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Actualités

L’Assomption, notre espérance

Olivier Pignal . 12 août 2026

Samedi 15 août 2025 – Assomption de Marie – Ap 11, 19a et 12, 1-6a.10ab ; Lc 1, 39-56


Le premier texte de la liturgie du jour est un passage de l’Apocalypse de Jean. Une femme accouche d’un enfant menacé par un dragon. Cet enfant sera le « berger de toutes les nations » et il est enlevé jusqu’auprès de Dieu. Quant à la femme, elle s’enfuit au désert.
Certains voient dans cette femme l’image de Marie, mère du sauveur. Mais ce n’est pas l’intention première de l’auteur, car il n’est jamais question de Marie dans l’Apocalypse.
Il paraît plus juste de lire dans ce texte un écho au livre de la Genèse (3, 15). Comme Ève, la mère de tous les vivants, la femme qui met le Sauveur au monde représente toute l’humanité. Elle est attaquée par le grand dragon, « l’antique serpent, celui qu’on nomme Diable et Satan », figure majeure du mal. C’est le Christ, l’enfant de la femme, qui va défendre les êtres humains des attaques du mal et les inviter à rejoindre Dieu dans sa divinité dans la Jérusalem céleste. Son combat contre le mal conduira à l’assomption de l’humanité.
L’évangile de ce jour est le Magnificat. Marie, enceinte, rend visite à sa cousine Élisabeth, et celle-ci bénit Marie et le fruit de son ventre. Marie répond en louant l’action de Dieu pour elle et pour l’humanité : le combat contre tous les oppresseurs et les forces du mal, le relèvement des pauvres et des affamés, l’accomplissement de la promesse de Dieu à Israël par la venue parmi nous de son Fils.


Retenons en quelques versets

« Exalte, mon âme, le Seigneur ! Exulte, mon esprit, en Dieu, mon sauveur, Il a jeté les yeux sur l'humiliation(1) de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations m'appelleront bienheureuse. »
Ce qui concerne Marie atteint aussi toute l’humanité : chacun des milliards d’hommes et de femmes qui ont été humiliés, dont la dignité a été bafouée voire niée, et que Dieu vient relever. Jésus, l’enfant attendu, nous invite à vivre selon les béatitudes, à sortir du cycle de l’humiliation et de la violence en nous aimant les uns les autres comme il nous a aimés.
Jésus, dont la résurrection après sa crucifixion, humiliation suprême, est un message d’espérance et de vie pour tous ceux qui subissent l’humiliation.


« Sa miséricorde est de générations en générations sur ceux qui le craignent. »
La miséricorde de Dieu concerne tous les humains, elle est sur tous ceux qui choisissent la vie (Dt 30, 15). Cette miséricorde n’a pas de limite dans le temps : nous sommes aujourd’hui encore sous la miséricorde de Dieu.


« Il a dispersé les orgueilleux. Il a renversé les puissants de leurs trônes, et il a élevé les humbles. »
Cette action n’est certainement pas celle d’un Dieu tout-puissant, qui agit aux lieux et places des êtres humains. Ce n’est pas non plus celle d’un Dieu qui demande aux humains de réaliser ce qui est au-dessus de leurs forces, hors de leur portée (Dt 30, 11-14). Il nous invite au contraire à nous s’appuyer sur le souffle divin qui est en nous et à mettre en pratique l’enseignement des Écritures et celui de Jésus.


Nous voici au cœur du message de Jésus Christ, un message brûlant d’actualité au XXI e  siècle ! Il conduit ceux qui l’écoutent sur les chemins de l’assomption.

1 Le mot grec tapeinôsis a pour sens « humiliation », et pas « humble » ou « humilité » comme il est trop souvent traduit, notamment dans les traductions officielles de l’Église catholique.

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