Ce qui a préparé mon engagement dans l’Église
Je commence par le début. C’est ma vie humaine qui a préparé mon engagement en Église. Second d’une fratrie de huit enfants, de Juan Manuel Epalza, originaire de Bilbao, et de Carmen Solano, native de Lekeitio, je suis né en 1946 à Halsou, près de Bayonne, et j’ai grandi à Saint-Jean-de-Luz.
Mon père, commandant de gudaris (militaires du gouvernement basque pendant la guerre civile espagnole), fut condamné à mort par le régime franquiste et donc contraint à l’exil avec sa famille, où il poursuivit sa lutte politique. Délégué du gouvernement basque en exil, à Prague puis à Bayonne, il jouera dans la période postfranquiste un rôle de premier plan en Euzkadi (mes parents sont revenus habiter à Bilbao en 1968).
Je dois ma vocation d’abord à ma famille, animée à la fois par l’amour de Dieu et par des sentiments de générosité et de fraternité. Chez nous on connaissait la signification du mot accueil, ayant nous-mêmes été accueillis. Pourquoi ma famille était-elle enracinée dans la foi chrétienne, bien que rouge, du côté des républicains ? Sans doute en raison de l’attitude du clergé basque, resté fidèle à son peuple, dont 17 prêtres basques assassinés par Franco sans procès, ni sépulture, et l'évêque de Vitoria, Mgr Mugica, qui connut l'exil à Cambo pour s'être opposé à Franco (lui et un autre évêque catalan refusèrent de signer l'allégeance au dictateur). Il y avait d'une part l'Église de la Cruzada, celle bénie par le Vatican, verrouillée par Franco, et de l'autre l'Église de Jésus-Christ. Nous étions de la deuxième Église.
Le concile Vatican II, qui s’est tenu pendant la fin de mes études secondaires, a aussi joué un rôle important dans ma vocation. J’ai été particulièrement sensible à l’accueil qui y a été préconisé du Saint-Esprit en tout homme, et par la promotion de la justice. Une Église non pas au-dessus de la mêlée, mais levain d'Évangile dans la pâte humaine. Enfin, Jésus-Christ, et tous ses amis, au centre de l'Église ! Enfin chaque peuple et chaque culture reconnus par l'Église ! Grâce au concile nous avons chanté pour la première fois le Notre Père en euskara.
Mon désir de devenir prêtre s’est concrétisé alors que j’étais en classe de terminale, en 1965, immédiatement suivie par mon intégration au grand séminaire de Dax. Mon ambition n’était pas du tout d’accéder au statut de clerc, mais bien de vivre le sacerdoce comme un service des hommes tels qu’ils sont et de rendre un sens à des mots aujourd’hui appauvris : amour, amitié, partage et compréhension. Nous verrons tout à l’heure ce qu’il est advenu de ces projets initiaux.
L’idée que j’avais en tête au moment du bac était de partir en mission en Amérique du Sud. Lorsque j’ai formulé ma demande dans ce sens à Mgr Roger Etchegaray, en charge, à cette époque, du CEFAL (Comité Épiscopal France Amérique Latine), il m’a répondu qu’il convenait pour cela d’avoir cinq années préalables de sacerdoce. Après deux années au grand séminaire de Dax, j’ai réalisé mon service militaire comme VAT (Volontaire de l'Aide Technique) dans la coopération à La Guadeloupe, en tant qu’enseignant et éducateur de jeunes.
Dans les champs de bananes où je faisais des camps de travail avec les jeunes, j’ai découvert des gens dignes et laborieux. À leur contact, j’ai senti naître une solidarité. Quand on parle, on peut être très éloquent, brillant ; par contre, dans le coude à coude du travail de la terre, l’autre est souvent beaucoup plus fort. On le rejoint dans ses préoccupations, on partage sa condition, on reconnaît sa dignité. À cette même période, au hasard d’une conversation, j’ai recueilli un commentaire d’un de mes camarades de travail, un paysan guadeloupéen. En entendant sonner l’Angélus, il dit : « Tiens, voilà le curé qui appelle. Je ne vois pas pourquoi j’irais le voir. Lui, il ne vient jamais me voir ! » J’ai compris que cet homme lançait un appel. L'Église se vit aussi en allant chez les gens, tout simplement. Depuis, vivant au milieu d’hommes de toutes conditions, j’essaie de rester à l’écoute.
