Commentaires
reponse et questions
Bonjour,
Je me permets de répondre à vos commentaires :
Je m’interroge sur les promesses de Jésus dans les synoptiques et chez Jean et les compare ; je ne cherche pas à savoir si les synoptiques parlent du Christ ou si Jean parle du royaume ; je m’interroge sur la promesse.
Certes, Jean 3-3 parle du royaume mais pour nous dire que, pour voir le royaume, il faut naitre d’en haut ; alors que les synoptiques nous disent que pour entrer dans le royaume ,il faut se convertir ; ce qui n’est pas la même chose .
quant à l’annonce de Jésus comme Christ et fils de Dieu , je voulais noter que Jean nous dit que l’important est de croire en Jésus , Messie et Fils de Dieu, pour avoir la vie éternelle ; effectivement Marc en 16-16 nous dit « celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ,celui qui ne croira pas sera condamné « ce qui est très proche de ce que nous dit Jean. Mais ce texte est dans la finale de Marc qui reprend bien des choses dites dans les divers évangiles.
Par contre Luc parle bien de Jésus ressuscité et lui fait dire « on prêchera en son nom la conversion et le pardon des péchés ; il s’agit donc bien de se convertir « . Matthieu nous présente la rencontre de Jésus vivant et invite les apôtres à faire des disciples en leur apprenant à garder tout ce que jésus a prescrit , ce qui revient à parler de conversion Il y a bien une continuité dans le message.
Dans les actes des apôtres en 3-19, je lis dans la bouche de Pierre » Convertissez-vous donc et revenez à Dieu afin que vos péchés soient effacés, ainsi viendront les moments de fraicheur accordés par le Seigneur quand il enverra le Christ qui vous est destiné »On est bien toujours dans la conversion pour accéder au royaume et non pas dans le croire en Jésus pour avoir la vie éternelle.
Vous ne voyez pas l’intérêt de comparer les messages de Jean et des synoptiques ; j’en suis un peu étonne car vraiment les promesses ne sont pas les mêmes ; pour ma part cet évangile est tellement diffèrent qu’il me semble bon de le situer par rapport aux autres évangiles ;jean Zumstein, lui-même, aborde ce theme de comparaison des évangiles , en soulignant certains différences.
Il est effectivement possible de décider de regarder un évangile pour lui-même, et de se concentrer sur lui. C’est un choix, il semble que ce soit le vôtre.
Merci aussi pour les livres que vous m indiquez ; j’en possède un ou deux et je vais les regarder.
Je me permets de vous signaler que j’ai du mal à comprendre votre phrase suivante :
« L’interet est de renvoyer à la dimension révélatoire de chacun par des moyens littéraires variés
… » que voulez vous dire ?
Chapitre 11 de evangile selon Jean
La femme adultere : Jean nous dit que Jésus a refusé de condamner la femme adultère tout en lui recommandant de ne plus pécher et nous recommande d’agir de meme , je pense.Soit , mais quid alors des victimes ; je pense aussi aux victimes d’abus sexuels dans l’Eglise… Alors que nous dit Jean ?
Evangile de ce dimanche : Jean baptiste voit l’Esprit Saint descendre sur Jésus et déclare Jésus, Fils de Dieu : il me semble que ce texte est l’équivalent de la conception virginale de Jésus selon Luc, avec l’Esprit saint qui couvre Marie : comment Jésus est devenu Fils de Dieu, selon Jean .
Ce qui m’interroge : le Jean Baptiste de Jean ne sait pas comment Jésus est né ; la mère de jean Baptiste ne lui a rien dit sur Marie et la conception de son cousin ? ou les traditions sur lesquelles Jean s’appuie ne disaient rien de la naissance particulière de Jésus ; et pourtant Jean parle beaucoup de Jean Baptiste ; bizarre ???
Quelques mots pour vous…
Quelques mots pour vous répondre :
1) Conversion et naissance d'en haut : à moins de réduire la conversion à un repentir des péchés plus ou moins identifiés à des fautes morale, on peut très bien comprendre que "conversion" (se tourner entièrement vers Dieu, pour le reconnaître créateur et sauveur, voulant partager sa vie avec les humains), et naissance d'en haut (accueil d'un esprit entièrement renouvelé parce qu'il est don par Dieu de son propre esprit) sont deux façons de dire la même réalité : réorienter complètement sa vie, parce que désormais elle se reçoit d'un Dieu d'amour qui veut nous faire vivre de sa bonté.
Que les images diffèrent, que la part morale ou moralisante soit plus forte chez les Synoptiques (plus concrets et plus réalistes que Jean), c'est certain. Mais de là à les opposer, je pense que ce serait défigurer l'idée même de "conversion".
2) Nul ne peut dire le tout de ce qu'est Jésus le Christ, Fils de Dieu. Chaque évangéliste se risque à proposer un récit qui révèle au mieux quelque chose de l'identité divine de l'homme Jésus ; mais chacun le dit d'un point de vue différent, pour une communauté différente, et il y a encore bien d'autres possibilités de dire, toujours partielles et imparfaites.
