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Prolonger la vie ou bien plus que cela ?

Philippe Jarry . 19 mars 2026

Dimanche 22 mars 2026 – 5 e dimanche de Carême – Ez 37, 12-14 ; Jn 11, 1-45


Une résurrection… Mais pourquoi faire ? Ne peut-on nous laisser « tranquilles » avec notre vie humaine telle qu’elle est définie, avec un début et une fin ? Différente pour chacun selon les gênes dont il a hérité, elle sera courte ou longue, simple, gaie ou bien torturée. Les circonstances, paisibles ou perturbées par les éléments naturels ou les actions des hommes, détermineront le chemin de chacun. Il y trouvera des joies immenses et des drames indescriptibles. Ainsi va la vie des humains. Considérations pragmatiques d’une personne qui ignore – volontairement ou parce que cela ne lui a pas été transmis – ce que nous disent les Écritures : l’homme est une âme vivante habitée par l’haleine de Vie du Seigneur (Gn 2, 7). À moins qu’on y entende résonner un appel ?


Les paroles du prophète Ézéchiel, qui intervient au sein d’un peuple de déportés et parle au nom du Seigneur, changent complètement la perspective : « J’ouvrirai vos tombeaux… Je mettrai mon esprit en vous et vous vivrez. » Une simple métaphore, peut-être : les tombeaux sont l’enfermement à Babylone, et un jour viendra la libération des captifs qui rentreront chez eux : « Et ils vivront sur leur terre, en paix. » Mais les tombeaux ne sont-ils pas aussi métaphore de l’enfermement de ceux qui ignorent ce que disent les Écritures et ce qu’elles invitent à croire ?


Bien des siècles plus tard, en Judée, un homme tombe malade. Sérieusement, au point que sa famille pense que la fin est très proche. Rien de plus naturel  qu’une maladie. Lazare mais n’est ni le premier ni le dernier à souffrir au point que nulle guérison n’est possible. C’est ainsi même si la vie de Lazare a connu récemment une forte inflexion. Dans le village de Béthanie où il vit en compagnie de Marthe et Marie, ses deux sœurs, il a fait la rencontre d’un homme hors du commun. Un certain Jésus venu de Galilée.


Aux yeux de Lazare et de ses deux sœurs, mais aussi d’un grand nombre de témoins, ce Jésus a une tout autre dimension. Il écoute, il parle, il agit en guérissant « toute infirmité dans le peuple ». Il ne guérit pas que les corps meurtris et abîmés mais aussi les cœurs, les âmes. Ainsi, Lazare a vu combien la vie de ses sœurs en a été complètement transformée (Jn 11, 2 ; 12, 3).


Marthe et Marie sont convaincues que leur Maître saurait le guérir pour partager encore quelques belles années d’une vie prolongée. Dire au Maître de venir et tout sera réglé. Le message est envoyé mais le Maître ne vient pas. En tout cas pas assez vite et Marthe, Marie, les voisins et les proches portent Lazare au cimetière. Le tombeau est fermé. Lazare a fini de vivre. Pleurs, détresse et incompréhension : pourquoi l’homme de Nazareth, le Maître et ami, n’est-il pas venu ?


Quand, finalement, Il est là, c’est pour un appel : « Lazare, sors, viens dehors ! » Ce qu’il advient devant tous est inimaginable : tombeau ouvert, le corps qui commençait à se corrompre apparaît, prêt à marcher, à aller, à poursuivre sa vie humaine… au terme de laquelle il sera de nouveau porté au tombeau ! Mais un signe est donné : la mort peut être vaincue, le souffle de vie que Dieu donne et redonne ouvre à chacun une dimension nouvelle, une autre façon de vivre : on peut l’appeler « vie éternelle » !


À la lumière de la promesse de Dieu transmise par la bouche d’Ézéchiel : « J’ouvrirai vos tombeaux, je mettrai mon Esprit en vous et vous vivrez ! », la sortie du tombeau de Lazare à l’invitation de Jésus nous invite à entendre la parole de Jésus comme chemin pour vivre « une vie éternelle » (Jn 11, 25).
 

Crédit photo
Selenee51-Pixabay
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