Témoignage
Nathalie Martin-Derore
Septembre 2022 : je viens de déménager de Paris et de quitter avec tristesse le groupe du 15è arrondissement. Depuis 3 ans, nous avons eu tant de bonheur à étudier ensemble les Encyclopédies Jésus et Après-Jésus sous la houlette de Roselyne Dupont-Roc ! Comment monter un nouveau groupe pour étudier le livre d’A. Wénin via le Forum Genèse, à Frontignan-plage, station balnéaire aux volets clos l’hiver, à 8 kms de Sète et 28 kms de Montpellier ? Sans connaissance du terrain, sans relations, sans carnet d’adresses et…sans voiture !
Première tentative : l
e curé du lieu. Il me fait comprendre que mon projet a peu de chances d’aboutir : niveau trop exigeant, paroissiens peu enclins à l’exégèse, déjà embarqués dans diverses tâches paroissiales. Seule peut-être une religieuse âgée dont la maigre communauté s’apprête à quitter les lieux… ou des professeurs bien formés en théologie… qui ne répondront pas à mes messages. Je ne serai pas présentée à la communauté paroissiale, « faute de temps ». « De toute façon, je suis certain que vous vous présenterez très bien toute seule ! »… La religieuse s’inscrit illico : « Comme c’est passionnant ! ce n’est pas du tout ce qu’on m’avait enseigné sur la Genèse ! Et comme les feuilles de route sont intéressantes ! » Sans ordinateur, sans moyen de transport, elle ne manque pas une réunion, d’une manière ou d’une autre.
Deuxième tentative :
e maire de Frontignan, rencontré à propos des pistes cyclables de sa commune. Sympathique, socialiste, écologiste, catholique pratiquant. Il me recommande un pasteur fraîchement retraité qui vient de lui offrir une Bible.
Troisième tentative : l
e pasteur à la retraite. Accueil téléphonique fraîchement cordial, sans volonté d’action commune. Il compte monter des cours de son côté et cherche une salle…
Quatrième tentative :
le temple de Sète. Les paroissiens sont dans l’attente d’un nouveau pasteur et se forment déjà eux-mêmes.
Cinquième tentative :
la synagogue de Sète. Contacté par téléphone, le rabbin ne me rappelle pas.
Sixième tentative :
le groupe d’aqua-marcheurs. Au détour d’un exercice à genoux et d’une réflexion d’une participante sur la prière, je glisse la lecture de la Genèse. Remous marins désapprobateurs… Une aqua-marcheuse serait intéressée, plus tard…
Septième tentative :
une ancienne étudiante. Elle suivait mon cours en ligne de l’ICP sur saint Paul. Elle vient de s’installer à Montpellier et de reprendre un travail. Elle est présente à chaque réunion mensuelle.
Huitième tentative :
les sites de rencontres. Deux anciens prétendants acceptent l’aventure. L’un, croyant, renoncera au bout d’un mois : il juge la pensée de Wénin trop pointilleuse et ne voit pas la différence entre « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » et « l’arbre du connaître bien et mal ». Trop dérangeant pour lui ? L’autre, non croyant, restera, pour l’aventure intellectuelle, la qualité des échanges, et (qui sait ?) pour bibi.
Neuvième tentative :
les contacts CCBF. Bienheureuse Anne René-Bazin ! Pas de groupe local CCBF, mais des mails de personnes qui ont manifesté de l’intérêt pour l’association. Elle s’engage à leur donner mon contact. Ils m’écrivent, intéressés et prêts à se lancer : 4 participants coup sur coup, de Montpellier et des environs, depuis toujours fidèles !
Dixième tentative :
le jovial directeur de l’Institut de Formation du diocèse. Il m’a recrutée cette année en toute confiance (une bibliste de l’ICP !) pour deux cours, mais ne donne pas suite à ma publicité pour le Forum. Alors, j’en parlerai moi-même dans mes cours : une étudiante vient de s’inscrire !
En train, en voiture, à pied, à vélo, en présentiel ou en distanciel, nous voilà 9 à échanger chaque mois sur les fameuses « Feuilles de route » de Roselyne. Un groupe d’ami(e)s est né.