Dimanche 11 mai 2025 – 4e dimanche de Pâques – Jn 10, 27-30
C’est la fête de la Dédicace. Jésus marche dans le Temple, sous le portique de Salomon. Un groupe fait cercle autour de lui et lui demande, avec acrimonie, de dire ouvertement s’il est le christ, oint par Adonaï.
La réponse de Jésus est factuelle : je vous ai donné, en paroles et en actes, réponse à votre question mais vous ne la comprenez pas ; vous ne croyez pas ce qui est ainsi manifesté, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Brebis qui accompagnent Jésus « parce qu’elles connaissent sa voix. » (Jn 10, 4) Le vocabulaire grec indique qu’il s’agit ici d’un savoir issu de l’expérience : les disciples de Jésus, ses brebis, le reconnaissent pour avoir appris de ce qu’ils ont vécu à discerner ses paroles et ses œuvres de celles des étrangers hostiles (Jn 10, 5). D’ailleurs, comment pourrait-il en être autrement, sauf à admettre que nous sommes des marionnettes manipulées par une entité supérieure et toute puissante !
Puis Jésus conclut par une promesse : « Et moi je leur donne une vie qui n’a pas de fin ; elles ne périront jamais et non, personne ne les enlèvera-de-force de ma main. »
L’évangéliste dit ensuite que, lorsque Jésus eut fini de parler, « ils », probablement ceux qui ont fait cercle autour de lui, cherchèrent à l’arrêter (Jn 10, 39), alors que d’autres, nombreux, vinrent à lui et crurent en lui (Jn 10, 41-42)
Et moi, lecteur ici et maintenant ?
Ce récit est pour moi leçon de sagesse : fonder sa vie spirituelle sur un accueil confiant mais lucide des messages que portent paroles et actes dont nous sommes témoins – comme ceux qui allèrent vers Jésus ensuite – est fécond ; vouloir la fonder sur des certitudes – comme ceux qui firent cercle autour de Jésus – est mortifère.
Jésus invite chacun à choisir d’être parmi ses brebis et à l’accompagner sur le chemin vers la vie en pérennité, l’objectif eschatologique qu’il nous propose. Il nous invite ainsi à un discernement constant et essentiel, tout comme Israël l’avait été par Adonaï : « La vie et la mort, je les donne en face de vous, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin que tu vives, toi et ta semence. » (Dt 30, 19-20) Le récit de l’évangéliste souligne que c’est en toute liberté que chacun fait ce choix. Nous sommes dans le septième jour de la création, jour béni et consacré par Élohim qui, en lui « chôme de tout son ouvrage qu’Élohim crée pour faire[1] » (Gn 2, 4).
L’évangéliste nous dit que c’est notre expérience personnelle qui nous apprend à discerner, parmi les paroles et actes dont nous sommes témoins, entre ce qui est porteur de Vie et ce qui est mortifère. De quelle expérience est-il question ici ? Il est clair pour moi que c’est celle qui s’enracine dans le travail des Écritures, auquel nous invitent la Torah (cf. par exemple, Dt 8, 3) et les Évangiles. Jésus nous dit en aval que son enseignement est chemin pour établir des relations comme celles qu’il avait avec ses disciples (Jn 13, 34), relations dont le lavement mutuel des pieds (Jn 13, 1-16) est métaphore : vivre ensemble sans humiliation, ni domination.
[1] Traduction Chouraqui