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Prêtres et laïcs, un même Seigneur

Auteur
Monique HÉBRARD


Image retirée.Voici un petit vade-mecum du bien vivre ensemble prêtres et laïcs qui ne manque pas d’originalité, de justesse et d’audace et qui est tout à fait dans l’esprit de la CCFB : vigilance dans un esprit d’amour et de communion !

L’auteur, Frédérique de Watrigant, qui a été 6 ans rédactrice en chef de Paris Notre Dame, connaît bien le clergé parisien et n’a pas la langue de bois pour dénoncer – positivement — les « travers » des prêtres mais aussi des laïcs. Mais elle est avant tout une femme qui a le sens de l’Eglise et qui connaît bien les textes fondateurs (notamment Presbyterium Ordinis) sur lesquels elle s’appuie. Son livre Prêtres et laïcs un même Seigneur (Sarment Jubilé. 148p. 14€) devrait être un bon outil de réflexion et de mise en application pour tous ceux qui travaillent ensemble au service de l’Eglise. Une seule réserve : c’est le clergé parisien qu’elle connaît, un clergé bien typé, qui ne reflète pas toute la France.

Frédérique de Watrigant relève des indélicatesses ou des attitudes qui ne correspondent pas à ce que l’on attend d’un prêtre comme par exemple des manques élémentaires d’attention à autrui, une habitude de « discourir sans jamais écouter les autres, manifestant ainsi un contentement de soi peu compatible avec ce qu’il devrait être »… Et elle propose comme test de la misogynie des clercs, la façon dont ils traitent les religieuses : pour certains elles sont d’abord considérées comme utiles, à leur service ! A propos de l’affaire de la jupe, l’auteur regrette que le cardinal n’ait pas été plus prompt à s’excuser de son « inélégance ».

Elle est positivement critique sur certaines attitudes de l’Eglise, comme le secret qui entoure les nominations du clergé et la non-consultation des laïcs qui sont pourtant bien placés pour juger et donner un avis éclairé. Elle pense que l’on en fait peut-être trop avec la communication. La médiatisation du « Festival de la Charité » de 2008 à Paris par exemple, a-t-elle fait réfléchir ou amélioré la situation des personnes en grande précarité ? Et puis « la montée en puissance de la communication est une manière de prendre le pouvoir »… Et c’est sans doute pour cela, alors que l’on manque de prêtres que l’on a remis un prêtre au service communication des évêques de France, après l’avoir confié à une femme !

Quant aux laïcs, ils peuvent très bien faire aussi du cléricalisme. Soit en s’appropriant le pouvoir, soit en s’inclinant devant tout ce que dit Monsieur le Curé ce qui revient à en faire une idole… Si Lumen Gentium demande aux laïcs d’obéir aux pasteurs c’est seulement lorsqu’ils sont en position de « docteurs et chefs de l’Eglise ». Dans le travail quotidien le laïc doit dire ce qu’il pense.

http://www.laprocure.com/livres/frederique-watrigant/pretres-laics-meme-seigneur_9782866795146.html

Monique Hébrard