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Immense royaume

Etienne Hammann . 23 juillet 2026

Dimanche 26 juillet 2026 – 16 e dimanche du temps ordinaire – Mt 13, 44-52

« Le royaume des cieux est semblable… » Matthieu nous propose trois paraboles pour évoquer le royaume de Dieu ; les deux premières, notamment, s’inscrivent dans la vie quotidienne.
 

Le royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans le champ qu’un homme, l’ayant trouvé, a caché de nouveau. À partir de sa joie, il va. Il vend toutes choses qu’il a et achète le même champ.
L’immensité du royaume des cieux a été trouvée par un homme… dans un champ. Le royaume de cieux se rencontre donc dans la terre ? Oui, si c’est la terre que je travaille et contre laquelle j’échange mon existence.
L’homme a trouvé dans le labeur quotidien beaucoup plus que le salaire du jour. Ayant trouvé ce trésor caché, l’homme à nouveau l’a caché. Pourquoi ? Le royaume est discret comme le levain de la parabole précédente que la femme a elle aussi caché dans la farine. Il est expérimenté dans les profondeurs de soi, nécessairement dans l’intimité. On le cache pour qu’il ne soit pas profané.
Alors, littéralement à partir de sa joie, il va. Il est mû par sa joie. La joie est une boussole spirituelle fondamentale. Elle atteste de l’authenticité de l’expérience. Elle mobilise l‘homme et le dynamise pour poursuivre. Son geste désormais est habité. Il agit en homme libre. Il n’est pas mû par des exhortations extérieures à lui-même, mais par la poursuite du surcroît que constitue ce trésor.
À l’inverse du chasseur de trésor qui généralement vend le trésor pour augmenter les choses qu’il a, notre homme vend toutes choses qu’il a pour acheter ce champ où il a trouvé ce qui lui procure sa joie. À quoi lui servent en effet toutes choses qu’il a s’il ne cultive pas sa propre terre ?


À nouveau, le royaume des cieux est comparable à un homme, un commerçant, cherchant de belles perles. Ayant trouvé une perle très précieuse, étant parti, il a soldé toutes choses, autant qu’il avait et l’a achetée.
Mais il est d’autres chemins du royaume, c’est pourquoi les paraboles se multiplient ! Celle-ci compare le royaume à un commerçant. Surprenant à première lecture, le royaume n’est pas un lieu de commerce ! Mais ce commerçant a ceci de particulier qu’il cherche le beau/bien (kalos). Ainsi le royaume est un lieu de quête du beau.
Et le cherchant, ce commerçant trouve le « très-précieux » (polutimos), adjectif qui qualifie également le parfum dont une femme oindra les pieds de Jésus (Jn13, 46). Ce très-précieux désigne le nectar de l’humain, sa capacité à entrer dans la transcendance. Il est la part précieuse, éternelle de l’existence. La quête du beau conduit vers l’immense.


Le royaume des cieux a été rencontré dans le labeur du champ ou dans le commerce. Nous ne savons pas comment ou grâce à quoi, c’est un mystère. Mais la boussole fondamentale a été la quête du beau et la joie.
 

Crédit photo
Pierre Tomy Le Boucher, https://www.pierretomyleboucher.fr
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