Il n’y a pas de semaine sans qu’un terroriste assassine à l’arme blanche un ou des passants en communiquant son intention par un cri de « Allah akbar ». Ces djihadistes ont solidement établi la réputation d’intolérance de l’Islam. Le martyr qui se fait exploser en entrainant des infidèles dans la mort commet une œuvre pie qui lui vaut le paradis.
Cette exclusion radicale de l’autre est basée sur un triple concept : seule ma foi est juste et valable ; seule ma religion est agréée par Dieu ; seules ma foi et ma religion permettent d’obtenir le Salut dans l’au-delà. Les versets mis en jeu par cet islam pour soutenir sa position exclusiviste sont la source de toutes ses formes de violences fondamentalistes. « Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les polythéistes, partout où vous les trouverez ; capturez-les, assiégez-les, dressez-leur des embuscades. Mais s’ils se repentent, s’ils s’acquittent de la prière, s’ils font l’aumône, laissez-les libres. Dieu est celui qui pardonne, il est miséricordieux. » (Coran 9,5 ).
Et cependant, il est un verset 48 de la cinquième sourate du Coran : « À chacun de vous, Nous avons accordé une loi et une voie. Si Dieu l'avait voulu, Il aurait fait de vous une seule communauté, mais Il a voulu vous éprouver par le don qu'Il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les œuvres de bien. » On peut l’interpréter : toutes les religions se disant monothéistes sont équivalentes et aucune n’est meilleure qu’une autre, seule la vertu individuelle vaut auprès de Dieu.
L’Islam orthodoxe, tant sunnite que chiite, proclame selon un large consensus que la seule religion agréée par Dieu est l’Islam. Ce point est indiscutable, ou du moins indiscuté. Néanmoins des historiens devraient établir une comparaison objective entre la pratique chrétienne de la tolérance et celle de l’Islam. Ce dernier a admis en son sein des communautés chrétiennes et juives pendant des siècles avec un statut de soumis qui évitait leur persécution et leur expulsion. Le bilan de la chrétienté n’est de loin pas aussi glorieux, surtout au siècle passé. Les religions d’un livre, le judaïsme, le christianisme et l’islam, courent toujours le risque de citations inappropriées, exclues de leur contexte, de leur époque, de leur milieu faute d’interprétation. On devrait s’en abstenir car ces paroles d’hommes sont loin d’être infaillibles