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Si vous gardez mes préceptes, le Père vous donnera le Souffle de vérité

Michel MENVIELLE . 09 mai 2026

Dimanche 10 mai 2026– 6e dimanche de Pâques – 1 P 3, 15-18 ; Jn 14, 15-21

« Si vous m’aimez[1], vous garderez mes préceptes. Et moi, je prierai le Père de vous donner un autre paraclet[2] qui soit toujours à vos côtés, le Souffle de vérité, que le monde ne peut accueillir car il ne le voit pas et ne le connait pas. Vous, vous le connaissez, parce qu’il reste avec vous et qu’il est en vous. » (v. 15-17) 
 Promesse faite par Jésus aux siens (littéralement : ceux qui lui sont particulièrement attachés), avant son arrestation et sa passion, qu’il sait proches (Jn 13, 1 ; 21-33).

Jésus vient de donner aux siens un précepte nouveau : « […] afin que[3] vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés, afin que aussi vous vous aimiez les uns les autres. » (Jn 13,34). Un précepte nouveau... Le verbe grec (agapaô) est celui utilisé dans la traduction grecque du Premier Testament (appelée Septante), lorsqu’il est question d’aimer le Seigneur et d’aimer son prochain (Dt 6, 4 ; Lv 19, 18). Mais Jésus formule ici ce précepte d’une façon inhabituelle : il n’enjoint pas aux siens de s’aimer les uns les autres, mais il leur propose un objectif eschatologique : pratiquer entre eux un amour à l’image du sien pour le Père et pour ses disciples. Le précepte concerne le chemin vers cet objectif. À chacun de le découvrir en travaillant ce que Jésus nous a donné, son enseignement. Ceux qui le font seront toujours accompagnés par le Souffle de vérité qui « demeure auprès d’eux et sera en eux » (v. 17). Ceux qui mettront en pratique son enseignement apprendront à connaître sa présence mystérieuse – et celle, en lui, de son Père (v. 21).

C’est le pluriel (« vous ») qui est utilisé par Jean à propos du discernement de la présence au plus intime de l’homme du Souffle envoyé par le Père, alors qu’un singulier, le monde, est utilisé pour désigner l’impossibilité d‘accéder à cette présence (v. 17). J’y entends que c’est ensemble, lorsque nous vivons – ou plutôt essayons de vivre – selon les préceptes enseignés par Jésus que nous pouvons reconnaître cette présence. Chemin personnel, mais chemin sur lequel, seul, je ne peux progresser. C’est mutuellement que nous nous apprenons à reconnaître cette présence, à la contempler, et à en nourrir notre vie spirituelle et nos relations mutuelles. L’amour s’apprend par l’exemple.

Ainsi Jean nous fait récit des ‘travaux pratiques’ que Jésus a proposés aux siens durant ce dernier repas. S’étant levé de table, il leur a lavé les pieds (Jn 13, 4-12).

Le précepte que nous donne Jésus est pour moi invitation à établir des relations dont le lavement mutuel des pieds est métaphore, des relations basées sur la juste conscience et l’absolu respect de l’identité et de la dignité, pour soi et pour l’autre. Ni humiliation, ni domination, ni fusion, ni envahissement. En écho, les moments fugaces où cette agapè advient ne sont-ils pas traces de cette présence du Souffle qui nous dépasse ?

« Celui qui s’attache à mes préceptes et les garde, celui-là m’aime. Il sera aimé par mon Père et moi je l’aimerai et je me manifesterai à lui. » (v. 21) Jésus souligne ainsi le lien étroit entre vie spirituelle tournée vers lui et vie sociale fondée sur la mise en pratique de son enseignement. Une vie sociale qui, comme Pierre nous y invite, cherche à ne pas alimenter – et peut-être réussit à briser – le cycle de la répétition de la violence qui répond à la violence, ce cycle mortifère qui enferme ceux qui s’y laissent prendre.


 

[1] Le grec dispose de quatre mots pour désigner des nuances de l’amour. Agapé, toujours utilisé dans ces versets, désigne l’amour que Jésus porte aux siens et au Père, un sentiment différent de l’amour entre époux, de la passion et de l’amitié.

[2] Paraclet vient d’un adjectif grec qui signifie « qu’on appelle à son secours ».

[3] La conjonction grecque (ina, introduisant une proposition finale) est utilisée deux fois dans ce verset.

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Image par Chu Viết Đôn de Pixabay
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