Le groupe de Grenoble s'est aussi intéressé au personnage propre au IVe Évangile, "le disciple bien-aimé". Comment comprendre la formule énigmatique: « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? » (21,22), de Jésus à Pierre. Et pourquoi, selon vous, Pierre est-il si curieux au sujet du destin de Jean ? Merci.
Créé par : Claude Laval
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Pour avancer un peu dans la…
Pour avancer un peu dans la question - qui reste tout de même indécidable, du disciple bien-aimé, je crois qu'il faut voir où il se situe dans l'évangile de Jean, et à quel propos il est évoqué. Or, le chapitre 21 est un ajout tardif à l 'évangile, probablement à la fin de la crise interne dont témoignent les 3 lettres. Lorsque la communauté johannique a vu le départ d'un groupe probablement gnosticisant (en tout cas, refusant l'humanité de Jésus) et se rapproche d'autres groupes se réclamant de Pierre ; ceux-là formeront ce qu'on appelle avant la fin du 2ème siècle la "grande Eglise". Ce chapitre sert à affirmer la mission d'unité de Pierre comme figure de référence de l'Eglise et la place particulière du groupe johannique, qui entretient un lien spirituel plus intimiste avec Jésus crucifié et ressuscité.
On tire de ce chapitre que Pierre a été arrêté ("conduit où il ne voulait pas), et certainement à cette époque déjà mis à mort, tandis que Jean a vécu très vieux, et que, clairement, tous sont invités à ne pas spéculer sur ces différences de destinée ! La légende (déjà en route ?) s'est ensuite emparée de ces données très peu précises.....
Evitons donc de l'interroger sur ce qu'elle connaît mal et dont elle ne se soucie pas !