Dimanche 21 décembre 2025 – 4e dimanche de l’Avent – Is 7, 10-16 ; Mt 1, 18-24
Qui est ce roi Acaz cité dans la première lecture ? Quel rapport peut-il bien avoir avec l’annonce de la naissance de Jésus ? C’est un roi du royaume de Juda au VIIIe siècle avant notre ère. Impie notoire, il est quand même cité dans la généalogie de Jésus dans l’évangile de Matthieu.
Le contexte de la 1re lecture est celui de la menace que font peser les Assyriens, la grande puissance de l’époque, sur le petit royaume de Juda. Acaz est affolé, terrorisé. Il se soumet. Isaïe essaye de le rassurer, l'invite à miser sur sa foi au Dieu d’Israël et sur les ressources de son peuple. Mais Acaz a déjà trahi son Dieu pour se livrer au roi d’Assyrie et faire allégeance à ses divinités ; il ne veut rien entendre, il ne veut suivre les conseils de personne. Pourtant, par la voix d’Isaïe, Dieu le rappelle à lui : qu’il demande un signe pour montrer sa confiance. Refus d’Acaz qui dit : « Non, je n’en demanderai pas, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve ! » Il se donne ainsi bonne conscience ! Mais de qui, en réalité, Acaz se moque-t-il ?
Dans la suite du texte, Isaïe annonce que, quelles que soient les infidélités du peuple et surtout celle du roi, Dieu ne va pas l’abandonner, et c'est lui, au contraire, qui donnera un signe. Ce signe, nous dit le prophète, c’est le fils de la jeune reine, le futur roi Ezéchias, qui sera appelé Emmanuel, c’est-à-dire « Dieu avec nous ». 700 ans plus tard, les chrétiens liront dans cette prophétie d’Isaïe l’annonce du très lointain descendant d’Acaz, ce Jésus dont nous allons bientôt célébrer la naissance. Nous croyons que c'est en lui que l'antique promesse de Dieu se réalise, qu'il est « l'Emmanuel, Dieu avec nous ».
Regardons maintenant l’Évangile. On nous parle, là aussi, de signe, d’un signe donné à Joseph et d’une naissance, avec la reprise de la prophétie d’Isaïe que nous avons déjà entendue dans la première lecture. Le signe pour Joseph, c’est l’Ange du Seigneur qui lui apparaît en songe, lui dit de ne pas avoir peur et de prendre Marie pour épouse. Il lui annonce aussi qu’elle aura un fils, Jésus, dont le prénom veut dire : « Le Seigneur sauve ». Le peuple juif attendait un roi politique, mais celui qui est annoncé ici est un Messie sauveur qui instaurera un monde nouveau, non pas un empire mais une création nouvelle de justice et de paix.
Comparons Acaz et Joseph. Acaz n’a pas su voir le signe qu’on lui offrait, il n’a rien compris du dessein de Dieu, de la promesse que la lignée de David ne s’éteindrait pas. Résultat : les royaumes voisins d’Acaz ont été détruits et annexés par les Assyriens. Joseph lui a su voir le signe, il a fait confiance, il a accueilli et veillé sur Jésus.
Nous-mêmes, nous accueillons la naissance de Jésus, non pas comme une commémoration mais comme le signe d’un monde à venir, qu’il nous faut discerner, accueillir et sur lequel il faut veiller ! Dans quelques jours nous célébrons Noël. Dans ce monde qui souffre, Dieu nous envoie aujourd’hui encore des signes, ce que le Concile Vatican II appelait des signes des temps. Sachons-nous en servir pour bâtir un avenir qui refuse de désespérer, pour ouvrir plus largement notre cœur et notre porte à l’Esprit qui travaille les cœurs, à Dieu qui frappe à notre porte. Cela ne peut se faire que si nous tentons de vivre « au pas de Dieu », lui qui est « Dieu avec nous ». C’est ce qu’a fait Joseph.
Et nous, tout comme Joseph, discernons-nous les signes de Dieu et entendons-nous ses appels à veiller sur le monde ? Bienheureux Joseph, tu as cru au signe de Dieu et, grâce à cela, Dieu a pu accomplir son dessein de salut.