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Jésus donne l’exemple aux siens afin qu’eux aussi fassent comme il a fait

Michel MENVIELLE . 17 avril 2025
Jeudi 17 avril 2025 – Jeudi Saint – Jn 13, 1-15

C’est avant la fête de la Pâques. Jésus a compris que Judas va le livrer (v.2&11), et que l’heure est venue pour lui de passer de ce monde vers le Père (v.1). 

Durant un dîner, Jésus se lève et dépose ses vêtements ; il prend un linge qu’il noue autour de ses reins et verse de l’eau dans la bassine. Il commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge (v.4-5). Il arrive devant Simon Pierre, qui refuse que Jésus lui lave les pieds (v.6). 

Le lavement des pieds était une pratique d’hospitalité, geste pour rafraichir le visiteur à son arrivée et signe de respect (cf. par exemple, Gn 18, 4, Gn 43, 24 ou Lc 7, 44-46) ; il peut aussi avoir le sens d’une purification (Ex 40, 31). Mais, lorsqu’il y avait des serviteurs ou des esclaves, laver les pieds leur était généralement dévolu : la réaction de Simon Pierre est donc très compréhensible !

Jésus invite d’abord Pierre à accepter sans comprendre : tu comprendras plus tard, à la suite de ce qui va se passer (v.7). Pierre refuse de nouveau et Jésus lui dévoile alors l’enjeu : « Si je ne te lave pas, tu n’as pas de part avec moi. » (v.8)

Après avoir terminé, Jésus reprend ses vêtements, revient à table, et explique à ses disciples que lui, qu’ils appellent à juste titre maître et seigneur, leur a lavé les pieds afin qu’à leur tour ils le fassent les uns pour les autres (v.13-14). 

Dans l’évangile de Jean, ce repas est le dernier de Jésus avec les siens avant son arrestation au Jardin des Oliviers (Jn 18, 1-15). Dans les évangiles de Matthieu, Marc et Luc, c’est durant ce dîner que Jésus invite ses disciples à faire mémoire de lui par le pain rompu, donné et reçu, et par le vin versé, donné et reçu : signe pour moi de l’importance, pour Jésus, que ses disciples – comme ceux à venir – établissent entre eux des relations dont le lavement mutuel des pieds est la métaphore. Vivre ensemble sans humiliation, ni domination. 

Jésus donne ensuite un nouveau commandement, « afin que vous vous aimiez[1] les uns les autres comme je vous ai aimés1, afin que aussi vous vous aimiez1 les uns les autres » (v. 34). Un nouveau commandement... Le mot grec est celui utilisé lorsqu’il est question des commandements d’Adonaï (cf. Gn 26, 5 ; Ex 15, 26 ; 16, 28 ; Dt 4, 2 ; 6, 1, par exemple). L’expérience vécue par chacun lors d’un lavement mutuel des pieds apparaît ainsi comme un chemin vers l’objectif que Jésus indique aux siens : pratiquer entre eux un amour/agapé à l’image du sien, pour « avoir part avec lui » ici et maintenant, comme le souligne le présent utilisé par Jésus dans sa réponse à Pierre (v.8). 


 

[1] Le grec dispose de quatre mots pour désigner des nuances de l’amour : agapé, toujours utilisé dans ces versets, désigne l’amour que Jésus porte à son Père et à ses disciples ; l’amour/agapé auquel nous invite Jésus s’inscrit dans une pratique de la loi, interprétée en travaillant les écritures. 

Crédit photo
https://www.flickr.com/photos/yann-seitek/
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