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Thèmes / Lecture accompagnée de l'Evangile de Jean / Vos questions, vos remarques / Des clefs de lecture éclairantes pour lire l'évangile de Jean

Des clefs de lecture éclairantes pour lire l'évangile de Jean

J’ai trouvé à la fois dans la feuille de route, et dans le chapitre 2 de Zumstein, de nouvelles pistes pour mieux comprendre cet évangile qui m’est cher, l’ayant beaucoup lu dès ma jeunesse (culture protestante évangélique oblige !). Et abondamment écouté grâce aux cassettes « Evangile de Saint Jean » (Trad. TOB) lu par Gérard Bessière, sur une musique de Marcel-Henri Faivre.
Si j’ai bien compris, cet Evangile n’aurait pas pour objectif d’apporter des connaissances, mais de remettre en question des certitudes qui déjà à cette époque chez les chrétiens avaient tendance à se figer. Un travail de théologie, plutôt qu’un témoignage sur Jésus. Accepter de revisiter sa foi, changer de regard. Se laisser transformer à travers ces épisodes qui tracent les chemins de la foi. Ces passages, avec leurs personnages, ne sont pas là pour raconter ce qu’a fait ou dit Jésus, mais pour nous inviter à repenser notre foi. Par exemple, dire que la résurrection commence ici et maintenant est très éclairant, nous qui avons tendance à penser cela dans le lointain de l’au-delà. La rencontre avec Nicodème, qui introduit la nouvelle naissance, nous invite à la vie éternelle dès notre vie humaine sur la Terre. Pour moi qui ai grandi dans des milieux évangéliques et pentecôtistes, c’est très parlant (aux USA, on appelle les fidèles de ces églises des chrétiens « Born again »), la conversion personnelle est une étape fondatrice dans le chemin de foi.
Au final, nous qui aimons bien mettre les choses dans des catégories, peut-on dire que les trois évangiles dits synoptiques seraient des « livres d’initiation », pour une première accession à la foi adressés aux non croyants, aux indécis, ou aux chrétiens « débutants » et que l’évangile de Jean serait comme un guide « pour aller plus loin » dans la foi et éviter qu’elle ne se sclérose dans des idées reçues et des prescriptions dogmatiques ?
Et en cela, l’évangile de Jean serait encore aujourd’hui d’une brûlante actualité, à condition de le lire avec des clefs de lecture telles que celles contenues dans la FR et dans le livre de Zumstein, dans un esprit de recherche permanente d’une plus grande liberté spirituelle pour vivre notre foi en plénitude dans l’ici et maintenant ?

Daniel Tasset

Créé par : Daniel Tasset

Date de création :

Commentaires

Posté par Roselyne

dim 11/01/2026 - 20:48

Permalien

Merci de cette belle réflexion et de certaines phrases qui me réjouissent le cœur :
« Remettre en question des certitudes… un travail de théologie ». Oui, la théologie, pour moi, part de la Bible et y revient toujours, puis consiste par définition (parce que la Bible l’y engage sans cesse) à remettre en question des certitudes !
Et Jean a un art incomparable pour bousculer le client. C’est d’ailleurs intéressant et paradoxal (encore une certitude qui se fissure en deux), quand on lit la façon dont cet évangile martèle aussi : « pour que vous croyiez que Je suis », « pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu », et encore à Nicodème : « nous disons ce que nous savons, et nous témoignons de ce que nous avons vu » ! Evidemment, toute la question consiste alors à interroger ce que recouvrent ces titres et ce « savoir dans la foi ». Rien à gagner, bien sûr, tout à essayer de comprendre et de vivre, ou de vivre et de comprendre. C’est comme ça que commence la vie éternelle… Du coup cela nous donne du temps !

Mais autant je suis d’accord pour ce qui est de Jean, autant je bute un peu sur une « catégorisation » des évangiles. Les synoptiques s’adresseraient à des non-croyants, à des indécis. Franchement je n’en suis pas sûre du tout ! 
Peut-être Luc ? Dans son prologue, l’adresse au « cher Théophile » (l’aimé de Dieu/aimant Dieu) : « afin que tu reconnaisses la solidité des paroles que tu as entendues dans la catéchèse » (1,4). Mais voir si cela tient la route, c’est aussi remettre en question.

Marc est pire, il passe son temps à expliquer que les disciples n’ont rien compris, ont la tête dure et le cœur obstrué, et ne comprennent vraiment rien, Pierre le premier. Et il fait dégringoler les croyants de son Eglise de leurs certitudes un peu messianiques et enthousiastes au pied d’une croix terrible, qui laisse « stupéfait et tremblant ». Mais il faut passer par là pour traverser et annoncer !

Pour Matthieu, je crois que c’est davantage une histoire d’Eglises, de groupes où chacun tire de son côté, les Juifs et les païens, qu’il faut amener à négocier et à s’entendre, quitte à reprendre sans cesse ensemble l’enseignement de Jésus et à l’interroger (et ce n’est pas simple) !

Il me semble qu’on a transformé en « catéchisme » des textes qui étaient des points d’interrogation constants, du genre : « Et vous qui dites-vous que je suis ? » Et je suis tentée de dire qu’on étouffe souvent dans un catéchisme et qu’on vit dans la liberté d’une recherche ensemble et en dialogue !

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