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Actualités

Le pain partagé, la communauté responsable

Michel MENVIELLE . 30 juillet 2026

Dimanche 2 août 2026 – 17 e dimanche du temps ordinaire – Mt 14, 13-21


Jean a été décapité dans sa prison, ses disciples ont prévenu Jésus. « Quand il l’apprit, Jésus remonta de là en barque vers un lieu désert à l’écart. Quand elles l’apprirent, les foules le suivirent à pied depuis les villes. » Deux démarches simultanées : Jésus, éprouvé, cherche un lieu à l’écart alors que les foules, témoins des signes qu’il fait, sortent pour aller vers lui. Or, Jésus ne renvoie pas la foule nombreuse qui l’a retrouvé. Au contraire, il fut « pris aux entrailles à leur sujet et soigna leurs ‘sans force’ ». Avec une profonde humanité, il éprouve le besoin de se retirer avec ses amis pour affronter l’épreuve du deuil, mais, en dépit de sa propre souffrance, il reste sensible à la détresse humaine à laquelle il est confronté.

L’heure est avancée, les gens sont affamés ; le bref dialogue qui s’engage entre les disciples et Jésus reflète une différence radicale d’attitude face à ceux qui sont là et qui ont faim : faut-il leur dire de se débrouiller en allant acheter de quoi se nourrir, ou faut-il chercher un moyen pour qu’ils se nourrissent sur place ? Les disciples, riches de cinq pains et deux poissons, ne savent comment répondre à la demande de Jésus.
Jésus fait allonger les foules. Puis « il prit les pains et les poissons, leva les yeux vers le ciel, il dit la bénédiction, il rompit et donna les pains aux disciples et les disciples aux foules. Et tous mangèrent et furent rassasiés ». Que s’est-il passé ?


Il est certain que Jésus n’a jamais renoncé à son humanité pour outrepasser les lois de la création ! Le texte veut nous conduire ailleurs : en organisant la foule et en faisant circuler pains et poissons distribués par les disciples, Jésus n’a-t-il pas mis en scène une invitation pour chacun à partager selon ses possibilités la bénédiction de Dieu qui se dit dans un repas convivial ? Et l’invitation est comprise : tous ont mangé à satiété, et il y a eu des restes ! Ainsi, c’est de la foule elle-même, entrée dans le mouvement de la bénédiction et du partage, qu’est alors provenu ce qui l’a nourrie à satiété.
La foule qui a trouvé en son sein la force d’un partage en réponse à l’invitation de Jésus et à la bénédiction divine.
Jésus fera les mêmes gestes lors du dernier repas avec ses disciples (Mt 26, 26), ce sont les mêmes verbes grecs qui sont utilisés dans les deux cas. Signe que le rituel institué lors de ce dernier repas vient rappeler ce qui s’est passé lors du repas partagé par la foule : Jésus n’a rien imposé ‘d’en haut’, mais il a invité chacun et tous ensemble à faire jaillir et triompher la vie.
Cet épisode est présent six fois dans les quatre évangiles (deux fois chez Marc et chez Matthieu), tant a paru important l’enseignement de Jésus pour qu’une assemblée devienne un lieu où chacun peut partager, avec la bénédiction divine qu’il porte en lui, les richesses qui sont en lui. Enseignement d’actualité s’il en est pour chacun de nous, quelle que soit sa place dans l’Église ou dans la société !

Crédit photo
Fernando-Pixabay
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