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Participer à la construction de l’Europe dans un monde en mutation

CCBF . 19 novembre 2025
Charte œcuménique – deuxième édition

En 2001 était signée la « Charte œcuménique » pour la coopération croissante entre Eglises en Europe. Depuis cette date, l’Europe, les Églises et l’œcuménisme ont évolué. Il devenait donc nécessaire de mettre à jour le texte de cette Charte. 

Nous vous proposons ici le dernier point évoqué dans cette Charte.

Pour l’ensemble du texte, cf : https://ceceurope.org/storage/app/media/2025-news/Charte%20%C5%93cum%C3%A9nique%20French.pdf

Les Églises voient leur engagement dans la construction de l’Europe comme une des facettes de leur mission. L’unité de l’Europe est le fruit du partage des richesses abondantes provenant de la diversité de sa population. La foi chrétienne – qui a contribué aux cultures et aux valeurs européennes – est inextricablement liée à l’histoire de l’Europe. Nous confessons toutefois que les chrétiennes et les chrétiens ont échoué à empêcher la souffrance et la destruction infligées par les Européens, en Europe et au-delà.

Nous sommes convaincus que l’héritage spirituel du christianisme constitue une force et une source d’inspiration et d’enrichissement pour l’Europe. Nous fondant sur notre foi chrétienne, nous œuvrons en faveur d’une Europe humaine et socialement responsable, où prévalent les droits humains et les valeurs fondamentales de paix, justice, liberté, tolérance, participation et solidarité (Ésaïe 1,17). Nous insistons également sur le respect de la vie, l’importance des relations humaines, y compris le mariage et la famille, l’option préférentielle pour les pauvres, la volonté de pardonner et la compassion en toute chose.

Nous condamnons toute forme de violence à l’égard d’êtres humains, en particulier des plus vulnérables et des minorités. Les Églises ont la responsabilité particulière de veiller à ce que leur enseignement ne condamne pas des femmes et des enfants à continuer à vivre dans une situation de violence domestique et d’abus. Nous reconnaissons que nous sommes responsables de proposer des espaces sûrs pour les personnes vulnérables, handicapées ou marginalisées, d’en prendre soin, de les protéger et de promouvoir la justice et l’égalité pour toutes et tous.

Les chrétiennes et les chrétiens d’Europe font partie de la famille humaine mondiale. Nous considérons que la diversité de nos traditions régionales, nationales, culturelles et religieuses constitue une richesse. Néanmoins, les différents contextes peuvent mener à des controverses à propos de questions d’éthique ou de foi. Nous – chrétiennes et chrétiens – sommes appelés à nous engager envers autrui dans un esprit d’écoute, de discernement et d’amour. Nous devrions avoir à cœur d’établir des relations et des amitiés avec des partenaires dans d’autres parties du monde. L’espoir de construire un monde plus juste, une Europe plus juste, plus digne de la personne humaine, doit s’accompagner de la conscience que les efforts humains ne mènent à rien sans la grâce de Dieu.

Nous prenons l’engagement

> de contribuer à l’unité de l’Europe, en pointant les divisions géopolitiques et socio-économiques et en cherchant à y remédier ;

> d’encourager la participation aux processus démocratiques ayant le bien commun en point de mire ;

> d’articuler d’une même voix les préoccupations et les idées des Églises auprès des institutions européennes ;

> de résister à toute tendance à la déshumanisation et au non-respect de la vie humaine, en promouvant l’épanouissement de toute la personne et de chaque personne, en particulier les plus vulnérables ;

> de renforcer la position des femmes dans l’Église et la société et de plaider pour une égalité de droits ;

> de dénoncer l’extrémisme religieux et tout ce qui fragilise les liens entre nous ;

> de résister à toute tentative de détournement de la religion et de l’Église à des fins ethnocentriques, nationalistes, politiques ou populistes ;

> de contrer les formes de nationalisme prônant l’oppression des peuples et des minorités, en nous engageant à faciliter les stratégies et les solutions non violentes et à défendre les droits humains, en particulier ceux des minorités ;

> de renoncer aux attitudes eurocentriques, en reconnaissant et en assumant notre rôle dans l’amélioration du bien-être de toute l’humanité.

 

Rome, le 5 novembre 2025

+ Nikitas, archevêque de Thyateira et de Grande-Bretagne et président de la Conférence des Églises européennes (CEC), 

+ Gintaras Grušas, archevêque de Vilnius et président du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE

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