Dimanche 13 juillet juin 2025 – 15e dimanche du temps ordinaire – Dt 30, 10-14 ; Lc 10, 25-37
Cela commence par un cours de catéchisme : question-réponse et note donnée à l’élève. Mais, dans le cas que nous rapporte l’évangéliste Luc, on ne sait pas trop qui est l’élève et qui est le maître. D’un côté, un diplômé puisqu’il nous est précisé : « Un docteur de la Loi ». Et la personne à qui il s’adresse n’est pas un docteur, ni un professeur, ni même un prêtre. Cette fois-ci, il semble que l’élève soumet le Maître à la question… Le Maître, habile, va lui renvoyer sa question : « Que lis-tu ? » L’ordre des choses est rétabli.
C’est étrange, le Docteur de la Loi, en posant alors une question : « Mais qui est mon prochain ? » semble dire que la Loi n’est pas claire : les mots ne sont eux-mêmes pas précis. Et ici commence la lecture d’un conte. Oui, un conte ! Une histoire qui joue sur les émotions et la raison, comme tous les contes qui doivent toucher avec du suspens et, surtout, donner une leçon de vie.
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. » Le conte commence bien, l’auditeur étant familier du décor : Jérusalem et Jéricho. La route descend fort mais l’émotion est positive car il est plus agréable de descendre que de monter… « Il tomba sur des bandits. » Comme dans les contes, l’émotion devient rapidement négative ! Avec la survenance d’un prêtre, puis d’un lévite, les émotions vont passer successivement du positif (l’espoir d’un sauvetage) au négatif (l’odieux comportement de certains.) L’auditeur, docteur de la Loi, trouve sans doute que le conteur exagère en rendant odieux un prêtre et un lévite, et son appréciation va empirer en entendant qu’un Samaritain surgit. Dans sa tête, l’auditeur imagine alors lui-même la suite du scénario : aucun espoir avec un Samaritain ! Erreur : « Saisi de compassion… » On connaît la suite.
Le conteur ne laisse pas son auditeur en rester là avec ses émotions positives et négatives. En lui posant une question. Non en lui demandant ce qu’il aurait fait lui-même dans de telles circonstances, mais en lui demandant d’aller trouver lui-même qui est son prochain. Car c’était bien sa question ! Ainsi, il ne pas fait appel à ses émotions, mais à sa raison. Ainsi lui est donnée la clé de la route qui l’emmènera non pas à Jéricho mais vers la vie éternelle.
L’extrait du Livre du Deutéronome proposé à notre réflexion souligne la proximité (pour ne pas dire l’actualité) de la Parole du Maître : « Elle est proche de toi cette Parole, afin que tu la mettes en pratique. »
Avec nos émotions et notre raison, nous voici aujourd’hui-même sur la route qui conduit de Jérusalem à Jéricho. « En chemin, il tomba sur un check-point… » À nous de construire la suite en y cherchant notre prochain. « Va, et toi, fais de même ! »