Commentaires
interpretations
Merci bien pour vos commentaires.
1-Pour ma part je considère que les synoptiques ne sont pas de la même veine que l’évangile de Jean.
L’avant propos de Luc dit bien son souci de rapporter des évènements et la solidité de ceux-ci. C’est ce qu’il fait avec des évènements de guérison et des paroles courtes de Jésus.
Jean nous dit son souci des signes, choisis, en vue « d’obtenir » la « Foi » du lecteur :
2 soucis bien différents. Qui dit signes dit aussi explications du sens des signes ; Et je comprends mieux la raison des discours longs de Jean qui s’adressait peut être à des « intellos » ? à des théologiens ? à des docteurs de la loi ? à des philosophes grecs ?
Les évènements , eux, n’ont pas besoin de commentaires.
A ce propos je relève que le message du Jesus des synoptiques est bien différent du message du Jésus de Jean ; dans le premier cas : « convertissez vous car le règne de Dieu approche et croyez à la bonne nouvelle « ; dans le cas de Jean : « croyez en moi et vous aurez la vie éternelle « : « se convertir » face à « Croyez en moi » ….
2-Effectivement, Jean dit que Jean et Marie étaient au pied de la Croix, ce qui selon vous n’était pas possible ; les synoptiques ne disent pas que Marie et Jean étaient présents ,ce qui est tout à fait plausible par contre Marie de Magdala était présente , au loin ..
Et donc l’échange entre Jésus avec Marie et Jean était « symbolique » ou, plus clairement, fictif.
3-Je ne comprends pas votre utilisation du mot « interprétation » : par exemple l’épisode de Jésus chassant les marchands du temple , rapporté par Jean et les autres évangiles n’est pas une interprétation , c’est pour moi un épisode réel qui est présenté certes ,dans certains détails , de façon différentes selon les 4 évangiles ; si vous voulez parler d’interprétation à propos des « détails » , pourquoi pas ; mais on pourrait parler aussi diversité des souvenirs en fonction des sensibilités des uns et des autres « rapporteurs ». A moins que vous considériez que la parole »détruisez ce temple et je le relèverais en 3 jours » qui ne se trouve qu’en Jean soit une invention= interprétation de Jean pour dire au lecteur quoi ??
Excusez-moi, Monsieur, mais…
Excusez-moi, Monsieur, mais je ne crois pas pouvoir continuer ce dialogue... de sourds.
Vous revenez toujours sur les mêmes thèmes dont nous avons discuté (paroles de Jésus à sa mère et au disciple bien-aimé au pied de la croix, sur lesquelles je vous ai dit ma lecture deux ou trois échanges plus haut, mais surtout vous argumentez avec des équivalences de termes qui sont absolument contestables.
Ainsi vous dites que Luc insiste sur "la solidité des événements" (Lc 1, 2-4), alors qu'il parle de "la solidité des paroles qui sont celles d'une catéchèse " (v. 4 traduit littéralement), et cette catéchèse repose sur les récits soigneusement composés à la suite d'enquêtes diverses (v. 2 et 3). A ce titre, l'évangile de Luc (comme celles de Marc et de Matthieu) a pour visée première de conforter la foi des nouveaux chrétiens.
Les outils littéraires sont différents, mais Luc ne se contente pas de récits de guérison et de paroles courtes, et Matthieu construit son évangile autour de 5 grands discours d'enseignements.
Mais vous avez raison, chacun aborde à sa façon une identité si riche et si mystérieuse au sens fort (il s'agit de révélation de Dieu même), et Jean témoigne de couches de réflexion plus espacées peut-être, plus distanciées et plus spéculatives... Vous oubliez que chaque évangéliste profile derrière sa présentation de Jésus les annonces multiples, les alliances et les promesses de Dieu à Israël.
Pas plus que les auteurs des Ecritures, ils ne proposent l'enregistrement d'un agenda de guérisons et de paroles, mais toujours ils conduisent le lecteur à la question : qui est-il celui-là qui me parle à moi aujourd'hui.
Enfin, vous assimilez rapidement "symbolique" et "fictif", ce qui, excusez-moi est un grossier contre-sens. Le symbolique certes n'est pas la factualité des événements et des choses, mais au contraire du fictif, il n'est pas de l'ordre de l'imagination ou de l'imaginaire.
