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Obéir au Père pour travailler sa vigne

Philippe Jarry . 26 septembre 2026

Dimanche 27 septembre 2026 – 26e dimanche du temps ordinaire – Mt 21, 28-32

« Un homme avait deux fils… » C’est ainsi que Jésus de Nazareth s’adresse ce jour-là aux grands prêtres et aux anciens du peuple. Ceux-ci se disent peut-être qu’ils l’ont déjà entendue, cette histoire où deux fils suivent des routes différentes, où l’un reste à la maison tandis que l’autre s’en va au loin… Une histoire rappelée par l’évangéliste Luc (Lc 15, 11-32).

Non, ce n’est pas la même histoire, même si, là encore, un père va constater que ses deux fils, la chair de sa chair, vont choisir deux routes différentes. Une chose les rassemble pourtant : l’un comme l’autre dit le contraire de ce qu’il va réellement faire. Deux réponses sont données à sa demande : « va, aujourd’hui travaille dans la vigne. » Un travail nécessaire, une vigne demandant que l’on y travaille régulièrement. C’est la routine dans une famille de vignerons. Les grands prêtres et les anciens du peuple doivent trouver cette scène parfaitement juste et… banale.

Le premier fils commence par refuser. On peut penser que cela rend son père furieux. Mais le garçon va finalement y aller. La parole de son père fait tranquillement, mais profondément, son chemin en lui : pourquoi ne pas répondre à la demande que son père lui a faite ? La vigne attend d’être travaillée, et il s’y rend donc. Le second fils, au contraire, commence par accepter. On peut penser que cela réjouit son père. « Et il n’alla pas », nous dit Matthieu sans autre commentaire, ni jugement sur l’attitude de ce second fils. 

Jésus ne parle pas du père. On peut penser qu’un père qui fait face à un tel refus s’interroge : demande- t-il l’impossible, est-il injuste ? Pourra-t-il sourire ou sera-t-il amer du fait du refus d’un de ses fils ? En fait, Jésus ne nous dit rien sur ce que vivent le père et le fils qui ne va pas travailler dans la vigne. Et la seule chose qu’il nous dit à propos du premier fils, c’est que, plus tard, il change d’avis, il se repent. C’est donc que l’essentiel pour lui est ce qu’exprime chacun des protagonistes, ce qu’ils font, et la démarche intérieure de celui qui décide in fine de faire la volonté du père. 

Mais où Jésus veut-t-il en venir ? Va-t-il, une fois encore, nous donner une leçon avec son historiette ? La leçon tombe, en effet, d’un coup, après que les interlocuteurs de Jésus ont dit que c’est le premier fils qui a fait la volonté du père : « En effet, Jean est venu dans le chemin de la justice et vous ne l’avez pas cru ; collecteurs d’impôts et prostituées, au contraire l’ont cru » !

L’apôtre Matthieu a retenu cette histoire et nous invite à l’entendre. Ou, mieux, à l’écouter. Choisir le chemin qui conduit à la vigne : c’est là qu’un beau travail nous attend, celui d’être des missionnaires, de vrais fils (et filles), d’être « le sel de la terre, la lumière du monde » (Mt 5, 13-14), et de faire croître autant que nous le pouvons la « petite espérance », si malmenée ! Et si nous avions décidé de prendre, pour un temps, un autre chemin à notre fantaisie, notre retour vers la vigne – une véritable conversion – causera encore plus de joie dans le Royaume ! Cela aussi, Jésus l’a dit. (Lc 15, 7)

Crédit photo
Deuxtroy, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
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