Dimanche 27 septembre 2020 – 26e dimanche du temps – Ez 18, 25-28 ; Ps 24, 4-9 ; Mt 21, 28-32
Jésus enseigne au Temple. Les chefs des prêtres et les anciens du peuple lui demandent qui lui a donné autorité pour enseigner. En réponse, il leur demande si le baptême de Jean était du ciel ou des hommes (Mt 21, 23-24). Ils disent ne pas savoir (Mt 21, 25-26).
Alors Jésus leur propose une parabole : un homme a deux fils. Il demande successivement à chacun d’eux d’« aller travailler aujourd’hui dans le vignoble » ; après avoir refusé, le premier y va ; après avoir accepté, le second n’y va pas. Et il leur demande lequel des deux fils a fait la volonté du père. Ils répondent : le premier ! Impossible de répondre autre chose…
Et Jésus explique : « Amen, je vous dis que les publicains et les prostituées vous précèdent dans[1] la royauté[2] de Dieu. Jean vint vers vous sur une route de justice, et vous n’avez pas cru en lui. Mais les publicains et les prostituées ont cru en lui ; mais vous, ayant vu, vous n’avez ensuite pas changé d’avis de façon à croire en lui. » (v. 32)
Ainsi, ce que le père demande à ses fils est la métaphore de l’invitation de Jean (Mt 3, 2-3) : « convertissez-vous » ou, en développant les sens du mot grec, ayez un regard critique sur ce que vous avez fait, et changez, pour préparer le chemin d’Adonaï. Une indication sur la façon d’y parvenir : se retirer[3] dans le vignoble pour le travailler. Le vignoble, métaphore de la Loi qui porte du fruit lorsqu’elle est travaillée avec constance, méditée, assimilée et toujours interprétée. Le fruit, ce que « produit » (actions, pensées, etc.) ce « travailleur des Écritures » qui garde ces enseignements comme « boussole ». En somme, une invitation à se retirer pour méditer les Écritures et l’enseignement de Jésus, une voie de conversion constante dont l’enjeu est à la fois « ici et maintenant » et eschatologique : être dans la justice et la royauté de Dieu et – nous dit Ézéchiel (18, 26-28) – alors libérer en nous le souffle de Vie insufflé par Adonaï dans les narines d’Adam (Gn 2, 7).
« Vous précédent dans/vers la royauté » : Jésus ne parle pas au futur, mais au présent car une spiritualité qui se limiterait à renvoyer dans l’au-delà tout ce dont nous parlent les Écritures n’est pas « habitée » humainement. Moi, lecteur aujourd’hui, je suis invité à m’engager, ici et maintenant, sur les chemins de la royauté de Dieu. Comment ? En utilisant savoir et intelligence pour discerner les appels à la conversion et comprendre comment je peux y répondre, et non pas pour échapper à ce qui me remet en cause. Dans ma vie sociale et dans ma vie spirituelle. En accueillant moi-même l’autre, et ce qui me dépasse, avec respect et bienveillance, au plus intime.
Convertissez-vous ! Celui qui qui entend cet appel est en chemin vers cet objectif mystérieux et eschatologique : ne pas étouffer le souffle divin qui l’habite. Le psalmiste nous dit qu’Adonaï accompagne ceux qui répondent ainsi à son appel, porté par ses messagers.
Michel Menvielle
[1] Dans, avec une idée de mouvement vers
[2] Le mot grec a pour sens premier « royauté »
[3] « Se retirer » est un des sens du verbe grec habituellement traduit ici par « aller »