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Dimanche 19 juin 2022 – Fête du Saint Sacrement – Gn 14, 18-20 ; 1 Co 11, 23-26 ; Lc 9, 11b-17

Dieu ne se définit pas. Il révèle sa présence dans la banalité du partage de ce qui nous fait concrètement vivre : le pain et le vin.

L’altérité et la proximité.

Le succès d’Abraham contre ses ennemis ne se suffit pas à lui seul. Melkisédek le replace immédiatement dans une histoire, celle de la relation à Dieu : « le Dieu très haut qui a livré tes ennemis entre tes mains .»

De même Paul, dans un contexte difficile pour la communauté de Corinthe, lui rappelle que le repas commun n’est pas une fin en soi mais qu’il est aussi le mémorial d’une relation au Christ.

Mais ce décentrement ne signifie pas pour autant que Dieu est à rechercher à l’extérieur : « Donnez-leur vous-même à manger. » Nul besoin de se disperser, d’aller « dans les fermes et les villages » pour trouver ce qui nous fait vivre. C’est là, ici et maintenant, dans le partage du peu que l’on a que Dieu se révèle.

Le quotidien et le partage
L’accès à Dieu ne demande pas des rites et cérémonies, des sacrifices extraordinaires.
Abraham par sa victoire a assuré l’avenir de son peuple et il offre à Dieu le dixième de ce qu’il a pris, c’est-à-dire une partie de ce qui fait vivre, de ce qui nourrit le peuple, signifié par le pain et le vin que fit apporter Melkisédek.
Paul de même rappelle que l’alliance nouvelle ne se fonde pas sur des gages extraordinaires mais sur le seul fait de manger et de boire, de se nourrir en faisant mémoire du dernier repas de Jésus.

Jésus révèle la présence de Dieu par le seul fait du partage de ce que l’on a, aussi insuffisant que cela soit : cinq pains et deux poissons, il n’y a pas de quoi nourrir grand monde. Mais non seulement cela suffit mais il en reste à profusion !

Face à notre angoisse ontologique, ce n’est pas la réponse traditionnelle des religions qui constitue une réponse pertinente : offrir à une divinité extérieure des sacrifices pour se concilier ses bonnes grâces ne résout rien. Dieu n’est plus à chercher dans le ciel.

Nous avons tous connu des gens dont la présence se révèle à travers un signe caractéristique de leur personnalité : un geste, un comportement, une manière d’être. Au point que l’on assimile leur personnalité à ce signe qu’il devient impossible d’oublier et que l’on se rappelle à chaque fois qu’on les évoque. 

Voilà ce que nous révèle Jésus. Dieu se rend présent à chaque fois que l’on fait mémoire de son dernier repas et que l’on partage ce qui concrètement nous nourrit et nous fait vivre : le pain et le vin du repas quotidien.

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