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Dimanche 3 décembre 2022 – 1er dimanche de l’Avent – Marc 13, 33-37

Le manque d’espérance est en train de générer chez nous des changements profonds que nous ne savons pas toujours saisir. Presque à notre insu, les politiques orientées vers une vie plus humaine disparaissent de l’horizon. On parle de moins en moins de programmes de libération ou de projets visant à instaurer plus de justice et de solidarité entre les peuples.

Lorsque l’avenir s’assombrit, nous cherchons tous la sécurité. Que rien ne change, tout va bien pour nous. Que personne ne mette notre bien-être en péril. Ce n’est pas le moment de penser à de grands idéaux de justice pour tous, mais de défendre l’ordre et la tranquillité.

Nous ne semblons pas savoir comment dépasser cette réaction quasi instinctive. Les experts nous disent que les graves problèmes environnementaux, le phénomène du terrorisme désespéré ou le harcèlement croissant des affamés qui envahissent les sociétés de bien-être ne semblent pas provoquer de changements profonds dans la vie personnelle des individus. Ils ne provoquent que la peur et la recherche de sécurité. Chacun essaie de jouir au mieux de son petit bien-être.

Sans doute, beaucoup d’entre nous ressentent un étrange sentiment de culpabilité, de honte et de tristesse. Nous ressentons aussi une sorte de complicité due à notre indifférence et à notre incapacité à réagir. Au fond, nous ne voulons rien savoir d’un monde nouveau, nous ne pensons qu’à notre propre sécurité.

Les sources chrétiennes ont conservé un appel de Jésus pour ces moments catastrophiques : « Réveillez-vous, soyez vigilants. » Que signifient ces mots aujourd’hui ? Se réveiller d’une vie qui se déroule tranquillement dans l’égoïsme ? Se réveiller de la frivolité qui nous entoure à chaque instant et qui nous empêche d’écouter la voix de la conscience ? Se libérer de l’indifférence et de la résignation ?

Les communautés chrétiennes ne devraient-elles pas être un lieu privilégié pour apprendre à vivre en état d’éveil, sans fermer les yeux, sans fuir le monde, sans prétendre aimer Dieu en tournant le dos à ceux qui souffrent ?
 

José Antonio Pagola
Traducteur : Carlos Orduna

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Photo PxHere
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