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Thèmes / Lecture accompagnée de l'Evangile de Jean / Vos questions, vos remarques / Le disciple que Jésus aimait dans l’Évangile de Jean

Le disciple que Jésus aimait dans l’Évangile de Jean

Le disciple que Jésus aimait, disciple aimé (DA), parfois appelé “l’autre disciple“ quand il accompagne Simon-Pierre, apparait tardivement dans l’Évangile de Jean pour dévoiler progressivement son importance centrale.

- Le disciple que Jésus aimait apparait au chapitre XIII « L’heure de Jésus est venue » à l’occasion de la trahison de Judas (v.23) : « Un des disciples, celui-là même que Jésus aimait, se trouvait à côté de lui ».
Un disciple, dont ne parlent pas les trois autres évangiles, qui fait son apparition chez Jean, au chapitre XIII sur vingt et un, laisse penser qu’il est banal, qu’il est un disciple parmi beaucoup d’autres.
Or il se trouve qu’il est placé à table à côté de Jésus, donc à la première pace où l’on s’attendrait à voir Pierre. Pierre doit être moins bien placé puisqu’au (v.29) : « Simon-Pierre lui fit signe : Demande de qui il parle. » quand Jésus au (v.21) : déclara solennellement : « En vérité, en vérité, je vous le dis l’un d’entre vous va me livrer. »
Le verset 25 suivant montre alors l’intimité entre le DA et Jésus : « Se penchant alors vers la poitrine de Jésus, le disciple lui dit : « Seigneur qui est-ce ? ».

- La première apparition du DA dans l’évangile de Jean en trois versets 23 à 25 du chapitre XIII, en quelque sorte sa présentation, se situe à un moment décisif de la vie de Jésus : le repas pris avec ses disciples avant la Pâque, celui du partage du pain et du vin dans les synoptiques (ceci est mon corps, ceci est mon sang), celui du lavement des pieds, du service de l’autre équivalent au partage, et celui de la trahison de Judas qui introduit la passion, la mort et la résurrection suivantes.
Le DA, placé à côté de Jésus, ne peut être que quelqu’un de proche de Jésus, mais aussi d’important. La raison peut être qu’il est chez lui dans la chambre haute du Cénacle dont Jésus a indiqué préalablement l’emplacement pour la préparation du repas.

- La deuxième référence - au chapitre XVIII - se situe après l’arrestation de Jésus au (v.15) : « Simon-Pierre et un autre disciple avaient suivi Jésus. » Cet “autre disciple“ se retrouve associé à Pierre, et ce n’est pas n’importe qui : « Comme ce disciple était connu du Grand Prêtre il entra avec Jésus dans le palais du Grand Prêtre. » Ainsi l’autre disciple entre dans le Palais du Grand Prêtre tandis que Pierre reste à la porte. Au (v.16) suivant l’autre disciple va chercher Pierre dehors pour le faire entrer.
Cette deuxième référence montre que le DA était quelqu’un de la haute société, ayant reçu une éducation de haut niveau, notamment religieuse, qui devait séduire le Jésus qui étonnait les docteurs de la loi par ses connaissances de la Torah et de la loi.

- Une troisième référence - au chapitre XIX – se passe (v.25) : « Près de la croix de Jésus se tenaient debout sa mère, la sœur de sa mère Marie, femme de Clopas et Marie de Magdala. »
Alors, (v.26-27) : « Voyant ainsi sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : “Femme, voici ton Fils“. Il dit ensuite au disciple : “voici ta mère“. Et depuis cette heure-là le disciple la prit chez lui. »
Ainsi à l’instant ultime avant sa mort sur la croix, Jésus confie sa mère au disciple qu’il aimait, lui faisant par ce geste le plus grand honneur et la plus grande confiance.
- La référence suivante figure au chapitre XX, celui de la résurrection de Jésus. Il commence par la séquence de la venue des disciples au tombeau, le premier jour de la semaine. Marie de Magdala arrive à l’aube et voit la pierre enlevée du tombeau. (v.2) : « Elle court, rejoint Simon Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé du tombeau le Seigneur et nous ne savons pas où on l’a mis. » On apprend au passage que “l’autre disciple“ est bien le DA.
(v.3) : « Alors Pierre sortit, ainsi que l’autre disciple, et ils allèrent au tombeau. » Pierre et le DA se retrouvent ensemble pour aller au tombeau. (v.4) : « …l’autre disciple courut plus vite que Pierre… » car il est plus jeune, et il arrive le premier au tombeau. Il aperçoit les bandelettes posées, mais il n’entre pas. Pierre entre le premier et fait l’inventaire des linges laissés là.
(v.8) : « C’est alors que l’autre disciple, celui qui était arrivé le premier entre à son tour dans le tombeau : il vit et il crut. » Ainsi l’auteur de l’évangile de Jean assure que le DA “crut“ dans le tombeau vide. Par cette affirmation il laisse penser qu’il est, lui, l’auteur de l’évangile de Jean car personne d’autre que lui-même ne peut faire une telle affirmation.

