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Auteur
Anne SOUPA

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Le cardinal Godfried Danneels, primat de Belgique, archevêque de Malines Bruxelles fait ses confidences, à la veille de son départ. Et aux vœux de longue et heureuse retraite que l'on voudrait formuler à l'auteur des Lettres pastorales qui ont eu tant d'impact chez les catholiques, pour leur humanité, leur sens de l'écoute, se mêle quelque inquiétude : on murmure de plus en plus fort que son successeur serait Monseigneur André Léonard, 69 ans, évêque de Namur depuis 1991, au conservatisme notoire. Las, las…

Mais avant de laisser les rumeurs ternir notre moral, voici quelques paroles fortes de ses Confidences d'un cardinal, où nous vérifierons que la liberté de parole peut habiter de respectables et authentiques serviteurs du Christ.

Anne Soupa

Extraits :

« Je déplore seulement que les évêques prennent si peu d'initiatives. Prenez le synode des évêques. Ce n'est pas le pape qui est assis là devant eux qui contrôle et qui dit qu'il faut faire ceci ou cela. Ce sont plutôt les évêques qui manquent d'inspiration et d'idées. Ils sont assis là et, totalement soumis, disent respectueusement : "Oui, saint Père". Est-ce parce qu'il est le chef? Mais non, tout simplement, parce qu'en l'espèce, ils n'ont rien à dire. Parce qu'ils n'ont pas d'idées. » (p. 85)

Et aussi :

« Il est vrai que le pape actuel a une préférence pour tout ce qui est traditionnel et qui accompagnerait la vie de l'Eglise depuis des siècles. Il suffit de regarder sur Quoi on met l'accent actuellement dans les liturgies romaines: on assiste au retour des dentelles, des mitres qui remontent au Moyen Age, et on a replacé le crucifix sur l'autel alors qu'il en avait été éloigné. Je crois y déceler une certaine nostalgie d'antan, mais le pape sait mieux qui quiconque que la tradition est une chose et que le traditionalisme en est une autre. La tradition préserve les racines. Le traditionalisme étouffe ces racines sous une chape de plomb. » (p.157-158)

Et encore :

« Ce qui m'effraie le plus, c'est qu'on fasse de la Fraternité Saint Pie X une prélature personnelle comme pour l'Opus Dei… Je ne pourrais absolument pas entrer dans cette logique là. Parce qu'alors ils dépendraient directement du pape et pourraient agir comme bon leur semble. Non seulement ils organiseraient le culte selon leur volonté, mais ils pourraient aussi librement faire leur propagande et leur publicité. » (p. 158)

Et enfin :

« Personnellement, je suis très marqué par l'humanité du Christ. Donc j'apprécie et j'aime tout ce qui est humain. C'est l'essence de notre culture : l'humanité de l'homme, l'humanisme, l'interface entre la foi et la culture, entre la foi et le monde. C'est l'essentiel pour moi. » (p. 108)

Confidences d'un cardinal, Entretiens avec Christian Laporte et Jan Becaus, Editions Fidélité/Racine, 166 pages, 18 euros, novembre 2009