Le langage humain est symbolique, et le symbolique est plus réel que le réel. Il s'appuie sur le réel pour conduire là où celui-ci pointe, ce vers quoi il nous attire et nous révèle une réalité plus profonde et plus fondamentale. Jean joue sans cesse sur le symbole, et la liturgie chrétienne l'a suivi. Le pain qui fait vivre, pain à manger, à croquer, est bien concret, mais reçu et partagé dans la foi, il conduit à une réalité de partage et de vie bien plus fondamentale. L'eau qui jaillit du puits de Jacob peut servir à baptiser, mais elle conduit celui qu'elle baptise et fait boire à une autre soif : celle du Dieu vivant, d'une vie dans l'Esprit etc...
Je ne doute pas que la communauté chrétienne ait pris en charge la mère de Jésus (et d'autres femmes), et ses frères, voir Actes 1, mais la signification de cet accueil mutuel scellé sur la Croix manifeste qu'un premier pas est franchi là dans le lien décisif des peuples de l'Alliance...
Si les chrétiens s'étaient penchés sur cette lecture symbolique, la vraie, l'histoire aurait peut-être moins dérivé.....
demande
Madame, permettez-moi de vous présenter mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année!
Quelle soit riche en découvertes et en échanges bibliques!
Je lis les échanges que vous avez eus avec cette personne, un certain "Sommier".
Tout en respectant bien évidemment la sphère de la vie privée de chacun, à laquelle je tiens aussi, serait-il possible néanmoins d'envoyer mon adresse-mail à cette personne afin de me faire connaître d'elle par votre intermédiaire?
Je crois que nous aurons des sujets exégétiques d'interrogations en commun qui pourraient nous enrichir, et cela sans nuire à personne.
Grand merci à vous.
Bien cordialement
Bruno Delorme
J'avoue que je ne comprends…
J'avoue que je ne comprends pas votre question : quelle est la différence entre un témoignage sur le destin historique ou interprétations ? Vous distinguez peut-être (ce qui n'est plus guère possible) le destin historique de Jésus de Nazareth jusqu'à sa mort en croix, et les interprétations sur son identité nées du compagnonnage avec lui des témoins de sa vie de sa mort ET de sa "résurrection" (ils l'ont rencontré, expérimenté VIVANT).
Si vous souhaitez un travail d'historien purement positif et technique (mais est-ce possible ? quel historien peut se prétendre "objectif" ?), avec des méthodes modernes, vous aboutirez à une série de "possibilités" et de "vraisemblances" autour du destin d'un Nazaréen mort il y a bientôt 2000 ans, dont on ne sait pas grand chose.
Voyez les 4 livres magnifiques de J.P. Meier, Jésus, un Juif marginal ? 4000 pages, passionnantes, mais, hélas, Meier est mort avant d'avoir terminé les deux ouvrages encore attendus.
Et il restera à discuter du point de vue épistémologique la question de "l'objectivité" possible ou non de la démarche historienne, et de ce que l'on peut qualifier de "fait historique" !
Si vous acceptez que ce dont les chrétiens vivent aujourd'hui, c'est de l'interprétation des témoins qui ont accompagné le destin historique de Jésus, et n'ont pris la parole qu'après sa mort, à la suite d'un événement expérientiel inouï, qu'ils ont appelé "résurrection". Ceux-là ont alors cherché à comprendre le sens de ce qui leur arrivait, de ce qu'ils avaient vécu, et à tenter de saisir l'identité de celui qu'ils avaient connu (certain seulement par témoins interposés). Ils ont voulu répondre à la question posée au coeur de chaque évangile : "Et vous, qui dites-vous que je suis ?". Nous lisons l'évangile de Jean pour essayer de pénétrer ce que l'un des courant d'interprétation représenté par la communauté johannique a élaboré sur quelques décennies, et a accepté de confier à d'autres courants porteurs d'autres interprétations (les évangiles synoptiques), pour que la multiplication et la diversité des témoignages enrichissent la connaissance du mystère du Christ (et du salut qu'il offre).
Et que chacun puisse avancer aussi dans la construction de sa propre réponse....