- La dernière référence se trouve au dernier chapitre XXI au bord de la mer de Tibériade où Jésus se manifeste sept disciple, cinq de nommés et “deux autres disciples“ qui vont aller à la pêche en bateau avec Simon-Pierre sans rien attraper de la nuit. Jésus sur le rivage n’est pas reconnu des disciples et leur dit où jeter le filet pour attraper des poissons.
Alors (v.7) : « Le disciple que Jésus aimait dit alors à Pierre : « C’est le Seigneur ! », il est le premier à reconnaitre Jésus en sa qualité de disciple que Jésus aimait.
Devant les disciples présents Jésus précise à Pierre ce que sera sa tache pastorale et les six derniers versets concluent l’évangile sur le disciple bien-aimé. (v.20-22) : « Pierre s’étant retourné, vit derrière lui le disciple que Jésus aimait, celui qui, au cours du repas, s’était penché vers sa poitrine et avait dit : « Seigneur qui est celui qui va te livrer ? Quand il le vit, Pierre dit à Jésus : « Et lui, Seigneur que lui arrivera-t-il ? Jésus répondit : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. » Le sens de la réponse de Jésus à Pierre est de dire à Pierre qu’il n’a pas à s’occuper du DA dans sa tache pastorale, il est à part dans la relation d’amour intime qu’il a avec lui.
Il apparait curieusement que Pierre est un révélateur involontaire du disciple que Jésus aimait chaque fois qu’ils sont ensemble, alors que le DA laisse entrer Pierre en premier dans le tombeau vide.

- Enfin (v.24) : « C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est conforme à la vérité. »
En parlant de lui à la troisième personne, “le disciple que Jésus aimait“ affirme clairement qu’il est l’auteur de l’évangile de Jean, et que son témoignage est conforme à la vérité.

- Ainsi ce personnage mystérieux du "disciple que Jésus aimait", qui apparait après plus de la moitié de l’évangile de Jean, se révèle progressivement comme étant l’auteur de cet évangile et donc à l’origine de tout ce qu’il contient en particulier des confidences que Jésus a laissées sur les relations d’amour et de confiance qu’il a avec son Père du ciel.

Créé par : Bertrand

Date de création :

Commentaires

Posté par Roselyne

ven 22/05/2026 - 20:42

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Nous avons déjà beaucoup discuté de la figure du disciple bien-aimé. Vous avez argumenté votre position. Je vous ai répondu en vous donnant celle qui est aujourd'hui majoritairement retenu par les biblistes. On peut toujours discuter.
En fait, la véritable question n'est pas de savoir quel est l'auteur de l'évangile, mais si nous pouvons remonter à un témoin direct capable de rapporter les paroles de Jésus, et quelle importance cela aurait pour nous. D'une part, la langue grecque (et non araméenne) institue déjà une distance infranchissable, tandis que la multiplicité des témoignages non concordants milite contre l'unicité d'un témoignage direct (et qu'est-ce que cela veut dire, quand chaque évangéliste, Jean compris,  construit un récit, une intrigue, des discours?). D'autre part, par définition la foi chrétienne est une foi ecclésiale : nous croyons sur le témoignage des premiers croyants et grâce au canal qu'est, dès le début, la tradition apostolique ou tradition de l'Eglise. Un témoignage "enregistré" est contraire à la présence même d'une tradition ecclésiale, et rendrait l'Eglise inutile.

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