Dimanche 17 août 2024 – 20e dimanche du temps ordinaire – Lc, 12, 49-53
Il nous parlait d’union : « Soyez Un, comme mon Père et moi nous sommes un. C’est à cela qu’on vous reconnaîtra comme mes disciples ! » C’était la grande consigne de Jésus de Nazareth, son grand message avant de partir, celui qu’il voulait que ses disciples retiennent. Et voici que Luc nous rapporte des paroles qui nous choquent : « Je ne suis pas venu mettre la paix sur terre, mais bien plutôt la division. »
La division entre les hommes, nous la voyons tous les jours. Pour de grandes causes comme pour des vétilles. Et on se divise aussi sur un message toujours porteur d’attention, de bienveillance, d’humanité et d’amour. Mais qui, le plus souvent, réclame un effort sur soi-même : changer, se convertir, abandonner des attitudes, des pensées, des croyances… Faire effort aussi pour écouter quelque chose de nouveau, alors que rester dans sa ‘zone de confort’ est si facile. Continuer comme avant au lieu de se mettre à construire un meilleur ‘après’.
Les hommes qui ne se divisent pas sont ceux qui n’ont aucune liberté : un seul chemin à suivre, une seule idée à admettre, on en vient à acclamer un gourou d’une seule voix. Comme un seul homme, dit-on ! Mais il suffit qu’on ait reçu la liberté de penser, de dire, de croire pour que les différences apparaissent. De la différence à la division il n’y a qu’un pas à franchir dès lors qu’on ne veut pas s’écouter et que l’on se croit possesseur de La vérité.
La liberté qu’annonce et que donne Jésus de Nazareth peut s’installer au plus profond de chaque être. Vient le choix : suivre le chemin montré par Lui ou le refuser. C’est ainsi qu’Il questionne inlassablement celui qu’Il rencontre : « Toi, qui dis-tu que Je suis ? » ou « Et toi, que lis-tu ? » ou encore : « M’aimes-tu ? » L’organisation familiale, sociale ou politique ne peut rien contre cette liberté individuelle de choisir.
C’est bien lors de tête-à-tête qu’Il pose les questions les plus claires (à la Samaritaine, Nicodème, Simon-Pierre, Thomas, Marthe…). Il semble même que cet homme Jésus se méfie des foules, des mouvements collectifs, lors desquels se forment des consensus mous qui ne sont qu’une union en apparence conduisant à des terribles méprises. Cet homme Jésus va jusqu’à mettre en doute la solidité d’un temple symbole de l’unité d’un peuple lié à son Dieu ! Pour Lui, c’est bien chaque pierre qui doit choisir d’être là où elle est, de tenir un rôle qu’elle s’assigne à elle-même pour contribuer à un ensemble magnifique et qui tient debout.
N'ayant pas compris ce qu’est le temple, oubliant de se caler sur la pierre d’angle, et bien que voisines et faites du même matériau, elles vont lutter les unes contre les autres, jusqu’à l’effondrement du temple de la Division : Babel !
Mais alors, comment pourrions-nous être unis, nous qui sommes si différents ? Être comme les pièces d’un puzzle qui sont toutes différentes et qui parviennent à s’ajuster précisément à chacune de leurs voisines ? Pour cela, il faut beaucoup d’attention, beaucoup d’écoute, de disponibilité, de bienveillance, de patience. Pouvoir être consolateurs, assoiffés de justice, et prêts à pardonner. En un mot : beaucoup aimer. C’est à ceci que l’on reconnaît les vrais disciples de Jésus de Nazareth.
À Babel, la Divisée, ce qui manquait : l’amour !