Commentaires
Je rapproche cette…
Je rapproche cette discussion sur Judas et la bouchée de celle sur le pardon un peu plus bas dans ce forum. Le pardon qui paraît un élément aussi central de l’Evangile que l’amour du prochain. Sans doute parce qu’il conditionne l’amour du prochain : si nous nous sommes permis de condamner, comment pourrons-nous aimer sans avoir pardonné ?
A la suite de Roselyne, il ne semble pas que Jésus condamne Judas quand il l’évoque dans Jean 13, 21-30. Il ne le désigne pas aux autres par son nom. Il n’est pas écarté de la table et paraît même être le premier à recevoir du Christ la bouchée de pain à l’origine de notre eucharistie. Je trouve cela émouvant. Ne faut-il pas voir la miséricorde du Christ à l’œuvre même lorsque le mal nous divise ?
A ce sujet, j’ai trouvé très éclairant le livre de Lyta Basset « Moi non plus je ne te condamne pas ».
Merci de ces remarques, et…
Merci de ces remarques, et de fait le livre de Lyta Basset peut être conseillé à tous. C'est une partie de sa thèse réécrite pour être vraiment lisible; mais je rappelle parce que c'est suggestif que sa thèse s'appelait : "Le pardon originel" !
Ceci dit, je reste personnellement toujours prudente avec la notion de "pardon". Dieu seul pardonne et depuis toujours il passe par-dessus son propre don refusé par les humains pour les par-donner, leur donner du surplus. Une des plus belles images est celle du père de l'enfant prodigue en Luc 15, 11-31.
Quant à nous, je trouve qu'il est tellement difficile de "pardonner" dans certains cas, et encore plus d'inviter d'autres à pardonner. Car il faut d'abord qu'il y ait eu demande de pardon. Et ensuite on peut remettre à Dieu le soin de pardonner : "Père, pardonne-leur" dit Jésus en croix (Luc 23, 34). Et, pour soi, tenter de regarder sans aucune rancoeur ni rancune, et de rendre sa dignité à l'agresseur... C'est déjà beaucoup....
Vous posez une excellente…
Vous posez une excellente question, Marie-France, et elle est bien difficile. Je ne suis pas sûre du tout de savoir répondre de façon juste.
J'essaie, en m'appuyant sur votre suggestion, mais je ne garantis rien. J'ai toujours eu l'impression que dans les récits des Synoptiques, le traître pouvait être au fond n'importe lequel des apôtres, "celui qui met sa main..." ; une façon de dire que tous, nous aurions pu l'être...
Chez Jean, Jésus donne la bouchée à Judas : je ne crois pas qu'il s'agisse de condamner Judas, mais bien de montrer que dans le combat contre Satan, Jésus, comme vous le dites, garde la main jusqu'au bout. Judas en fait les frais, mais il représente quiconque est ou se laisse manipuler par la force du mal. Et c'est bien la puissance du mal qui est l'adversaire que Jésus vient vaincre.
Peut-être auriez-vous d'autres idées ?