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Thèmes / Lecture accompagnée de l'Evangile de Jean / Vos questions, vos remarques / Pourquoi Zumstein ne parle-t-il pas du chapitre 20 et de la Résurrection

Pourquoi Zumstein ne parle-t-il pas du chapitre 20 et de la Résurrection

La feuille de route N°7 débute avec cette question à laquelle nous avons tenté de répondre.
1ère Hypothèse: Zumstein préparerait un livre qui sera entièrement consacré à la Résurrection tant le sujet est important.
2eme Hypothèse : la réponse se trouve peut être dans le prologue, au verset 18. L'évangile de Jean va nous faire découvrir qui est Jesus , le Christ, "Dieu fils unique". Le guidage de Zumstein s'arrête pour ainsi dire, au chapitre 19,28 et 30 "tout est achevé". La Résurrection, les apparitions... confirment ce qui a déja été dit ou annoncé et ne relèvent plus de la mission du Christ.
Nous serions bien interessés de connaître votre éclairage.
Christine pour l'équipe de l'Hay

Créé par : Christine TASSET

Date de création :

Commentaires

Posté par Roselyne

dim 21/06/2026 - 10:06

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Une belle question ! Je vous propose quelque chose, vous disposerez.
Jean Zumstein n'a pas écrit un second livre sur la Résurrection ! Il a fait un commentaire complet de l'évangile en deux gros volumes. De façon intéressante, il a commencé par étudier et publier en 2007 les chapitres 13 à 21, puis en 2014 les chapitres 1-12. Faut-il en tirer des conclusions? Je ne sais pas. 
Mais clairement, il montre qu'il y a bien des sources et des cycles différents dans cet évangile, et que les récits de la passion/résurrection 13 et 18-20 s'appuient sur une source ancienne largement repensée et remaniée (les récits de passion/résurrection sont certainement les plus anciens), que Jean a comme ouvert en deux pour y introduire les grands discours qui sont une méditation sur la relation Père/Fils + Esprit et disciples ! Cette relation n'est pensable qu'à cause de la résurrection de Jésus dont l'expérience a donné aux disciples la certitude de son origine divine. Autrement dit, les discours sont le "ce qu'on peut et doit comprendre de l'identité à partir de  l'expérience de sa mort/résurrection".
Les chapitres 1 et12, un peu de la même façon, encadrent la source des "signes" (actes de puissance chez les synoptiques), entièrement renouvelée chez Jean pour montrer comment chacun de ceux que Jésus a rencontrés a pu faire l'expérience d'une présence qui pointe et oriente vers Dieu lui-même, et a découvert quelque choses de son identité. A la fin le chapitre 12, charnière, confirme la glorification du Fils par le Père. D'une certaine façon, c'est déjà dire la résurrection ou plutôt en donner d'avance le sens. 
Et comme vous le dites très justement, le prologue, certainement la dernière "couche" de l'évangile de Jean est placé en tête pour éclairer comme un phare tout ce qui va être raconté et médité : celui qui vient du Père retourne au Père, après avoir vécu une vie pleinement humaine.


J'essaie de le dire autrement : à mon avis, Zumstein pense que, pour les auteurs successifs de l'évangile de Jean, les récits d'apparition du Ressuscité sont une première expression à partir de laquelle tout ce qui est découvert et dit de l'identité de Jésus peut être déployé, mais c'est une expression qui doit être interprétée, dépassée, et tout l'évangile consiste à mener la recherche, à travers les rencontres, les discours, et finalement le prologue... 

Je ne suis peut-être pas très claire !

Posté par Francois Geremy (visiteur)

mer 24/06/2026 - 19:41

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Un an après une épiphanie survenue lors de l'accompagnement en soins palliatif, à domicile, de Marie France, marquant à jamais nos 58 ans de mariage, sa re-naissance,(Nicodème), son entrée dans sa vie vivifiante ce dimanche 10 mars 2025, je réussis enfin à prendre la plume pour vous poser une des questions phares qui a alimenté nos "Disputatio" itératives:
"Ex Deo Natus est" ou "Ex Deo Nati sunt".(Prologue Jean 1-13)
Sauf erreur de ma part, il semble que le choix entre ces deux formules ait posé problème à St Jérôme lors de sa rédaction de la Vulgate, mais que son choix de "Ex Deo Nati sunt" aurait été validé récemment par Rome (1979 ?)

Posté par Roselyne

jeu 25/06/2026 - 18:03

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Cher ami, 
Merci de cette question, dans la force de l'Esprit qui vous soutient, un esprit de filiation qui fait résonner le texte pour vous en "ils sont nés de Dieu" !

Oui la tradition textuelle ancienne hésite entre le singulier (il s'agit alors de Jésus), et le pluriel (il s'agit de nous, ses disciples, et de tous les êtres humains). Les manuscrits anciens de façon massive ont le pluriel, ce qui semble être la lecture qui l'a emporté, mais Irénée vers 175 et Origène vers 200 (antérieurs aux plus anciens manuscrits) connaissent les deux leçons : singulier et pluriel.
Il n'y a jamais de décision doctrinale de l'Eglise sur des questions de texte, surtout lorsque comme ici les deux versions sont théologiquement justes : nous sommes fils/filles de Dieu, nés de l'Esprit, à la suite du Fils unique né de Dieu ! Et renaissant avec lui dans sa Pâque lorsqu'elle devient la nôtre.
Ceci dit, aujourd'hui, la tendance est de considérer que la version au pluriel est la plus ancienne (elle n'annule pas l'autre), et que le singulier a été introduit dans des querelles christologiques anciennes sur la naissance de Jésus.

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