Après trois ans de coopération, je suis rentré au grand séminaire de Bayonne pour y terminer mes études. J’ai été ordonné prêtre à Ciboure le 24 juin 1973 par Mgr Jean-Paul Vincent, l’évêque de Bayonne d’alors, qui a parlé basque en public pour la première fois à cette occasion.
42 ans de sacerdoce
À ce stade de ma vie, enfin prêtre et ayant goûté un peu aux terres lointaines, j’ai réalisé qu’une mission pouvait aussi s’exercer tout près de chez soi. Quel que soit le lieu, ma perspective restait la même : contribuer à la création d’une Église dans laquelle chaque personne est respectée en tant que telle, qu’elle soit chrétienne ou pas. J’ai pris la mer avec des pêcheurs de Saint Jean-de-Luz aussitôt après mon ordination, en liaison à la fois avec le diocèse de Bayonne et la Mission de la Mer ainsi que l’avaient fait mes prédécesseurs aumôniers, en m’engageant comme matelot. Mais ça n’a duré que trois mois, les curés de Ciboure et de Saint Jean-de-Luz de l’époque étant réticents à ce genre d’exercice pastoral.
Mgr Vincent m’a donc affecté à la paroisse Saint-Martin de Biarritz, où je suis resté 13 ans. J’ai fait découvrir aux jeunes du quartier Pétricot, un des plus populaires de Biarritz, les chemins et les montagnes du Pays Basque intérieur, à partir d’une bergerie qui m’avait été prêtée à Lasse, petit village de Basse Navarre. Dans les sous-sols des grands immeubles de Biarritz j’ai aménagé des lieux de rencontre et aidé des enfants et des responsables de clubs d’Action Catholique de l’Enfance, construit des cabanes et autres aires de jeux.
Les dernières années de cette vie paroissiale ont aussi été marquées par les GAL, des commandos paramilitaires espagnols ayant comme objectif l'extermination des membres de l’ETA sur le territoire français, où ils ont assassiné 24 personnes de 1983 à 1987. J’ai moi-même été menacé, j’ai perdu des amis et enterré les victimes. J’ai essayé de rester proche des victimes, de ceux qui souffrent, en créant des voies d’entraide avec des amis ou des associations pour la défense des droits de l'Homme. Je rendais visite aux prisonniers, j'intervenais comme témoin aux tribunaux... Je donnais des cours de langue basque. J'ai aussi accompagné pas mal de jeunes qui galéraient dans la drogue ou des SDF.
En 1985, Mgr Vincent, n'ayant pas trouvé d'aumônier de la mer durant ces 13 années, me demande de revenir à Ciboure comme aumônier des pêcheurs et marins de commerce de la Côte Basque, toujours dans le cadre de la Mission de la Mer. J’accepte à condition de remettre les bottes et le ciré et de naviguer à la pêche avec l'idée d'aider à faire naître des solidarités entre tous les gens qui vivent de la mer. J’ai donc commencé par embarquer comme matelot de pêche pendant huit ans sur des thoniers, des chalutiers, des ligneurs, des fileyeurs, des bolincheurs, des pélagiques. Il faut vivre cette vie-là pour les comprendre et donc échanger avec eux. À terre, un pêcheur n’est pas complètement chez lui, sa démarche est titubante et il est un peu désorienté. En mer il est tout autre, c’est un seigneur… Et puis on se rend mieux compte, en le fréquentant dans son milieu, de l’aspect concret des choses, souvent abstraites vues de terre. L’Espace Bleu Européen, par exemple, avec ses nécessités et ses conflits de quotas en dépit de la fraternité basque transfrontières. Compte tenu de mes origines, j’ai aussi embarqué à Lekeitio, un joli port de pêche de la côte basque de Biscaye. Pour que l’Europe ne soit pas seulement celle des marchands, pour qu’elle ait aussi une dimension humaine et spirituelle, avec des liens, il faut des personnes qui tissent ces liens. J’ai essayé de jouer ce que j’appelle en souriant mon rôle de gong (à ne pas confondre avec un vilain mot à consonance proche), c’est-à-dire qui permet aux portes de s’ouvrir… Le mot politiquement correct généralement utilisé est celui de médiateur…
Il m’a été donné, par exemple, de participer à l’avènement de ce qu’on a appelé « la paix germonière » (le germon est le thon blanc très prisé des conserveurs). Le 18 juillet 1994, trois bateaux de l’Ile d’Yeu se sont fait attaquer par une flottille de bateaux espagnols et basques. La raison en est des techniques de pêche différentes, la française étant supposée perturber celles des marins basque-espagnols. L’affrontement entre des bâtiments différents en taille et en nombre est disproportionné, un chalutier français est violemment abordé et ses filets brûlés. C’est la logique guerrière qui domine.
