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Thèmes / Lecture accompagnée de l'Evangile de Jean / Vos questions, vos remarques / Les trois personnages du début de (Jn20, 1-18)

Les trois personnages du début de (Jn20, 1-18)

Ce début du chapitre 20 des versets 1 à 18, que J. Zumstein néglige, est lumineux et surtout il répond à votre question sur le verset 8.
Ce passage (Jn20,1-18) réunit trois personnages, qui vont croire, mais après des chemins différents: Marie de Magdala, Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait. Ce sont trois personnes très différentes, une femme passionnée, Simon-Pierre le chef des apôtres désigné par Jésus et reconnu par les onze autres, et le disciple que Jésus aimait, appelé “l’autre disciple“ au singulier, qui est un disciple bien particulier, celui que Jésus aimait, qui précise ailleurs qu’il est l’auteur de cet évangile qui sera appelé “évangile de Jean“.
Les voilà partis tous les deux courant vers le tombeau de Jésus à l’appel de Marie de Magdala première à être témoin du tombeau vide, qui a constaté l’absence du Seigneur ne sachant pas « où on l’a mis ». Au verset 3 il n’est pas question d’apôtres, mais de disciples qui courent, Pierre et l’autre disciple qui, plus rapide, reste à la porte du tombeau (v.4) et aperçoit les bandelettes posées là. Il laisse Pierre entrer le premier en raison de son autorité et celui-ci voit en plus le linge (le linceul sans doute) roulé à part dans un autre endroit (v.7).
On arrive aux versets 8 et 9 et pour bien le comprendre il faut se rappeler que c’est justement « l’autre disciple, celui que Jésus aimait », qui raconte la scène, disant qu’après être entré dans le tombeau « il vit et il crut ». Or il est bien le seul à pouvoir dire qu’il « croit », le seul à savoir qu’il a « compris l'Écriture selon laquelle Jésus devait se relever d'entre les morts » : personne d’autre que lui ne peut attester qu’il croit. Ce qui répond à la contradiction apparente entre le verset 8 et le verset 9.
En écrivant cela “le disciple que Jésus aimait“ manifeste qu’il parle de lui, en tant qu’auteur de l’évangile de Jean. C’est donc lui qui, en disant « En effet ils n'avaient pas encore compris l'Écriture selon laquelle Jésus devait se relever d'entre les morts », parle des autres disciples que lui, à savoir Pierre qui est avec lui et les autres disciples qui verront Jésus le soir (v.19).
Pour le moment (v.10) les deux disciples retournent chez eux.
La deuxième personne à croire est Marie de Magdala au verset 16 quand elle reconnait Jésus qu’elle prenait pour un gardien du jardin. Elle reçoit de Jésus la mission de prévenir celles et ceux que Jésus lui désigne, non comme ses disciples, mais comme ses « frères (v.17) » la considérant sans doute comme une sœur la mieux à même de prévenir ses “frères“.
Ce passage de l'évangile de Jean confirme combien est central dans cet évangile le personnage “le disciple que Jésus aimait“, < l'autre disciple >.

Créé par : Bertrand

Date de création :

Commentaires

Posté par Roselyne

mar 05/05/2026 - 09:44

Permalien

Oui, trois rencontres qui disent chacune à leur manière les diverses positions et phases d'une foi en Jésus ressuscité.

Le "disciple que Jésus aimait" réapparaît ici après une première apparition en 13,23, et peut-être, mais ce n'est pas sûr, en 18,15. Il est très présent donc dans le cycle de la passion-résurrection puis au chapitre 21. Il est totalement absent des grands discours (ch. 14-17) qui sont peut-être une relecture et approfondissement de son enseignement. Dire qu'il est l'auteur du chapitre 20 me paraît forcé. Dans le passage très bref qui le concerne, une sorte de presséance est accordée à Pierre qui entre le premier (même si l'autre est arrivé avant (v; 4-6), comme dans le chapitre 21.
Il annonce probablement ce qui sera dit par Jésus à Thomas : "heureux ceux qui croient sans avoir vu". Lui a vu, mais, vous le dites bien, qu'a-t-il vu ? Le tombeau vide. N'avons-nous pas chacun à reconnaître que le tombeau est vide, les tombeaux sont vides, et qu'il faut croire au-delà du visible ?
Mais pour cela, précise l'auteur, il faudra lire et comprendre l'Ecriture pour mettre des mots sur ce que nous croyons.
Autrement dit, si le disciple bien-aimé a été une figure marquante sur la trajectoire du quatrième évangile, l'auteur final a repris sa figure et l'a mise en perspective avec celle de Pierre, à la tête de la grande Eglise, et avec celles des croyants ultérieurs que nous sommes. 
Il y a bien un courant ecclésial qui dit cette proximité-intimité avec Jésus et qui a accepté de se rallier à un courant plus large. Nous le préciserons avec le chapitre 21.

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