C'est ce que j'appelle "la dimension révélatoire" de chaque évangile (ou lettres) par des moyens littéraires qui sont propres à chacun.
3) Je ne comprends absolument pas votre question au sujet de la femme adultère. Dans la circonstance, c'est elle la victime, et il n'a jamais été dit qu'elle ait abusé de quiconque ! Peut-être son amant a-t-il abusé d'elle ... mais il est aux abonnés absents ! De toute façon, il est exclu de poser au texte biblique ( écrit il y a près de 2000 ans) une question actuelle brûlante en l'état; cela n'aurait aucun sens.
4) Lorsque je vous proposais de lire chaque évangile pour lui-même, je voulais justement vous éviter ce mélange des textes qui conduit à la question : qu'est-ce que Jean fait du cousinage lucanien entre Jean-Baptiste et Jésus.
Un seul point commun aux quatre évangiles nous donne une assurance (outre que la vie et la mort violente de Jean le Baptiseur sont confirmées par Flavius Josèphe) : Jésus est apparu dans l'entourage de Jean, d'abord comme l'un des ses disciples, pour se séparer de lui avec ses propres disciples au bout d'un certain temps.
Ce fait a posé problème à tous les évangélistes, car des johannites existaient encore dans la seconde moitié du siècle, et que les chrétiens refusaient de voir dans leur maître et Seigneur un disciple de Jean Baptiste. Ils avaient tort mais c'est ainsi. Chaque évangéliste s'empare alors de la figure de Jean Baptiste et de la relation entre Jésus et Jean pour traiter cette question épineuse (pour eux). Luc (qui met Jean Baptiste en prison avant que Jésus ne paraisse sur la place publique) construit un lien de parenté qui permet de tenir la pleine judéité de Jésus et de mettre en parallèle les deux destins. Finalement Jean-Baptiste émarge du côté de l'Ancienne alliance, tandis que Jésus ouvre la nouvelle (parallèle et opposition de la vieillesse stérile d'Elisabeth, et de la jeunesse virginale de Marie). Les autres s'en sortent autrement !!!
reponse 2
Bonjour,
Merci bien de m'avoir répondu.
Je suis tres etonné de votre réponse pour la femme adultere : à vous lire, une femme qui est surprise dans un lit avec un homme autre que son mari est une victime : étonnant ; jésus , semble t il,ne pensait pas comme vous, en lui disant "ne peche plus "..Elle a été mise en accusation , et Jésus n'a pas dit qu'elle était mise en accusation de façon erronée .Il a dit que celui qui est sans peché lui jette la premiere pierre .
Comme personne n'a jeté la premiere pierre, on peut se demander si tous les présents n'avaient pas couché avec une autre femme que la leur ?? Horreur ...et Honte
Qui a dit qu'on ne pouvait…
Qui a dit qu'on ne pouvait pas être à la fois victime et pécheur ?
Bonjour,Les différences que…
Bonjour,
Les différences que vous listez sont justes factuellement, mais elles reposent souvent aussi sur une simplification beaucoup trop rapide du point de vue de chaque évangéliste.
Je n'en note qu'une. Vous dites que chez les Synoptiques, Jésus annonce le Royaume de Dieu, ce qui est vrai, mais vous oubliez que pour chacun, c'est après sa mort et sa résurrection, Jésus lui-même est annoncé comme Christ et Fils de Dieu ! De plus Luc dans la grande montée de Jésus à Jérusalem de 9,51 à 19 dévoile progressivement que Jésus EST le Royaume lui-même inauguré dans ce monde et "parmi nous".
Et l'évangile de Luc ne peut être lu sans son "second tome", les Actes des apôtres, qui déploient l'annonce du Christ Seigneur et Fils de Dieu.
Inversement, Jésus, chez Jean annonce le Royaume à Nicodème (3,3).
Je suis tout à fait d'accord sur le fait que pour Jean, de façon évidente, dès le début Jésus est déjà le Fils élevé dans la gloire, et vous dites fort bien que chaque geste ou rencontre est suivie d'une méditation qui, comme les discours, "essaient de voir au-delà du sensible".
Mais les Synoptiques le font autrement : ainsi relisez le petit récit de la tempête apaisée chez Matthieu, où Jésus agit comme le Dieu créateur et sauveur qui sépare les eaux (Mt 8,23s.) ! Et Matthieu sait aussi proposer 5 discours de Jésus qui sont des enseignements construits et médités.
Je ne vois pas de livre spécialement consacré à comparer Jean et les Synoptiques (I. de la Potterie l'a fait autrefois pour les récits de la passion), mais c'est assez vain, ou plutôt l'intérêt est de renvoyer à la dimension révélatoire de chacun par des moyens littéraires variés, en s'adaptant aux questions propres d'une communauté donnée, a révélation de l'identité de Jésus restant inépuisable.
Je vous conseille plutôt de lire des Introductions sérieuses à chaque évangile. Notamment sous la direction de D. Marguerat, Introduction au Nouveau Testament, Labor et Fides, 4ème éd. 2008.
Vous pouvez aussi choisir Raymond Brown, Que sait-on du Nouveau Testament, 1997, Traduction française chez Bayard 2000.