Dimanche 8 février 2026 – 5e dimanche du temps ordinaire – Is 58, 7-10 ; Ps 111, 4-9 ; Mt 5, 13-16
Jésus parcourt la Galilée. Il enseigne et proclame la Bonne Nouvelle, il guérit malades et infirmes. Des foules nombreuses l’accompagnent (Mt 4, 23-25). Il se retire dans la montagne. Des disciples viennent alors auprès de lui. Il s’adresse à eux : premier enseignement de Jésus que l’évangile de Matthieu présente sous la forme d’un extraordinaire discours.
« Heureux… Heureux… Heureux… » Dans les Psaumes, cet adjectif grec qui scande le début de cet enseignement qualifie le juste qui « a son désir dans la Loi du Seigneur et murmure sa Loi jour et nuit » (Ps 1, 1-2), l’homme de justice, de tendresse et de pitié, qui partage et mène sa vie avec droiture (Ps 111, 4-5). Jésus invite ses disciples à la pauvreté par l’esprit – ascèse pour être à sa juste place face au Seigneur et aux hommes – et à l’engagement pour la justice. Les justes qui reconnaissent ainsi la « royauté des cieux » contribuent à rendre cette royauté présente ici et maintenant au sein de l’humanité. Promesse que leurs choix concrets dans leur vie sociale inciteront ceux qui en seront témoins à faire de même et à se mettre ‘en marche’ sur ce chemin de vie (cf. Mt 7, 12)
Puis il ajoute : « Vous êtes le sel de la terre… Vous êtes la lumière du monde… » Le sel de la terre… Saler la terre travaillée par le cultivateur la stérilise ! La terre que les disciples sont invités à « saler », que nous sommes invités à « saler », n’est évidemment pas la terre agricole, mais l’humanité au sein de laquelle nous vivons. Et nous sommes invités à ne pas « mettre sous le boisseau » la lumière de Vie que nous proposent la Loi et les enseignements de Jésus, mais au contraire à choisir d’en éclairer le monde.
Isaïe dit clairement que ce sont des actes concrets que nous sommes ainsi invités à poser : tu briseras les chaînes du crime, tu délieras le joug qui asservit, tu renverras libre l’opprimé, tu partageras ton pain avec l’affamé, tu accueilleras le pauvre qui est à ta porte, mais aussi tu respecteras l’autre et tu ne médiras pas. Puis le prophète annonce : « Alors ta lumière jaillira comme l’aube, ta cicatrice guérira vite, ta justice ira en face de toi, la gloire du Seigneur fermera la marche pour toi. Tu appelleras, le Seigneur te répondra ; tu crieras, il dira : ‘Me voici’. » Promesse de Vie pour celui qui écoute cette invitation et choisit d’agir pour rendre présent la « royauté des cieux » au sein de l’humanité (Mt 5, 3-10).
Et pour ceux qui choisissent de ne pas agir ainsi, de ne pas prendre la Loi et l’enseignement de Jésus comme boussoles pour leur vie ? Jésus est sans équivoque : leur comportement va contre l’ordre des choses – une ville située en haut d’une montagne ne peut être cachée, on n’allume pas une lampe pour le mettre sous le boisseau (v. 14-15) – et ils choisissent la mort – le sel qui ne sale pas est juste bon à être jeté dehors et foulé aux pieds (v. 13).
Ainsi, ces textes nous placent devant un choix radical. Ils nous invitent à un discernement constant et essentiel, tout comme Israël l’avait été par le Seigneur : « C’est la vie et la mort que j’ai mises en face de toi, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin que tu vives, toi et ta descendance. » (Dt 30, 19-20)
Nous sommes dans le septième jour de la création, jour béni et consacré par le Créateur, Élohim, qui, alors, « chôma de toute son œuvre qu’il avait créée pour faire » (Gn 2, 4). Il se retire, il nous laisse toute notre liberté ; c’est à chacun de nous de décider personnellement s’il choisit de mettre sous le boisseau ou sur un lampadaire la lumière de Vie que le Seigneur lui a confiée (Gn 1,29-30 & Gn 2, 7).