La sortie de crise a pu voir le jour en invitant les responsables des pêcheurs des deux côtés de la frontière à se parler. Nous sommes finalement arrivés à un compromis « permettant à tous, dans le respect de chacun, de vivre de la mer qui n’est la propriété de personne ».
Au cours de ces 25 dernières années, j’ai contribué à la création de plusieurs associations du monde maritime :
UHAINA, avec les femmes des pêcheurs
Pendant longtemps, dans de nombreux ports de pêche c'était « Femme de marin, femme de chagrin ». La Costa do Morte en Galice, par exemple, prenait la vie à une centaine de pêcheurs chaque année ! Aujourd'hui, en Galice et ailleurs, les choses se sont bien améliorées mais il y a toujours de nombreux accidents et la côte atlantique reste très mangeuse d’hommes.
Afin que les femmes habillées en noir, en tenue de deuil, puissent désormais porter les couleurs de l'espoir, la Mission de la Mer a tenté de répondre au fatalisme des veuves de pêcheurs en suscitant des associations de femmes et de veuves de marins. La vocation première de ces associations de femmes est de les sortir de l’isolement, de trouver une énergie jaillie de leur volonté d'un monde plus humain et plus juste. Elles participent aux manifestations tant festives que revendicatives de leurs ports. Elles ont été à l’origine de plusieurs rencontres internationales avec leurs homologues espagnoles de Galice, du Pays Basque et d’Andalousie. La première de ces rencontres internationales se déroula à La Rochelle en 1987 et fut suivie de rencontres régulières tous les deux ans. Le réseau initial, dont j'étais le coordonnateur, s’est maintenu et enrichi progressivement de nouveaux groupes.
Lors de la rencontre de Noirmoutier en 1997, la décision fut prise d’officialiser l’existence de chacun des groupes locaux en associations et de se constituer en fédération qui, sous le nom d’Aktea depuis 2010, est devenue le Réseau Européen des Organisations des Femmes de la Pêche et de l’Aquaculture. Ce réseau comprend des groupes de six pays de l’Union Européenne (Aktea est une nymphe marine de la mythologie grecque qui symbolise le rivage ou la côte).
Au niveau local, toujours en 1997, une association regroupant des femmes et des familles de marins des ports de Ciboure, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye, Bayonne et Capbreton a été créée sous le nom de Uhaina (La vague, en basque). Aujourd’hui, une soixantaine de familles adhèrent à cette association qui mène des actions en faveur des familles de marins. Tous les mardis et jeudis, elle tient une permanence dans un local de la criée du port de St Jean-de-Luz/Ciboure, mis à disposition pour son activité. Actuellement émancipée de la Mission de la Mer, elle est devenue indépendante de toute étiquette politique, syndicale ou religieuse. Très ancrée dans le tissu maritime local, elle a vocation à organiser des rencontres, des fêtes telle la Fête de la Mer, la Fête du Thon, l’Arbre de Noël pour les enfants de marins. Elle réalise aussi des enquêtes et organise des stages de formation pour ses membres (stage de filetières, de gestion-comptabilité au lycée maritime de Ciboure). Mais sa préoccupation est aussi d’ordre social. Ces femmes et veuves de marins ont souvent interpelé les pouvoirs publics français et européens sur les conditions du travail en mer, les droits de la famille, la durée des campagnes de pêche ou encore l’harmonisation des lois sociales dans l’Union européenne et… ont parfois obtenu gain de cause. Sa vocation pourrait se définir comme une concrétisation de l’adage bien connu dans le monde de la pêche : « La femme est la conscience ignorée de l’homme. »
ITSAS GAZTERIA, avec les jeunes pêcheurs
Cette association, dont le nom signifie « jeunesse maritime » en basque, a été fondée le 7 mars 1991. Elle a pour but de soutenir les projets des jeunes de la profession et leur donner la parole. Un de leurs premiers objectifs fut de créer leur propre magazine « Altxa ! Mutillak » (Debout les gars !), pour communiquer sur la dignité et la beauté de leur métier. Un double numéro spécial de cette revue (Nos 9-10, 2008) a été consacré à « La mémoire des pêcheurs » couvrant la période 1930 à 2008 (426 pages, 1 000 photos, 100 témoignages).
