Dimanche 14 décembre 2025 – 3e dimanche de l’Avent – Mt 11, 2-11
Dans ce colis empaqueté sur un quai de gare, il y a une sculpture en bois : Jésus nouveau-né dans une crèche. Il échappe là à notre regard, signe qu’il est toujours au-delà de nos représentations. Mais ce Jésus qui va voyager de Taiwan à Paris se prête à notre quête, à nos questionnements : « Es-tu Celui qui doit venir ? Es-tu bien l’Envoyé de Dieu, celui sur lequel on peut tout miser ? » L’homme qui sourit sur le banc est un prêtre. Ce Jésus, il l’annonce depuis plusieurs décennies par tout son être et ses actes à l’autre bout du monde. Sur sa réponse personnelle à la question « Es-tu Celui qui doit venir ?», il a engagé sa vie, et le bonheur se lit sur son visage.
Mais revenons à Jean le Baptiste, héros de l’évangile de ce jour, après avoir été le héraut annonçant la venue du Messie dimanche dernier. Du fond de sa prison, au seuil de la mort, il questionne. « Es-tu Celui qui doit venir ? » Question qui peut paraitre étrange compte tenu du fait que l’évangéliste Matthieu nous a déjà révélé l’identité de Jésus lors de son baptême par Jean : « Les cieux s’ouvrirent… une voix venant des cieux disait : celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui je me complais. » (Mt 3, 17) Mais qui a pu entendre la voix divine ? La question posée par Jean montre qu’il ne l’a pas entendue…
Jean est au creux de l’épreuve et Il a besoin de savoir, de conforter son espérance. Il ne désespère pas : il questionne, il interpelle sans détour : il est plutôt du genre « battant » ! La réponse de Jésus peut nous paraître déroutante, car elle est décalée. Il ne répond pas par oui ou par non, il évoque des faits très concrets : des guérisons, des relèvements. Cette réponse doit être claire pour le Baptiste et pour les Juifs de son temps, un peuple où beaucoup attendent un Sauveur : en effet, ici résonnent les paroles des prophètes et des psaumes qui annoncent comment Dieu manifestera sa souveraineté grâce à un roi qu’il se choisira, un sauveur : « Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. Alors, le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. » (Is 25, 10) L’action de Dieu est exprimée en termes dynamiques, porteurs d’élan et d’espérance, mais elle reste encore à venir. Jésus, lui, l’accomplit. Les verbes sont au présent : « Avec lui, le règne de Dieu est désormais là ! » Il se manifeste par des guérisons des signes, et surtout une présence intense, qui interroge !
Alors que Jean sent approcher sa mort, il envoie ses disciples interroger Jésus : est-il le Christ, celui annoncé par les prophètes et par lui-même ? Jésus dit alors que la réponse est dans les œuvres dont ils sont témoins. Invitation à nous mettre sans attendre en quête des signes de la présence de Seigneur, et à en témoigner. Mais où sont ces signes aujourd’hui ? Savons-nous discerner la présence qui nous appelle à retourner nos cœurs vers plus de justice, d’amour, d’espérance ? À l’heure du doute, nous avons le choix : sans bruit, déserter sa compagnie ou bien oser interroger notre foi, chercher des témoignages de sa présence ? Ces signes ne figurent probablement pas en gros titre dans les journaux. La naissance de Jésus dans une crèche fut de l’ordre du fait divers. Mais pas loin parfois : dans l’entraide d’un voisin, dans l’accompagnement d’un étranger, un coup de fil passé à une personne isolée, au détour d’un film, lors d’un temps d’écoute d’une personne en souffrance, dans la joie partagée d’un spectacle paroissial pour faire connaitre la parole de Dieu…
Ne tardons pas, mettons-nous en quête de la présence du Seigneur, mettons-nous à l’œuvre pour la manifester !
Réalisée par un sculpteur taïwanais aborigène de la tribu des amis, à la demande des MEP par l’intermédiaire du Père Yves Moal sur la photo jointe, missionnaires à Yuli. Dans l’est de l’ile de Taiwan.