Auteur
Monique BAUDOT
Parmi les livres récemment publiés, retenons celui de Rogers Lenaers, jésuite belge de 87 ans. Son titre : Un autre christianisme est possible, aux Editions Golias. Sous forme de notes, Monique Baudot présente l’essentiel des propositions qu'énoncent l'auteur.
À notre époque, le langage chrétien est incompréhensible pour la majorité des gens.
- L’ancien langage se base sur la thèse qu’il y a deux mondes. Le matériel et le spirituel. C’est une pensée hétéronome. Les scientifiques découvrent l’inexistence de ce monde parallèle, par les découvertes des lois propres au cosmos (dont nous faisons partie). Le cosmos ne dépend pas d’un monde spirituel extérieur à lui, il a ses propres lois, il est autonome par rapport à un monde « d’en haut »
- L’autonomie du cosmos supprime « le Dieu d’en haut ». Pour le chrétien moderne, Dieu n’est jamais en dehors de lui, mais depuis toujours au centre.
- Dans la pensée moderne, il n’y a qu’un monde, le nôtre. Mais ce monde est saint parce qu’il est l’autorévélation de ce mystère que nous appelons Dieu. Pour R. Lenaers, la création est une manifestation de Dieu, une matérialisation du Mystère. Dieu se découvre dans et par la création.
- L’auteur part de l’axiome de l’autonomie, qui n’est pas celui de la tradition. Le croyant moderne ne rejette pas les formules traditionnelles comme étant fausses, il sait qu’elles articulent les mêmes expériences de foi que les siennes propres, mais qu’elles partent d’un autre axiome.
- Les anciens mythes chrétiens ont pu permettre de comprendre des vérités sur Dieu, mais ils ne parlent plus aujourd’hui.
- L’Écriture sainte est formée de témoignages et non d’oracles. Chaque auteur biblique a écrit la manière dont il a appréhendé le divin et l’a proposé avec des mots de son temps.
- Il faut repenser la hiérarchie de l’institution Église, pyramidale, de manière à ce que les décisions aillent du peuple de Dieu vers le pape en passant par les prêtres et les évêques, et non l’inverse.
- Création et évolution. Pour le chrétien moderne, la création et l’évolution constituent un seul et même processus, vu de deux points de vue différents. Parler de la création souligne l’autorévélation de Dieu qui prend forme dans le cosmos, tandis que parler de l’évolution met l’accent sur le développement de ce cosmos au cours des âges géologiques.
- Dieu est une Merveille transcendante, une réalité inconcevable pour qui il n’y a aucune image et aucune parole appropriées.
- Mais on peut parler à ce Dieu comme à un Tu, comme un Toi qui me déborde, qui est amour.
- La pierre angulaire de notre foi est Jésus Christ. Vrai homme qui n’a jamais revendiqué être autre chose que « le fils de l’homme ».
- En appelant Jésus « Dieu », les chrétiens du 2ème siècle voulaient confesser sa transcendance en lui donnant le nom qui correspondait à l’image qu’ils se faisaient de lui.
- « Qui me voit, voit le Père » a dit Jésus. On ne peut connaître le Dieu transcendant que par Jésus qui nous le fait connaître en tant que Père.
- On cite souvent des textes au sujet de Marie, mais en les sortant de leurs contextes. Ainsi la femme de l’Apocalypse n’est pas Marie, mais l’humanité.
- Marie, dans la pensée moderne, aurait dû, en restant vierge, avoir une fille, car c’est le père qui apporte le chromosome Y indispensable aux garçons.
- Chez les Juifs, on enterrait les morts. Qu’en auraitil été si Jésus était venu dans un monde qui pratiquait la crémation des morts ?
- L’explication matérielle de la « résurrection » est moins importante que le fait que les Apôtres l’on ressenti vivant et présent avec eux.
- L’expression « le troisième jour », symbolique, montre la force du chiffre 3. On dit : 1, 2,3 : partez. Un dicton dit : « la troisième fois, c’est la bonne. Le trois est le chiffre de la manifestation de la pensée.
- La vie suppose des processus biochimiques qui s’arrêtent au moment de la mort. Mais la vie est un concept à plusieurs niveaux. Plante, animal, homme. Chez celuici, la vie englobe des expériences spirituelles de créativité, de rayonnement, d’amour, de lumière intérieure. Ces expériences dépassent les phénomènes biochimiques.
- Si Dieu, le « Mystère », est amour, l’être humain qui aime devient, dans la mesure de son amour, un seul être avec lui et participe dans la même mesure à la richesse de sa vie créatrice.
- Il est difficile de dire en si peu de pages tout ce qui se trouve dans ce livre. Je l’ai aimé, ce qui ne veut pas dire que je suis d’accord avec tout ce qu’il dit. Mais ce peut être une base de discussion entre chrétiens.
Monique Baudot