L’association a également accompagné la prise de conscience progressive par la profession de la pollution de la mer. Au début de mon embarquement, en 1985, les pêcheurs, et moi le premier, jetions nos déchets par-dessus bord. Ce sont les jeunes qui ont sensibilisé leurs aînés à ces problèmes, en concertation avec un autre groupe de jeunes pêcheurs du Pays Basque Sud. En 1994 nous décidons d'agir et lançons une campagne, avec le soutien du Conseil Régional d'Aquitaine et du gouvernement de la Communauté autonome d’Euskadi. Des sacs poubelles furent distribués aux bateaux de pêche pour les inciter à ramener leurs déchets au port. Pour la première fois, des bateaux ramenaient leurs déchets à quai. Cela continue depuis 20 ans !
Le n° 7 d’Altxa ! Mutillak (2001) est consacré aux différents aspects (constats, combats) de la pollution en mer, bien documenté et sérieux, mais présenté de manière humoristique et plaisante ainsi qu’en témoigne la page de couverture représentée ci-contre. Le livret et une affiche bilingue basque-français ont été édités en 66 000 exemplaires, et distribués aux scolaires, gratuitement.
L'action Mer Propre prend un tournant supplémentaire avec le tri de matériel de pêche usagé mais en bon état et de matériel de sécurité non utilisé, à l’intention principalement du Sénégal, de la Guinée Conakry, de la Côte d'Ivoire, et d’Haïti (2003-2008). Certains de ces équipements ont pu être réemployés tels quels, tandis que d’autres ont dû être adaptés aux pratiques de pêche locale pour être réutilisés. Un emploi permanent a été créé. Première expérience de ce genre dans le monde, les jeunes basques l’ont présentée en Galice, au Danemark, etc.
Également à l'actif de cette association, plusieurs actions dont une « banque d'économie solidaire » qui prête à taux zéro aux jeunes pêcheurs.
ESCALE ADOUR, avec les marins du monde, nos frères
Au port de commerce de Bayonne, l’histoire de l’accueil des marins en escale remonte à plus d’un siècle (1894), mais un jour d’été de 1995, j’ai constaté que tout était à reprendre à zéro. Je rendais visite à un marin philippin, en escale au quai du soufre, côté Anglet (c’est-à-dire rive gauche). Il s’appelle Andrew et demande deux choses : où se trouve le foyer des marins et comment faire pour aller à Lourdes ? Le bateau d’Andrew partant le lendemain, impossible de se rendre à Lourdes ! Les marins connaissent la géographie et savent que Bayonne est le port de Lourdes. Un appel qui aura des suites. Il y a régulièrement une attente forte des marins qui veulent téléphoner chez eux, recevoir un accueil chaleureux, échanger, parfois parler de leurs droits. Je lui promets qu’il y aura un foyer à sa prochaine escale.
Je passe sur les institutions multiples sollicitées qui ont su fédérer leurs compétences, et sur les personnes, femmes et hommes, dévoués, d’obédiences politique et religieuse différentes, avec des compétences complémentaires, unies par une passion commune : le devoir d’accueillir nos frères marins en escale selon la formule consacrée « J’ai été accueilli, à mon tour d’accueillir ».
