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Le loup habite avec l’agneau

Vianney DANET . 06 décembre 2025

Dimanche 7 décembre 2025 – 2e dimanche de l’Avent – Isaie 11, 1-10 ; Romains 15, 4-9 ; Mt 3, 1-12

« Le loup habite avec l’agneau », voilà la belle espérance qu’Isaïe nous propose. Promesse de paix et de justice, qui viendra par le « rejeton qui sort de la souche de Jessé », le Messie, que, d’une façon ou d’une autre, nous attendons... 

Cette vision d’un monde où « la vache et l’ourse lient amitié » apparaît inhabituel dans la Bible qui souvent montre et dénonce toutes les défaillances de l’humanité, la jalousie, la violence, les abus, les guerres, face à l’alliance que Dieu lui propose constamment. En ce temps de l’avent, Isaïe nous offre donc un rayon de soleil merveilleux avec une promesse, et une espérance d’un Royaume heureux où toutes les créatures ne seraient que bienveillance les unes pour les autres. On pourrait imaginer aujourd’hui l’écolo radical et l’éleveur de brebis partageant chaque jour le même repas. Imaginer que Poutine habite avec Zelinski. Mais cela ne va pas sans contrepartie. Ainsi Isaïe conclut que cela suppose « un pays rempli de la connaissance du Seigneur » 

Après cette annonce du souffle attendu d’un esprit de sagesse et de justice sur notre terre, nous avons entendu les propos radicaux de Jean-Baptiste. Dernier des prophètes, à l’image de ceux de l’Ancien Testament, il appelle à la conversion et invective avec véhémence et même avec violence les élites hypocrites : « engeances de vipères... ». Cette mise en scène de Matthieu dans le cadre du désert, avec le dépouillement de Jean-Baptiste, son appel sans concession à la conversion, a pour but de faire apparaître le personnage principal de son récit : « celui qui vient derrière moi est plus puissant que moi » ; « il amassera son grain dans le grenier, quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. » Jésus n’est pas nommé dans ce texte et n’apparaît que dans les versets qui suivent cet évangile. 

Par contre il est déjà question du Royaume des cieux qui est tout proche et il nous faut aplanir le sentier comme on déroule le tapis pour la venue d’un roi. Alors se convertir, oui mais comment ? Être le grain et non la paille ? Mais la plante est faite de grain et de paille, de fruits et de branches. L’appel à la conversion serait donc de brûler la paille qui est en nous, pour faire vivre le grain qui va remplir le grenier, c’est à dire le Royaume de Dieu que nous espérons. Isaïe nous a dit ce qu’est le Royaume. Jean-Baptiste nous montre ceux qu’il ne faut pas suivre si nous voulons l’accueillir. Et c’est dans la lettre de Paul aux Romains que nous trouvons comment participer à ce Royaume : « Accueillez-vous donc les uns les autres comme le Christ vous a accueillis. » Cela rappelle, bien sûr, le « commandement » de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Là est la conversion. 

La conversion n’est pas dans la confession de ses fautes, mais dans un changement de cœur et d’attitude parfois radical comme le souligne Jean-Baptiste. Et Paul le répète : « Que Dieu vous donne […] d’être d’accord les uns avec les autres selon le Christ Jésus. » 

Aujourd’hui, qui nous appelle à cette conversion, et à peu près dans les mêmes termes ? Le pape François et à sa suite le pape Léon XIV, quand ils demandent à tous les baptisés de faire synode. C’est à dire de « marcher ensemble ». La conversion n’est pas un exercice mortifère, mais n’en est peut-être pas plus facile. Être en accord les uns avec les autres, s’accueillir les uns les autres sans préjugés, sans jugement hâtif, avec écoute et bienveillance, sans exclusion, avec attention aux plus faibles, sans concessions aux plus forts comme le fait Jean-Baptiste. C’est à ce prix que le Royaume peut advenir, et alors le loup habitera avec l’agneau. 

Crédit photo
Codex, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
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