Catherine Colin de Verdière a lu pour nous le livre de Florence d’Assier de Boisredon, « Écouter, un art de la présence ». C est un ouvrage à destination de toute personne en charge d’une fonction d’accueil ou d’écoute, thérapeutique ou non, y compris les permanences téléphoniques. Il peut vraiment aider les personnes en situation d'accueil, à condition qu'elles soient prêtes à se remettre en cause et à s'interroger sur leurs façons de procéder.
L’auteure a une expérience professionnelle variée : éducatrice, assistante sociale, psychologue, visiteuse de prison. Il s’ensuit que ce qu’elle dit s’inscrit dans un vécu ; elle émaille ses réflexions de nombreuses « histoires de vie », racontées sobrement ; ceci facilite notre réflexion sur ce qu’elle dit, d’autant qu’elle termine chaque chapitre par des questions simples à se poser sur soi même.
Dans notre société individualisée, où le temps est compté, il est précieux d’apprendre à écouter, pas seulement entendre avec son ouïe, ou communiquer, mais écouter avec tout son être pour redonner à l’autre la possibilité de trouver en lui-même son chemin, ainsi que le dit son médecin « je prends le temps d’écouter mon patient car c’est lui qui a la solution au problème qu’il m’apporte et qui est d’abord le sien ».
On trouve dans ce livre une foultitude de détails pratiques nous permettant d’essayer d’avoir une attitude juste d’écoutant. Le déroulement du livre s’appuie sur le schéma d’une « rencontre », de la préparation aux différentes attitudes personnelles induites par -ou perturbant- la rencontre-écoute, comme l’agressivité, la violence, la sexualité, la culpabilité, la compassion, etc.
Elle situe l’écoute comme une présence de l’un à l’autre, avec toute l’épaisseur de la vie de l’écoutant et de l’écouté, « une rencontre avec tout ce qu’elle initie d’imprévu, d’aventure, de mystère, de nécessaire ajustement, de respect. » Ce chemin part de la certitude que l’autre est infiniment aimé et aimable, quel qu’il soit, quoiqu’il ait fait. Il s’enracine dans sa foi en Dieu, sans imposer cette confiance en l’Autre, ce qui permet à tous de bénéficier de cet ouvrage, croyants ou athées, chrétiens ou d’une autre religion.
La Bible contient de nombreux passages où il est raconté comment Dieu écoute son peuple ; notre Église aurait à son tour bien besoin d’écoutants, écoutants de l’Esprit comme Pierre invité chez Corneille, comme Paul attentif au monde, mais également, écoutants de nos frères en souffrance ou écoutants des béatitudes…
Ce livre est précieux pour moi, et je vous invite à le déguster…
Catherine COLIN de VERDIERE
Écouter, un art de la présence, 194p, DDB 2011