dieu. »
4 Nicodème lui dit : « Comment un être humain peut-il naître s’il est vieux ? Pourrait-il entrer une seconde fois dans le ventre* de sa mère et naître ? »
5 Jésus répondit : « Amen, amen, je te dis : si quelqu’un ne pas naît d’eau* et d’Esprit, il ne peut entrer dans le Règne de Dieu.
6 Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit.
7 Ne t’étonne pas parce que je t’ai dit : ‹ Il vous faut naître d’en haut ›.
8 Le vent souffle où il veut*, et tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient, ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit. »
9 Nicodème répondit et lui dit : « Comment cela peut-il advenir ? »
10 Jésus répondit et lui dit : « Toi, tu es le maître d’Israël et cela, tu ne le connais pas !
11 Amen, amen, je te dis : c’est de ce que nous savons que nous parlons, et de ce que nous avons vu que nous témoignons, mais notre témoignage vous ne le recevez pas.
12 Si je vous ai dit les choses de la terre et que vous ne croyez pas, comment croirez-vous si je vous dis les choses du ciel ? »
13 Et personne n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme.
14 Et comme Moïse a élevé le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme.
15 afin que quiconque croit ait, en lui, la vie éternelle.
16 Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.
17 Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde afin de juger le monde, mais afin que le monde soit sauvé par son entremise.
18 Qui croit en lui n’est pas jugé ; mais qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru dans le nom du Fils unique de Dieu.
19 Et le jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les êtres humains ont plus aimé l’obscur que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises.
20 Car quiconque pratique des actes mauvais hait la lumière et ne vient pas à la lumière, afin que ses œuvres ne soient dénoncées.
21 Mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été réalisées en Dieu. »

NB : cette traduction est une avant-première : elle vient de la révision en cours de la TOB qui sera publiée dans 5 ans ! J’ai laissé le terme Juifs en italique, car les réviseurs pensent que le grec Ioudaioi est intraduisible en français : il désigne parfois l’ensemble de ceux qui se rattachent au judaïsme, parfois les Judéens, et le plus souvent les seules autorités religieuses juives.

Ces deux scènes successives sont, me semble-t-il, très caractéristiques de la « manière », le geste littéraire et théologique, de Jean (j’appelle Jean le dernier rédacteur du livre, le texte que nous lisons).

I- 2,13-26 Jésus et le Temple
Une première montée de Jésus à Jérusalem pour la Pâque juive ; il y montera trois fois au moins pour la Pâque et d’autres fêtes (alors que les Synoptiques résument son ministère sur une année et une seule montée à Jérusalem pour la Pâque).
Jean place ici, au début de son évangile et du ministère public de Jésus à Jérusalem, cette scène souvent dite de « purification du Temple ».
Les Synoptiques au contraire la placeront à la fin de leur récit, lors de l’unique montée de Jésus vers Jérusalem et vers la mort : Mt 21,12-17 ; Mc 11,15-17 ; Lc 19,45-46. Le geste violent de Jésus dans le Temple, qui met en cause les autorités religieuses juives et l’autorité politique romaine, déclenche alors son arrestation. Lors de la mort de Jésus, la réponse sera la déchirure du rideau du Temple, Dieu quittant le lieu clos pour se situer aux côtés du Crucifié.

Ici, au contraire, une scène programmatique, dont l’interprétation se fait en deux temps :
2,13-17 Comme chez les Synoptiques, Jésus chasse les marchands du Temple : ce que les disciples interprètent après coup (« ils se souvinrent ») comme l’accomplissement du Psaume 69 (68),10 :
« Le zêle de ta maison me dévorera et les insultes de ceux qui t’insultent sont retombées sur moi ».

2,18-22 Une seconde interprétation conduit le lecteur ailleurs : il y a un signe à interpréter.
La question des « signes », toujours discutés, traverse toute la première partie de l’évangile de Jean, de 2,11 à 12,18 et 37, puis 20,30.
On découvre la mise en œuvre du malentendu (double sens) et de l’ironie johannique.
L’édification du Temple, commencée sous Hérode le Grand en 20 av. J.C. s’est achevée dans les années 25-26 ap. J.C.
A nouveau l’interprétation ne peut se faire que plus tard, dans le travail de la mémoire « (ses disciples se souvinrent »), éclairé par la Résurrection. Elle relie les paroles de Jésus en arrière à l’Ecriture, en avant à sa mort et sa résurrection.
« je le relèverai » : le verbe employé egeirô est aussi celui de la résurrection.

