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Nicole Lemaître explique pourquoi elle démissionne de l'Académie Catholique

L’absence de concertation, l’absence d’information préalable auprès de tous les membres compétents du corps académique, le refus d’écouter et encore moins d’intégrer des points de vue minoritaires dans ses décisions sont un défaut récurrent de cette Académie depuis plusieurs années. Je préfère quitter cet entre-soi trop souvent hostile à l’ouverture et au contact extérieur en dépit des amitiés que j’y ai nouées. La parole de cette Académie devient de toute façon inaudible à l’extérieur en raison de cet enfermement même.

Fin novembre, huit membres de l’Académie catholique de France adressaient une lettre au pape François pour exprimer leur désaccord face aux conclusions du rapport de la Ciase : ils en dénonçaient des faiblesses méthodologiques, théologiques et juridiques.

Nicole Lemaitre, professeur émérite à l’université Paris 1-Panthéon Sorbonne, spécialiste de l’histoire religieuse du XVIe siècle, particulièrement catholique, qui a également enseigné à l’Institut supérieur d’études œcuméniques (Institut catholique de Paris) et travaillé pour le dossier de béatification de Edmond Michelet, nous fait part des raisons qui la conduisent à quitter cette Académie.

Les explications données par deux membres du groupe signataire et le président ne m’ont pas convaincue de la pertinence de toutes les critiques faites au rapport de la Ciase. En particulier, il me semble que n’en rester qu’à la critique sans signaler aucune qualité du travail accompli et refuser d’envisager le caractère systémique du problème dans l’Église me semblent incompréhensibles. La culture du silence est une évidence et un système, ici comme dans d’autres institutions, mais avec des conséquences bien plus graves étant donné la nature de l’Église qui doit être sacrement pour tous. Nous ne sommes plus dans l’Église tridentine et pourtant le silence et la gouvernance pyramidale, la dénonciation « confidentielle » auprès du magistère restent la règle.

Comme membre, j’espérais beaucoup des possibilités de construction en commun d’une culture catholique adaptée au monde actuel et non pas tournée seulement vers le passé.

Ce n’est pas le cas. Je quitte une association dans laquelle je ne vois pas quelle action efficace je pourrais mener pour défendre l’Église et ses fidèles en utilisant tous les aspects de la mémoire chrétienne que les historiens savent mettre au jour.
 

Nicole Lemaitre.

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