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Dieu qui vient

Dieu qui vient

Lectionnaire français

Jacques Neyrinck

Présentation  succinte du l'ouvrage : objectif, réalisation etc. Cette partie est facultative.

 

Lectures

Lorsqu’elle est limitée à des lectures bibliques traduites en français, la Célébration de la Parole pose certains problèmes de compréhension à une assemblée contemporaine. Non seulement la traduction de l’hébreu ou du grec altère le sens ou perd la qualité littéraire du texte original, mais le contexte social a changé. Après ces lectures, beaucoup d’homélies ne parviennent pas à rétablir les textes dans leur sens original. Dans certains cas, des passages deviennent obscurs, provocants ou scandaleux comme le sacrifice d’Isaac par Abraham, les dix plaies d’Egypte, le livre de Josué.

En réaction, il existe une tendance spontanée des chrétiens, pratiquants ou guère, à choisir des lectures différentes, en particulier lors des célébrations de mariage ou de funérailles. Parmi la littérature moderne, cela se limite souvent à Khalil Gibran, Antoine de Saint Exupéry ou Christian Bobin, alors qu’il existe une foule d’autres auteurs, passés ou présents.

L’objectif de la première partie de ce lectionnaire est de collationner des textes puisés dans la littérature française de Villon à Brassens en passant par Pascal, Teilhard de Chardin et Péguy. Un texte de qualité dans la langue de l’auditeur transmet plus que la simple sémantique des mots et des phrases, car il ouvre une dimension poétique, lyrique, imagée, seule capable de transmettre la transcendance. Au fil des siècles et jusque dans l’époque présente, les peuples de langue française ont compris le christianisme d’une certaine façon, propre à leur génie culturel.

En 363, les chrétiens de l’époque ont délimité le Nouveau Testament en puisant parmi les textes à disposition ceux qui répondaient le mieux à leur sensibilité et à leur culture. L’évolution rapide de la société invite à une démarche contemporaine. Qu’est-ce que les croyants d’aujourd’hui légueront à leurs descendants comme leur vision du christianisme ?

On peut se demander si la Révélation a par nature d’être figée sur elle-même dans des textes vieux de vingt siècles. N’a-t-elle pas pour vocation de se prolonger, de s’approfondir, de se chercher, de s’adapter sans perdre son sens original ? Tel est le travail des théologiens. Mais leur message doit être englobé dans une littérature accessible au grand public qui est l’œuvre des écrivains chrétiens, pratiquants ou non, mais participant tous à une société qui a largement intégré les valeurs du christianisme.

CREDO

Credo, récité à chaque messe, tient une place particulière dans le rituel de l’Église catholique. Il en existe deux versions officielles : la plus ancienne, le Symbole des Apôtres remonte au deuxième siècle ; la plus développée, le Symbole de Nicée (325) fut rédigé dans le contexte de controverses dogmatiques, qui accompagnaient la lutte pour le pouvoir dans l’empire romain en voie de décomposition. Il existe enfin dans la pratique actuelle une forme dialoguée du Credo.

Deux textes signifient une liberté dans la formulation. Le premier n’est pas plus lacunaire ou imprécis que le second ne lui serait supérieur. Le concept même de Credo, pierre angulaire de la foi, fut destiné à prévenir les hérésies. Un chrétien se devait d’y adhérer pour se fondre dans l’unité de l’Église. Il devient aujourd’hui pierre d’achoppement, car ces textes datant de l’Antiquité ne formulent pas la foi de ce siècle, qui est diverse et qui cohabite avec une vision de l’Univers bien changée. Faut-il pour croire, pour être chrétien, adhérer sans réserve à l’un ou l’autre texte ? Ou bien suffit-il de réciter machinalement un texte qui soulève des interrogations à chaque article ? Est-ce un rite formel ou bien l’expression d’une conviction intime ?

Le Symbole des Apôtres se récite avec piété en souvenir des premiers chrétiens, qui sont allés jusqu’au martyre par fidélité à la formulation de l’époque, parfaitement compréhensible pour eux.

En dehors de la pratique catholique, il existe d’autres versions du Credo, les unes constituant de simples variantes, d’autres s’orientant davantage vers le message de Jésus plutôt que sur le récit en termes mythologiques de son existence. Dans les deux versions catholiques, Jésus naît et meurt sans rien exprimer entre temps, comme si cela n’avait pas d’importance. On trouvera ci-dessous un choix de Credos contemporains issus de la piété populaire. Ils reflètent la diversité non pas de la foi, mais de son expression qui insiste sur ce qui parait essentiel et l’exprime dans les mots d’aujourd’hui.

PRIÈRE

La prière est souvent silencieuse, propre à l’intime du croyant et difficile à définir. En communauté, elle est partagée en oral. Ce ne sont pas les textes qui manquent à commencer par le premier de tous, le Notre Père. Il a subi récemment une légère retouche car les mots d’une langue ont une signification qui varie avec le temps. On peut dès lors concevoir que la prière orale la plus expressive est celle que les croyants composent à leur propre usage. C’est pourquoi nous avons rassemblé dans cette rubrique celles que nos sympathisants nous ont adressées

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