Dimanche 1er juin 2025 – 7e dimanche de Pâques – Ac 7, 55-60 ; Ap 22, 12-14.16-17.20 ; Jn 17, 20-26
La prière de Jésus adressée à son Père est ardente, pressante : « Père, qu’ils soient un. Qu’ils soient parfaitement UN comme toi et moi nous sommes UN. »
Il n’est pas toujours aisé de trouver comment lier les différents textes que l’Église nous donne à entendre lors d’un dimanche. Et ça n’est pas toujours un grand thème qui ressort, ce peut être un mot, un seul… Est-ce parce que tant dans l’extrait des Actes des Apôtres proposé à notre lecture aujourd’hui que dans celui du Livre de l’Apocalypse il est fait mention de vêtements ? Les vêtements dont Étienne a été dévêtu à l’heure de son supplice ou ceux que le peuple immense vient de laver après avoir traversé « la grande épreuve ». C’est donc ce mot « vêtement » qui va faire le lien.
Car le souhait ardent que Jésus adresse avec une singulière intensité dans sa prière à son Père m’a tout de suite orienté vers la contemplation d’un vêtement. La tunique, celle qu’il nous est rapporté que le Christ portait en montant vers le Golgotha : elle était faite d’une seule pièce. Sans coutures : une unité parfaite des fils de la trame et de la chaîne patiemment montés par l’artisan pour constituer une tunique d’un seul morceau. Au pied de la croix, les soldats en avaient été frappés, impressionnés. Alors que leur besogne barbare venait de s’achever et qu’ils ne pouvaient totalement s’abstraire de la souffrance indicible des trois hommes qui luttaient encore sur le gibet, ils n’avaient pu s’empêcher d’admirer un vêtement au point de renoncer à en faire plusieurs morceaux. La partager, loin de contenter tout le monde, c’était en fait la détruire. Ils l’avaient bien compris.
Bien au-delà d’un vêtement, diviser le monde conduit à le détruire. Et quand Jésus disait à son Père : « Qu’ils soient UN pour que le monde croie ! », il disait combien l’unité est essentielle pour un monde appelé à croire.
Nous le voyons, le monde où nous vivons n’est pas fait d’une seule trame et d’une seule chaîne : il est fragmenté, affreusement divisé. La prière intense de Jésus nous presse alors d’agir comme des artisans-couturiers qui vont, patiemment, avec application, ajuster des pièces de couleurs, de tailles et de textures différentes. Afin d’en faire un immense tissu unifié. Réaliser ainsi l’unité alors qu’il n’y a pas d’uniformité dans notre monde.
Quelques semaines à peine après que notre pape Léon XIV a formulé, lui aussi, un appel ardent à l’unité, la tâche est devant nous.
Si nous y travaillons, on pourra dresser l’immense tente du Seigneur dans le Pays promis aux enfants de Dieu : une tente multicolore dont les multiples pièces enfin accordées claqueront au même vent de l’Esprit.