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Jésus de Nazareth avait-il besoin d’être baptisé par Jean ? Celui-ci s’y refuse mais Jésus insiste. Le baptême est un rite important pour tout homme. Or l’eau est un milieu malveillant pour les Juifs. On s’y plonge comme dans le péché pour en sortir délivré. Mais de quel péché ?

 

Une lecture attentive de cet évangile permet d’abandonner l’interprétation traditionnelle du baptême. Jadis, il fallait baptiser le nouveau-né au plus vite car, sans ce rite, en cas de mort il se retrouvait aux Limbes et non au Ciel. En effet il était chargé du péché originel, sanction héréditaire pour une faute qu’il n’avait pas commise. Pendant des siècles, le christianisme occidental, religion du salut, source de la culture, pilier du pouvoir politique, fut présenté en Occident comme un rite de rachat ; il n’avait pas pour mission d’élever mais de relever, de progresser mais d’expier, d’écrire mais d’effacer. Une vision essentiellement négative, sans doute héritée du paganisme ambiant.

 

En 2007, le Vatican a publié un rapport : « L'idée des Limbes, que l'Église a employée pendant des siècles pour désigner le sort des enfants qui meurent sans baptême, n'a pas de fondement clair dans la Révélation. » Cette petite révolution dans le Dogme n’a pas été assez remarquée. Elle oblige à repenser positivement le baptême. Il devient réellement le rite d’entrée dans la communauté des chrétiens. Qu’est-ce que cela signifie ?

Paul, dans son Épitre à Tite, trace un programme : « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété. » Rien de moins car c’est déjà exigeant, mais rien de plus que le « raisonnable ». Il ne s’agit plus de relever mais d’élever, d’expier mais de progresser, d’effacer mais d’écrire un nouveau récit.

 

Dans cette perspective, le baptême cesse d’être un rite magique et devient l’exigence de vivre pleinement son salut dès cette existence. Pour Jésus il a signifié la fin de sa vie cachée à Nazareth, le dépassement de son appartenance aux disciples de Jean, l’entrée dans une vie publique pleine de promesses et de périls. Nous célébrons ce dimanche le tout début du christianisme, la découverte par Jésus de sa vocation.

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