Dimanche 26 avril 2026– 4e dimanche de Pâques – 1 P 2, 20b-25 ; Jn10, 1-10
« Pasteur, berger », des mots que l’on trouve souvent dans la Bible, tirés de l’histoire d’un peuple pour qui la vue d’un troupeau accompagné d’un pasteur ou d’un berger était chose commune…
Mais l’évangile est un texte pour aujourd’hui, alors que l’image biblique s’estompe aux yeux d’un grand nombre. Les troupeaux sont relégués dans un espace à part, lointain, jusqu’à en devenir invisibles. En certains lieux, les bergers, hommes ou femmes, parce qu’ils se louent auprès des éleveurs pour garder leurs troupeaux à certains moments de l’année, ne sont plus ceux qui connaissent intimement les brebis.
La figure du bon Pasteur d’aujourd’hui est peut-être à trouver dans l’éleveur qui part avec son troupeau pour l’estive et qui accompagne ainsi ses brebis (et ses moutons !) tout au long de leur vie. Celui-ci connaît ses brebis parce qu’il a assisté à chaque naissance. Il y participe lorsqu’une mère est en difficulté… Il prend le plus grand soin de la mère et de son petit. Il lui arrive de nourrir lui-même son agneau tout neuf mais fragile… Il le regardera grandir et le suivra tout au long de sa vie. Le bon pasteur veille, prévoit, prépare, soigne, oriente. Il lui arrive aussi de trembler pour son troupeau, que les loups parfois menacent.
Il est l’Éleveur : il élève, c’est-à-dire qu’il fait grandir ; il est le berger : il accompagne son troupeau et le guide avec amour.
Ainsi, les brebis reconnaissent celui qui les élève et les accompagne, à sa silhouette, au rythme de son pas, à sa voix, à la façon dont il appelle ses chiens… Elles reçoivent de lui leur nourriture, à l’étable ou dans les prés où il les conduit, même sur les chemins nouveaux ou difficiles. Elles savent que rien de ce dont elles ont besoin n’est ignoré du pasteur. Cela, elles l’ont appris au fil du temps : seules, et aussi des autres car le troupeau n’est pas une somme d’individus qui s’ignorent.
Tout cela n’est pas le résultat d’une bonne gestion. C’est le résultat de l’amour donné par le pasteur à son troupeau, amour dont il témoigne par ses veilles, son souci, son attention, sa fatigue, sa joie. Ses angoisses aussi, car les voleurs et les prédateurs rôdent. Quel métier !
Pas étonnant que Jésus de Nazareth, en butte à des gens qui ne le comprennent pas, se mette en scène comme celui qui fait grandir et accompagne ses brebis. Et quand l’auteur de la première lettre de Pierre choisit ce qu’il va écrire, c’est bien l’image qu’il utilise. Puisqu’on lui demande « Que devons-nous faire ?», Pierre évoque la réponse d’un troupeau à la voix, au pas, à la silhouette de Jésus, le Christ. « Bien-aimés, à présent, vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes. »
D’où vient cette rencontre entre le Pasteur et ses brebis ? Un autre ‘moment d’Évangile’ est éclairant (Jn 1, 48). Lorsque Nathanaël s’approche de Jésus, il croit qu’il fait ainsi le premier pas mais découvre que Jésus le connaît déjà, provoquant ainsi sa question : « Mais d’où me connais-tu ? » Et Jésus lui dit : « Avant que Philippe ne t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu !» signifiant ainsi que le Pasteur attendait la naissance de Nathanaël à une vie nouvelle.
Il en va ainsi de chacun de nous. Nous sommes attendus… et aimés. Rien de ce qui fait notre vie n’est étranger au bon Pasteur, Jésus le Christ. Répondons à son appel, et laissons-nous guider et accompagner vers le Père ! (Jn 10, 14-15).
(1 P 2, 20b-25)