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À boire !

Sylvie TAMARELLE . 18 janvier 2025
Dimanche 19 janvier 2025 – 2e dimanche du temps ordinaire – Jean 2, 1-11

S’il est un récit dont on perçoit rapidement la valeur symbolique, c’est bien celui des noces de Cana. 

Comment comprendre sinon l’intérêt de l’évangéliste Jean à nous montrer Jésus, pourvoyeur de vin pour une noce, même si cela renforce la notoriété des hôtes qui invitent ? L’enjeu semble important : c’est le premier signe public posé par Jésus. 

Et Jean multiplie les indices qui élargissent le sens des évènements décrits. 

  • À l’évocation du troisième jour, c’est la résurrection de Jésus- Christ qui se profile déjà.
  • Tandis que la noce renvoie à l’attente messianique des juifs qu’Isaïe formule ainsi : « Le Seigneur de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. » (Is 25,6)

Le cadre du récit, une noce, s’inscrit donc dans une perspective d’alliance, celle de Dieu et de tous les peuples. Oui, « tous les peuples », car le Signe est donné en Galilée, terre méprisée par les juifs du 1er siècle 

De la noce elle-même, seul le marié est entrevu, interpellé par le maitre de cérémonie. Le nombre et le volume des jarres de purification laissent à penser que les invités sont nombreux, mais le zoom est mis aussitôt sur le manque de vin et les protagonistes de l’intrigue.

En amont, Marie, attentive, interpelle son fils. Et Jésus semble résister à la demande implicite : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas arrivée. » Pourtant il va poser un signe.

Sobriété de la démarche de Jésus : remplissez les jarres d’eau… puisez… portez au maitre de cérémonie. Il part de l’eau, élément vital du quotidien pour en faire autre chose, signe de réjouissance et surtout d’abondance : les cuves sont remplies d’eau à ras bord.

Jésus ne fait pas de geste extraordinaire. À chacun de percevoir le signe à sa mesure : les serviteurs sont acteurs à leur insu et témoins muets, le maitre de cérémonie constate la qualité du vin en s’étonnant sans s’interroger plus avant, le marié est juste informé que le bon vin « a été gardé jusqu’à maintenant », tandis que les disciples qui accompagnent leur maitre sont les destinataires privilégiés du signe qui est donné : et alors ils croient. La bonne nouvelle ne germe pas de la même façon selon le terreau où elle est reçue !

À partir de l’eau des jarres destinées à la purification, Jésus fait un signe nouveau. Il ne s’agit plus de multiplier les rituels de purification, c’est Jésus qui a l’initiative d’offrir son vin, révélant à travers ce signe sa gloire, celle qui lui vient de Dieu.

« Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » dira st Paul en 1 Co 4,7. Dieu manifeste sa gloire, surabondance de vie offerte à l’homme qu’il a créé.

Et nous dans cette histoire?

À chacun de creuser ses manques, ses pauvretés, car c’est de là que Jésus peut nous transformer.

À chacun de discerner qui ou ce qui l’interpelle pour aller de l’avant, Jésus lui-même a connu ce chemin.

À chacun de porter autour de soi cette espérance nouvelle : Jésus Christ peut changer nos vies.

 

Seigneur, fais-nous crier : « À boire ! » de ce vin qui ne s’épuise pas, celui de ta grâce sans fin !

Crédit photo
Image par qimono de Pixabay
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