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Jeudi 28 mars 2024 – Jeudi Saint – Jn 13, 1-15

Lectures du Jeudi Saint

Dans sa célébration du soir le Jeudi Saint, l'Église rappelle le dernier repas du Christ, au cours duquel Jésus institue l'eucharistie, selon les trois évangiles synoptiques, et lave les pieds de ses disciples selon l'évangile de Jean. Il est important de discerner cette différence, car les évangiles synoptiques, les plus anciens, ne parlent pas du lavement des pieds et Jean ne parle pas de l’Eucharistie. Dès la fin du premier siècle, il existait une diversité dont nous pourrions nous inspirer aujourd’hui. Il n’est pas nécessaire, voire contre-indiqué, d’exiger une Église universelle pratiquant les mêmes rites, utilisant les mêmes textes, par un clergé assujetti à la même discipline.

Les deux rites ont des desseins distincts. L’Eucharistie célèbre la réunion de la communauté (l’Église) autour de Jésus et la matérialise par un repas, plus symbolique que réel. Le Lavement des pieds rappelle que le célébrant n’exerce pas un pouvoir mais remplit un service. Or le premier rite a pris toute la place et le second est réduit à la portion congrue d’une seule célébration par an, tout à fait allusive. On peut ajouter que dans tous les pays du monde on participe à des repas tandis que laver les pieds ne s’impose que dans un pays chaud où on porte des sandales sur un sol poussiéreux. Quoiqu’il en soit, le cléricalisme, maladie de l’Église catholique selon le pape François, n’est pas contredit par un rite usuel, par une invocation répétée.

Cette importante commémoration du Jeudi Saint célèbre la création d’une communauté des fidèles groupée autour d’un célébrant, ni plus, ni moins. À partir de ce donné initial, il faut maintenant reconstruire une Église catholique moins centralisée, plus œcuménique, moins organisée en termes de pouvoir, plus fidèle au message initial. Ce fut le travail entamé par le Concile Vativan II, qui reste inachevé. Un indice parmi d’autres en est la non-application des résolutions du Synode sur l’Amazonie prônant l’ordination de viri probati et le diaconat féminin. 

On célèbre ce Jeudi Saint la création d’une Église qui doit revenir à sa vocation initiale en effaçant des siècles de collusion avec les pouvoir politiques, les habitudes mentales et les règles passéistes.

Crédit photo
www.flickr.com - Yann Seitek
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