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Naître d’eau et d’esprit…

Michel MENVIELLE . 30 mai 2026

Dimanche 31 mai 2026 – Fête de la Sainte Trinité – Jn 3, 16-22

Un pharisien, Nicodème, vient de nuit vers Jésus. Il nous est présenté comme une autorité chez les Juifs, mais également comme un homme qui cherche sincèrement à se renseigner sur Jésus de Nazareth.

Il s’adresse à Jésus comme à un maître (un « rabbi »), qui fait des signes montrant que Dieu est avec lui (Jn 3, 1-3).

Et Jésus lui répond : « Amen, amen, je te dis : si quelqu’un n’est pas né d’en haut, il ne peut pas voir le règne de Dieu. » (Jn 3, 3)

Amen, amen… Les mots utilisés par l’auteur de l’évangile de Jean et la place qu’il donne à ce dialogue, au début de son récit, sont clairement signes que ce qui suit est essentiel : l’enjeu est en effet « de voir le règne de Dieu ». Ce qui suit ? Un propos énigmatique, « naître d’en haut ».

Nicodème ne comprend pas, mais n’est-il pas simplement comme nous ? Alors Jésus précise : « Si quelqu’un n’est pas né d’eau et d’esprit, il ne peut pas entrer dans le règne de Dieu. » (Jn 3, 5) Naître d’eau… Tout être humain naît à la vie de ce monde lorsque la poche des eaux maternelle se rompt. Être né d’eau, c’est être une créature de chair née de la chair. Naître d’esprit… « Le Seigneur Dieu façonna l’Adam, poussière venant du sol, et il souffla dans ses narines une haleine de vie ; et l’Adam fut un être vivant. » (Gn 2, 7) Ainsi, le souffle divin réside au plus intime de chaque être humain, de chacun d’entre nous. Naître d’esprit, naître d’en haut, c’est pour moi choisir de vivre le passage vers une vie qui laisse s’exprimer ce souffle qui est en nous. Nous sommes tous nés de la chair, mais chacun de nous a la liberté de choisir ou non de vivre ce passage, liberté d’aller vers la lumière ou de la haïr et d’aimer[1] les ténèbres, tels ceux accomplissant le mal (Jn 3, 19-20).

La lumière envoyée par Dieu… Le Seigneur a ainsi proposé son alliance à Abraham (Gn 12). Il a envoyé Moïse pour faire sortir son peuple d’Égypte (Ex 3), et il l’a accompagné (nuée le jour, lumière la nuit) jusqu’à la terre promise. Tout au long de l’histoire d’Israël, il a envoyé les prophètes pour inviter les enfants d’Israël à aller vers la lumière et la vie. Il a « donné le Fils, l’unique afin que chaque croyant en lui ne se perde pas mais ait vie sans fin » (v. 16). Afin qu’il naisse d’en haut et puisse « entrer dans le règne de Dieu ».

Ainsi, le règne de Dieu n’est pas ‘au ciel’, c’est-à-dire ailleurs et loin de nous, extérieur à nous. Au contraire, il est au plus intime de notre humanité. Comment concrètement chercher le passage que constitue la ‘naissance d’en haut’ ? En habitant les Écritures, Parole de Dieu, afin de trouver chacun le passage vers notre ‘naissance d’en haut’ et ainsi de vivre les métamorphoses de nos vies spirituelles et sociales auxquelles Jésus a invité ses disciples : « Je vous donne un commandement nouveau afin que vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. » (Jn 13, 34)


 

[1] Le verbe grec utilisé dans ces versets est celui utilisé dans la traduction de la Septante pour nommer la relation que le Seigneur invite les hommes à avoir avec lui (p. ex. Dt 6, 5) et entre eux (p. ex. Lv 19,18) ; il est utilisé dans l’évangile de Jean pour nommer la relation de Jésus avec ses disciples et avec son Père.

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