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Thèmes / Lire les psaumes / Vos questions, vos remarques / Les psaumes annonciateurs de Jésus

Les psaumes annonciateurs de Jésus

Bonsoir, Je vous remercie d'avoir mis ce sujet à l'ordre du jour de nos réflexions. Je me réjouis d'avoir l'occasion de lire "Psaumes, au jour le jour" de Paul Beauchamp ainsi que de bénéficier de la grande largeur de vues de Roseline Dupont-Roc. Si j'ai bien compris les remarques de l'auteur sur le thème de la "Terre épaisse des psaumes", je me pose les deux questions suivantes :
1 En quoi réciter les psaumes, les revêtir et les actualiser en soi-même permet de rencontrer le "Je" de Jésus-Christ si on n'a pas (pas encore?) compris comment ces mêmes psaumes conduisaient à lui ?
2 Si je vois bien qu'on peut trouver dans les psaumes le dessein de Dieu qui pourra expliquer plus tard l'obéissance (dans la plénitude de sa liberté) de Jésus, comment peut-on affirmer que les faits prophétisés conduisent à Jésus ? Par exemple, comment sait-on que Jésus portait une tunique sans couture et qu'elle ne fut pas partagée entre les soldats alors que tous les témoins et potentiels apologistes de Jésus avaient fui en Galilée ? En d'autres termes, était on en présence d'un indice annonciateur du Messie ou, au contraire, voulant faire de Jésus le Messie attendu, et on alors a cherché des preuves pour le démontrer ?
Merci par avance de votre réponse. Benoît Marcilhacy

Créé par : Marcilhacy Benoît

Date de création :

Commentaires

Posté par Roselyne

dim 25/10/2026 - 18:13

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Merci de ces questions, difficiles, car elles touchent le lien étroit entre "ancien" et "nouveau" Testament, entre les Ecritures et l'espérance juives, et la vie de Jésus relue par les évangélistes (juifs eux-mêmes). Paul Beauchamp saisit le problème dans complexité, en se situant délibérément en chrétien, connaissant donc l'histoire de Jésus, les évangiles, et plus encore croyant en Jésus Christ et Fils de Dieu.
Comment alors débrouiller (et peut-on débrouiller) les liens qui dans les deux sens lient l'un et l'autre Testament ?
Si je suis un lecteur des Psaumes, avant Jésus ou ignorant Jésus, il me semble que le Psalmiste m'offre de participer à toutes les dimensions de l'être humain qu'il déploie : maladie, souffrance, oppression voire torture, mais aussi plainte et supplication, et surtout espérance, confiance absolue en ce Dieu qui accompagne son peuple depuis le début et dont la fidélité est inébranlable ("tu es mon rocher, ma citadelle" !), et enfin joie de la santé ou du salut retrouvés, louange de Dieu qui rassemble, et partage de cette louange avec l'assemblée du peuple croyant. Dans le psalmiste, je reconnais un concentré ou une figure complète de l'humanité pécheresse, souffrante, mais aimée et sauvée par Dieu, qui traverse la nuit obscure, mais ne perd jamais l'espérance.
A la lumière d'un événement inouï : la rencontre de Jésus qu'ils avaient vu mort, vivant, la conviction qu'il est désormais entré dans la gloire du Père pour nous y attirer, les évangélistes ont relu et raconté la vie et la mort de Jésus dans sa vie terrestre. Chacun à leur manière, pour témoigner qu'il était déjà, au milieu de ses amis, l'Envoyé parfait de Dieu, le Christ attendu, et plus profondément la présence de Dieu venu nous rejoindre, dans notre humanité. En racontant, ils ont fait le lien entre leur connaissance approfondie des attentes du judaïsme, la figure du psalmiste et du serviteur souffrant et ce que Jésus avait vécu et souffert aux jours de sa vie. Et ils ont raconté la vie et la mort de Jésus à travers les mots de leur culture, à travers les psaumes. En disant bien que Jésus en était l'accomplissement, qu'il embrassait l'humanité telle que Dieu voulait la rejoindre ! 
Mais comment dire son mystère, totalement inouï, humainement indicible, sinon avec les mots qu'ils avaient, les images qu'il avaient : les mots et les images des Psaumes et de l'Ecriture ?
Nous ne disons jamais (et à chaque époque), le mystère de Jésus en qui Dieu est venu habiter notre humanité qu'avec les pauvres mots de notre époque. Et les grands conciles oecuméniques l'ont dit autrement que les évangélistes, et Thomas d'Aquin encore autrement, et les théologiens qui s'y essaient au cours des siècles... Et, vous le savez trop, chacun doit essayer de le dire avec ses propres mots, en s'appuyant sur les évangiles, et à travers eux sur les Psaumes !

 

Je m'aperçois que je n'ai rien dit sur votre exemple de la "tunique sans couture" tirée au sort par les soldats en Jean 19,23-24 (uniquement). Mais la conséquence immédiate de tout ce que j'ai essayé de dire, c'est qu'il s'agit d'une appropriation fortement symbolique du Psaume 22,19, qui fait écho à toute la thématique de l'unité qui court dans l'évangile de Jean.

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