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Credo d’un rabbin

Credos

Credo d’un rabbin

Je crois en un transcendant qui a quelque chose à voir avec de l’indicible, qui échappe radicalement, y compris au langage. Le problème, lorsqu’on parle de Dieu, est qu’on se trouve toujours au bord de l’idolâtrie, du blasphème. Les mots le réduisent : à partir du moment où vous dites qu’il est quelque chose, vous sous-entendez qu’il n’est pas autre chose. Mais s’il m’est difficile de parler du Dieu auquel je crois, je peux en revanche vous parler du Dieu auquel je ne crois pas. Je ne crois pas en un Dieu qui agirait dans le monde, qui aurait les propriétés de la lampe d’Aladin, ni en toutes ces images que notre culture populaire véhicule sous la forme d’une sorte de Père Noël ou de Père Fouettard. Dire ce qu’il est, le définit et ce qui le définit le finit. Or Dieu est de l’ordre de l’infini. Je sais qu’au sein du monde juif, certaines personnes ne verront jamais en moi un rabbin. Elles considèrent que leur vision du judaïsme est la vraie, et que la mienne ne l’est pas. La différence entre elles et moi, c’est que je considère pour ma part que ni la leur ni la mienne n’est la vraie. Ce sont juste deux façons de vivre une tradition.