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Actualités

À l’école du Père

Sylvie TAMARELLE . 29 mars 2025

Dimanche 30 mars 2025 – 4e dimanche de Carême – 2 Co 5, 17-21 ; Lc 15, 1-3. 11-32

Ils tiennent beaucoup de place ces enfants terribles dans cette parabole du père et de ses deux fils ! Le fougueux, le plus jeune, que rien n’arrête : il ose demander avant l’heure son héritage comme un dû, enterrant symboliquement déjà le père. Et l’introverti, jaloux de la liberté que s’accorde le benjamin, se ligotant lui-même dans le service du père dont il espère récompense. 
Mais je vous propose ce jour de mettre le zoom sur le père de la parabole, pour se mettre à son école !

L’image du père s’inscrit au début dans la discrétion. Il acquiesce à la demande du fils cadet de recevoir son héritage par anticipation. Pas de réticence, pas de conseil, mais il consent à ouvrir la voie à l’expérience et à ses risques. On comprend plus tard, lors du reproche du fils aîné de ne pas recevoir d’agneau pour festoyer, que ce père qui n’est pas enclin à devancer les désirs de ses fils ne retient pas ses biens. D’ailleurs le fils ainé qui vit avec son père a-t-il fait une demande ?

Au retour du jeune fils, on découvre un père qui n’a cessé de l’attendre, ni d’espérer activement son retour : « Comme il était encore loin, son père l’aperçut, il courut. » Il lui manifeste une affection débordante, pleine de tendresse. « Saisi de compassion, il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. »
Pas un mot de reproche, pas de mise à l’épreuve. Il n’éprouve même pas le besoin d’entendre la contrition du fils. Son père l’accueille sans condition et organise une fête pour célébrer ce retour : n’en fait-il pas trop d’ailleurs avec l’anneau, l’habit et un somptueux banquet ? Il ne regarde pas en arrière mais se réjouit du présent : « Mon fils qui était mort est revenu à la vie ! » 
Quel témoignage pour tous les parents ou pédagogues d’aujourd’hui ! Le pardon, au centre de tout système éducatif ou relationnel. Ce père, discret, il est vrai avant la crise, n’a pas été très démonstratif : n’aurait-il pu dire plus tôt qu’il aimait le fils ainé ? « Tout ce qui est à moi est à toi. »

Mettons-nous à l’école de ce père, que nous soyons parent, enseignant, responsable éducatif dans différents domaines, sportif, musical... Il ne juge pas, ne laisse pas s’accumuler les rancœurs, espère contre toute espérance, valorise les réussites (comme le retour du fils) et se réjouit. 
N’est-ce pas en résonnance avec l’hymne à l’amour de saint Paul ! (1 Co 13, 4,6b-7) « L’amour prend patience […] ; il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. » 

Dieu espère en l’homme qu’il sait pourtant limité, pécheur ! Il a signé, par amour, un chèque en blanc !
Oui, Dieu voit en nous, comme l’écrit saint Paul, « une créature nouvelle : le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. » (2 Co 5, 17= 
« Ton frère était mort, il est revenu à la vie » : c’est cette école là qui ouvre la voie à la résurrection.

Avis à tous : les inscriptions sont ouvertes !

Crédit photo
Image par 乌龟小土豆丶 de Pixabay
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