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« Désormais, je ne suis plus dans le monde… »

Christine TASSET . 15 mai 2026

Dimanche 17 mai 2026– 7e dimanche de Pâques –Jn 17, 1b-11a

Avec le temps liturgique de l’Ascension que nous fêtons ces jours-ci, nous entrons dans le grand basculement de la présence de Dieu dans le monde par le Christ à son absence : après sa mort et sa Résurrection, Jésus retourne près de son père. « Eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. » Nous sommes invités à entrer dans un autre temps, dans lequel, marqués par ce qui a été vécu avec le Christ et transmis par des générations de disciples depuis plus de 2000 ans, nous avons à mettre en pratique ce qu’il nous a laissé : rien de moins que d’assurer sa succession dans le monde !! Il y a de quoi se sentir orphelins, démunis, pas à la mesure de la mission !

« Père, glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir… il donnera…» (17,1). Le mot de gloire, dans cette prière de Jésus, est intimement lié à celui de don. Ce sont les deux termes qui reviennent sans cesse. Et si la gloire était tout simplement le contraire de retenir et de garder pour soi ? Comme un mouvement irrépressible qui fait circuler le don total, celui du Père au Fils, celui du Fils à ceux qui accueillent sa parole, celui de ceux qui accueillent sa parole et sa révélation à ceux et celles qui ignorent encore cette révélation. Nous sommes très proches de l’image de la vigne dont il était question deux chapitres auparavant : « je suis la vigne véritable et mon Père est le vigneron ». Et le texte laissait percevoir la circulation incessante de la sève qui n’est autre qu’un amour en acte, qui donne la vie. 

Il est impressionnant d’entendre que Jésus prie et intercède pour nous, pour que nous, qui sommes dans le monde, restions fidèles à ce mouvement de don circulant, vivifiant. C’est au cœur même de tous les évènements violents qui défigurent le monde aujourd’hui, que nous sommes appelés à rester enracinés dans ce mouvement qui seul, porte la vie, celui du don, du partage de ce qui nous fait vivre : le pardon, la révélation de Dieu comme Père. 

C’est à nous qu’il revient aujourd’hui de rendre perceptible aux hommes la gloire de Dieu, c’est-à-dire sa puissance d’amour. Il y a là tout un espace de liberté pour inventer, dans la fidélité, un langage, des gestes, des célébrations… qui feront sens dans notre monde assoiffé de paix. Nous ne resterons pas seuls devant cette tâche immense. Bientôt nous célèbrerons la venue de l’Esprit Saint, « qui nous enseignera toutes choses et nous fera ressouvenir de tout ce que Jésus nous a dit » (14,26).

Crédit photo
Merci au dessinateur anonyme de cette illustration
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