C’est ainsi que le Foyer Escale Adour et l’Association du même nom qui lui est attachée ont pu naître et grandir comme un maillon humanitaire indispensable de la communauté portuaire, de 1996 à aujourd’hui, au rythme des histoires des hommes de la mer, faites, comme la mer, du sel des larmes, du soleil de la cordialité et des « coups de tabac » provoqués par les éléments dramatiques.
Le foyer proprement dit a vu le jour le 15 juillet 1997. Ses locaux sont actuellement situés sur la zone de Tarnos (c’est-à-dire rive droite), quai Européen. L'équipe est composée de quinze bénévoles (moyenne d'âge 65 ans !). Comme dans une dizaine de ports français, il devenait de grande nécessité pour accueillir les marins en escale, et particulièrement à Bayonne, puisque rien n’existait entre La Rochelle et Bilbao. Il est ouvert chaque jour de 18h à 22h et offre les services de minibus, cabines téléphoniques, bar, TV, billard, ping-pong, lecture, jeux de société, coin boutique. Ce sont environ 37 000 marins, de 40 à 50 nationalités qui ont transité au foyer depuis sa création. La belle aventure d'Escale Adour continue...
L’Association Escale Adour a publié en 2010 une très belle brochure, dont j'ai assuré la rédaction, de plus de 100 pages illustrées de nombreuses photographies, avec le même titre que ce sous-chapitre. L’ouvrage comprend l’historique de l’association, des témoignages, la description des métiers portuaires et des conditions sociales des marins… Il transmet une vision complète de l’accueil des gens de mer dans les ports et de son évolution passée et à venir.
Pour compléter mon engagement par rapport au Pays Basque, je précise qu’en octobre 2011, la lumière de la Paix fut allumée au palais d’Aiete de Saint Sébastien, devant un parterre d'experts internationaux allant de Kofi Anan et Gerry Adams à Pierre Joxe. Le lendemain, l’ETA décidait de mettre fin à la lutte armée et s’engageait dans un processus irréversible de paix, de dialogue et de réconciliation. Avec d'autres chrétiens du diocèse de Bayonne, nous avons organisé des soirées de prière, d'échanges sur la Justice et la Paix au Pays Basque et même des rencontres entre anciens "activistes" et victimes. Malgré les vents contraires venant des gouvernements de Paris et Madrid qui restent sourds aux appels à la pacification – notamment par une politique carcérale plus clémente (rapprochement des 465 prisonniers dont 93 en France, libération de ceux qui ont accompli plus de 25 ans de prison, libération des prisonniers gravement malades) –, nous maintenons le cap d'une société nouvelle, libérée du cycle sanglant : action – répression – action. Si nous laissons éteindre cette lumière de la paix, c'est tout un peuple qui sombre dans l'obscurité ! Les prisonniers basques nous transmettent ce message : vous de l'extérieur et nous de l'intérieur en unissant nos forces nous faciliterons le chemin de la paix ! Nous prions que ce beau bateau de la Paix mène à bon port celles et ceux qui aspirent aux droits de l'homme et à la réconciliation. L'Église, "experte en humanité" a un rôle moteur à jouer.
En conclusion
Je crois fortement en Jésus-Christ, mais le Christ n’est pas seulement Parole. Comme l’a écrit l’évangéliste Jean, « Au commencement était le Verbe … et le Verbe s'est fait chair ». Je crois à ce qui se fait, aux actions. Je crois à l’Église qui fait sa place aux femmes, aux enfants, à l’environnement, à la main tendue. Les beaux discours ne suffisent pas.
En marchant avec les femmes et les hommes du monde maritime et d’ailleurs, tout en les écoutant et en défendant leurs valeurs de dignité, de réconciliation et de solidarité, on prend conscience que ce sont des pages d’Évangile qui s’écrivent aujourd’hui en mer et à terre. La parole de Dieu est écrite avec leurs paroles et leurs engagements riches en humanité. C’est le cap de notre pilote François. L'avenir de l'Église est en grosse partie dans la capacité d'accueil de ces pages d'Évangile qui disent Dieu vivant au cœur du monde