2,19-24 Une question centrale et constante : le lien entre les signes et la foi.
Au v. 23, le verbe croire est construit avec une préposition de direction : « croire en », voir par exemple 7,31 ou 11,48.
Au v. 24 il est construit avec un double complément, direct et indirect : « se fier à » ou « se confier à ».

II- 3,1-21 Jésus et Nicodème
A nouveau un texte en deux temps, le passage de l’un à l’autre étant marqué par le changement de pronom : du « je/tu » au « nous/vous »,  au cours du v.11.
La figure de Nicodème est très discutée : certains voient en lui un crypto-disciple, d’autres un Pharisien rigide et buté, dont Jésus se moque ! On retrouve Nicodème à deux reprises dans l’évangile : 7,50-52 et 19,34.
Y.-M. Blanchard insiste avec raison sur la figure « littéraire » qu’est Nicomède : le passage d’un juste pharisien à la suite du Christ.

1-10-Le malentendu joue sur l’adverbe anôthen qui peut signifier « à nouveau » (« être engendré à nouveau »), ou « d’en haut » (« être engendré d’en haut »).
L’emploi du verbe « être engendré » est repris de 1,13.

L’opposition « chair/esprit au verset 6 ne relève pas d’une anthropologie dualiste (du type « corps /âme »). Comme chez Paul elle pointe deux façons différentes de vivre ; en aucun cas la « chair » n’est négative, car la Parole s’est faite « chair », pour manifester dans notre chair « la gloire que lui vient du Père » (1,14). 
Chacun est engendré de la chair, pour être engendré d’eau et de souffle/esprit

Ne pas oublier que le même mot pneuma : vent, souffle, esprit, est employé aux versets 5.6.8.
Et d’autre part, que l’eau est depuis les prophètes (Ezéchiel 36,36) et clairement à Qumrân, un symbole de l’Esprit, Esprit créateur soufflant sur les eaux, Esprit qui donne la vie.
Et que Jésus en mourant livrera aux siens son « souffle/esprit » (19,30).


11-21-La déclaration solennelle de Jésus, est aussitôt suivie d’une affirmation en « nous » vs « vous ».
Il n’est pas question d’un « nous » de majesté (plus que rare, si même il existe, en grec !). 
Mais on passe d’un dialogue entre Jésus et Nicodème à une réflexion de la « communauté johannique » en face de ses interlocuteurs synagogaux (« vous »). 
Le niveau choisi est d’emblée le témoignage et la foi : la foi est le crédit accordé au témoignage.
Je rappelle qu’en grec le mot pistis est très polysémique : » foi, confiance, fidélité », mais aussi « crédit », voire garantie, et chez Aristote, « preuve » (rhétorique, s’adressant à l’opinion).

« Nous témoignons de ce que nous avons vu » : le verbe voir, au temps du parfait, est déjà chez Paul caractéristique des témoins de la résurrection (voir 1 Co 9,1 : « n’ai-je pas vu le Seigneur ? »).

Deux expressions successives et corrélées de la foi dont la communauté témoigne :
- v.13-15 Descente et élévation du Fils de l’homme (pour ce titre, voyez Daniel 7, 13) : 
L’image du serpent dressé par Moïse dans le désert est utilisée par Jean à plusieurs reprises : voyez Nombres 21,9, et son interprétation en Sagesse 16,7. 
On la retrouve notamment au chapitre 12,32-34, pour l’élévation sur la croix qui est du même coup élévation dans la gloire.
Paul en Philippiens 2,9 avait utilisé le même verbe « élever, dresser » : « et le Seigneur l’a super élevé ». 

-v. 16-21 Jugement et salut du monde : 
Le monde kosmos est très diversement considéré dans le parcours de la communauté johannique et de l’évangile ; il pourra aussi bien apparaître comme l’ennemi qui hait Jésus et ses disciples en 17,14-16) Un débat s’est ouvert. Mais très tôt dans l’évangile l’essentiel est dit, et il faudra le garder en mémoire : « Dieu a tant aimé le monde » !
Ce passage très riche met en place : l
Le Fils bien aimé comme envoyé de Dieu, donné au monde et aux humains.
Non pour juger le monde mais pour que le monde soit sauvé.
La réalité d’un jugement et le rôle de la foi dans ce jugement.

Vous n’oublierez pas de poursuivre la lecture jusqu’en 3,36, pour découvrir que Jésus avec quelques disciples, baptisait aussi de son côté, et qu’une sorte de concurrence va rester dans les mémoires et dans le développement des premiers groupes chrétiens entre les disciples du Baptiste et les disciples de Jésus. 

Bonne lecture et bons échanges ! N’oubliez pas que vous pouvez vous rendre sur le forum.

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