Dimanche 24 août 2025 – 21e dimanche du temps ordinaire – Lc 13, 22-30
Le texte de l’évangile de ce dimanche nous évoque un point clé de l’enseignement de Jésus. Celui-ci est en marche vers Jérusalem, il pressent et annonce sa fin tragique qui s’y produira. Il l’accepte.
C’est cependant des foules qui viennent écouter le jeune rabbi qu’il est, ces foules dont il prend soin et auxquelles il explique comment vivre pour être sauvé. Son enseignement est très exigeant mais l’éthique du monde juif est depuis toujours fondé sur le lien à « la Loi et les prophètes ». Certains s’inquiètent de la difficulté de vivre selon les préceptes que Jésus leur interprète plus qu’il ne les édicte, bien qu’il se présente lui-même comme une autorité morale suprême. Mais, comme nous, ceux qui viennent l’écouter buttent sur l’écart entre leur désir de bien faire et leur difficulté à appliquer cette loi exigeante.
« Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice » : au cœur de la « pointe » de cet évangile, il y a cette phrase qui condamne et deux concepts essentiels, la notion de justice et celle de nos actes.
La justice y est comprise comme action. Elle n’est pas un état figé, elle n’est pas seulement le texte de la Loi de Moïse. Elle est créée par nos actes, nos choix, comme à l’inverse l’injustice est le fruit de nos actes. Ou de notre inaction. Certaines traductions condamnent les « ouvriers d’injustice ». Notre existence, notre volonté et les actes qui en résultent sont au cœur de la justice !
Et cette justice est aussi un état de fait social car elle concerne tout le monde. « Beaucoup chercheront à entrer. » Étant fondée sur les actes de tous, elle va provoquer la mise en place d’un consensus. Les sociétés vont édicter des lois, et la foi juive est fondée sur « La Loi ». Loi qui est aussi un récit, et justement ce récit nous donne des actes en exemple. Car il met, au cœur de tout, l’action.
Mais sur quelle autorité cette justice sera-t-elle fondée ? Pour nous chrétiens c’est Jésus-Christ, pleinement Dieu et pleinement Homme (les deux avec une majuscule !) qui a l’autorité de nous dire « que faire ». Lui seul sait et a, en tant qu’être divin et être humain, la possibilité de nous le faire comprendre (c’est-à-dire de le prendre avec nous). Mais aussi de nous pardonner et de donner l’interprétation de cette loi dans le contexte de la réalité, comme il le fait plus haut dans ce chapitre. Cependant il reste une exigence qui est celle de conformer nos actes à l’impératif de justice, de passer à l’acte. Et ceux qui se contentent de venir écouter sans se convertir à cette loi de justice se voient écartés : « éloignez-vous de moi ». Est-ce une condamnation ou plutôt un constat ?
Ainsi la « religion de Jésus » est tout sauf un objet d’archéologie ! Elle est ici et maintenant (hic et nunc disaient les anciens.) Et sa « justice » nous invite à vivre, à être des acteurs et pas des spectateurs.