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Corrections fraternelles

Philippe GIRON . 05 septembre 2026

Dimanche 6 septembre 2026 – 23e dimanche du temps ordinaire – Ez 33, 7-9 ; Ps 94 ; Rm 13, 8-10 ; Mt 18, 15-20

Vous je ne sais pas mais moi qui fréquente les réseaux sociaux, je suis assailli souvent de fulminations du genre « Vous n’êtes pas catholique ! », ou bien « Vous êtes un protestant ! », ou mieux « Vous voulez détruire l’Église ! ». Je ne vais pas entrer ici dans les raisons de ces débordements mais cela me fait penser un peu aux textes de ce 23e dimanche du Temps Ordinaire.

Sauf qu’a priori les arrière-pensées ne sont pas les mêmes. Ézéchiel dans la première lecture parle bien de la nécessité de veiller les uns sur les autres, et qu’à ce titre, on peut être amené à faire des remarques à un frère. L’évangile va dans le même sens même si certaines phrases sont parfois détournées par nos censeurs. Mais essayons de regarder plutôt ce que ces textes peuvent nous dire en réalité, sachant qu’on ne finit jamais de les lire et de les relire.

Jésus utilise dans un autre passage l’image du troupeau et de du bon pasteur. Si le berger est responsable du troupeau, les brebis sont elles aussi responsables les unes des autres. Et si Jésus dit : « S’il refuse d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain », il a suffisamment de bon sens pour privilégier le dialogue avant de conclure que parfois il ne sert à rien, même si on est loin ici des anathèmes et des exclusions brutales. Si saint Paul rappelle les commandements de Moïse, c’est au final l’amour qui doit prendre le dessus, comme quoi il ne suffit pas de ne pas faire le mal, il faut aussi introduire l’amour dans nos actes et nos relations.

Jésus suggère même que tout dans la communauté n’est pas régi par un prêtre, et cela devrait avoir un retentissement chez nous : si on est au moins deux personnes réunies au nom de Jésus, il est au milieu de nous et si nous voulons demander quelque chose à notre Père, nous l’obtiendrons. Certes, il n’y a rien de magique, les Paroles de Jésus sont au-delà des contingences matérielles. Par contre, si les demandeurs s’assemblent et se mettent en marche pour avancer leur demande, on change de registre. Dans nos paroisses, on entend trop souvent : « Il faut demander à monsieur le curé. » Oui bien sûr, mais dans une paroisse de 15 clochers sans prêtre ni diacre à proximité, faut-il une permission pour rassembler la communauté le jour du Seigneur pour partager la parole de Dieu avec la communauté locale ? « Tout ce que vous aurez lié sur la Terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la Terre sera délié dans le ciel. » On est loin là d’une restriction a priori, nous sommes mêmes encouragés à prendre des initiatives !

Au final, plutôt que de récriminer les uns contre les autres, ayons confiance en Dieu comme le peuple dans le désert à Massa et Mériba : Dieu a ignoré la révolte et a fait ruisseler l’eau du rocher. Le psaume d’aujourd’hui nous le rappelle : « Oui il est notre Dieu, nous sommes le peuple qu’il conduit. »

Crédit photo
RATOLONJANAHARY Soloniaina Jean Elodi
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