Le vrai témoin de la Bonne Nouvelle selon Jean ce serait la communauté Johannique
"Pour moi, ce n'est pas d'un homme que j'ai reçu le témoignage" (Jn 5, 34)
Jean-Baptiste ne serait pas le précurseur mais le vis-à-vis, celui qui met Jésus en valeur.
Il n'y a jamais de face à face. Malgré leur proximité géographique, leurs relations ne sont jamais directes, chacun parlant de l'autre à la troisième personne. Pourtant Jean Baptiste est reconnu comme seul témoin oculaire de l'Esprit descendu sur Jésus pour y demeurer. Le verbe "voir" semble signifier "croire". En référence aux Ecrits de Saint Paul ( 1 Co 9,1 ; 1Co 15, 8 ; Ac 22, 17 ; Ac 26,13) . Le véritable témoin c'est la communauté Johannique : " Nous sommes témoins de ce que nous avons vu" (Jn 3, 11). L'Apôtre donne des figures de témoins de la foi (Nathanaël, Nicodème, Marie à Cana) . Il utilise des titres bibliques puisé dans l'Ancien Testament pour identifier Jésus (Fils d'homme, Messie-Christ, Fils de Dieu, Roi d'Israël). Le vrai témoin, donc, c'est le lecteur de l'évangile de Jean qui est en apprentissage de la foi ? "Que cherchez-vous", "Venez et vous verrez" (Jn 1,38-39).
Créé par : François Griffaton
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Merci de ces réflexions !
Je ne peux que vous suivre et vous approuver dans cette lecture fine de l'évangile, qui construit la figure du témoin comme la communauté, le "nous" ; ce "nous" qui, par la bouche de Jésus, répond à Nicomède : "nous connaissons ce que nous disons, et nous témoignons de ce que nous avons vu (-verbe voir au parfait, du témoin)"(3,11). Comme vous le dites, le lecteur est invité à cheminer à la suite de ces différents témoins et de cette communauté de témoins déjà constituée et en voie de constitution.
Sur les relations de Jésus et de Jean-Baptiste, il est clair que le texte construit une figure du Baptiste comme celle d'un premier témoin au rôle de passeur- d'un monde à l'autre, plus que d'un précurseur (qui permet de présenter comme le font Luc et Matthieu, la continuité et la discontinuité entre l'Ancien et le Nouveau).
Pas de face à face, dites-vous, non, plutôt Jean désigne Jésus, il est la flèche qui oriente vers lui.
Historiquement, semble-t-il, Jésus faisait partie d'abord des disciples du Baptiste dont il se détache en cessant de baptiser (4,1).
Mais, ensuite, après sa mort/résurrection, il y a eu des conflits entre groupes chrétiens et groupes baptistes. Les Actes des Apôtres l'évoquent prudemment (voir ch. 8 en Samarie ; voir aussi Apollôs au ch. 19) ; dans l'évangile de Jean, le conflit en voie de résolution, prend la forme de cette distance prise par Jésus vis-à-vis du Baptiste.
Je trouve très riche de sens le Jean-Baptiste de Léonard de Vinci, un peu énigmatique, et désignant le ciel (le Père ? et Jésus avec lui ?).