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JZ questions

j’ai plusieurs questions :
1- JZ dit que Jean et Marie étaient au pied de la Croix , selon Jean ; mais cette double présence n’est pas indiquée par les synoptiques ; ceux-ci parlent de femmes qui suivaient Jésus et regardaient de loin et pas de près. Je pense que si Marie était vraiment au pied de la croix, les évangélistes l’auraient dit ; pour ma part, je vois mal une mère accourir pour assister au supplice de son fils , d’autant plus que, probablement, elle vivait à Nazareth et n’aurait pas eu le temps d’arriver à Jérusalem en 1 jour .Alors ? L’école Johannique a voulu dire quoi ? mettre en valeur Jean par rapport à tous les autres apôtres qui n’étaient pas présents au pied de la Croix quitte à inventer une présence ? et aussi par rapport à Jésus et à Marie ?
cela fait partie des interprétations théologiques pour le bien du lecteur ? ou pour défendre l’école johannique ?

2- 3 sources au moins : les 3 mots « d’abord » « ensuite » et « enfin » évoquent une temporalité mais je crois que JZ veut dire par là 3 composants sans idée de temporalité.
3- « Pour eux les paroles de Jésus n’étaient pas des sentences pétrifiées elles étaient une parole vivante qui renaissait sans cesse à elle-même dans une prodigieuse richesse de sens «
Autrement dit, l’évangile de jean ne nous dit pas ce que Jésus a dit mais nous dit ce que les théologiens de l’école johannique ont pensé et élaboré à partir de témoignages reçus par eux et qui ne nous sont pas transmis ; il est vrai que j’ai toujours eu un gros doute sur les grands discours de Jésus rapportés dans les chapitres 15 à 17 inclus : je voyais mal Jésus tenir ces discours à la veille de sa passion.Mais alors tout le reste ?
Par contre page 31, JZ rappelle la phrase : « Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas considérés dans ce livre « Une façon de dire que les signes rapportés sont vrais, eux ?
JZ dit que le chapitre 6-22 sur le pain de vie est une interprétation elaborée par l’ecole johannique et idem pour la suite : et non pas la reproduction non pas forcément des mots de Jésus mais au moins du sens des mots prononcés par J ésus 6-51 à 58 ; mais il ne justifie pas cette affirmation …
Par ontre je ne comprends pas JZ quand il dit que les chapitres 2-13à17 et 2-18à 22 sont 2 interprétations alors que 2-13 à 17 est la présentation de l’évenement , Jesus chassant les vendeurs du gtemple et 2-18 à 22 est un commentaire ou une interprétation ;idem pour le lavement des pieds 3-1à 11 le lavement lui-même et 12à 20 un commentaire , qui plus est non pas de Jésus mais des théologiens johanniques ..

Créé par : Sommier

Date de création :

Commentaires

Posté par Roselyne

lun 24/11/2025 - 18:57

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Bonjour, Monsieur, pour avancer avec vous dans votre question, je repartirai volontiers de votre point 3, et de vos propres paroles avec lesquelles je consonne : 
« l’évangile de jean ne nous dit pas ce que Jésus a dit mais nous dit ce que les théologiens de l’école johannique ont pensé et élaboré à partir de témoignages reçus par eux et qui ne nous sont pas transmis ».
Cela est absolument vrai, et vrai également des autres évangiles, les Synoptiques, qui sont aussi le travail inspiré d’hommes qui ont recueilli des témoignages, qui les ont médités, échangés avec d’autres, et remis en forme des récits pour les transmettre à leurs communautés et aux générations après.
Luc est très clair dans son prologue (Lc 1,1-4), Matthieu se compare au « scribe du Royaume » (13,58).
Et les auteurs johanniques sont nets : « ces choses ont été écrites pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom » (Jn 20, 31).

Vous avez-vous-même bien montré que la scène johannique qui réunit au pied de la croix, non pas Marie et Jean, mais" sa mère et la sœur de sa mère, Marie femme de Clôpas, et Marie de Magdala et le disciple que Jésus aimait » ne pouvait qu'être fortement symbolique  (19, 25-26). Jean y rejoint les autres évangélistes qui attestent que des femmes venues de Galilée, avaient suivi Jésus et l’ont contemplé jusqu’au bout de loin dans sa crucifixion. Mais les soldats ne laissaient pas les gens et la famille s’approcher des croix (qui étaient très basses) !
La scène clairement est une sorte de « testament » de Jésus, qui confie sa mère, une juive fidèle, au groupe des disciples de la communauté ; on peut le dire autrement : que la fille de Sion soit accueillie et protégée dans la nouvelle Eglise !
Vous êtes gêné par la remarque de Zumstein : à plusieurs reprises, des scènes fortes, transmises par la tradition, sont doublement interprétées ; ainsi la purification du Temple, le partage des pains.
Là encore la comparaison avec les Synoptiques est éclairante. La scène de purification du Temple (qui semble avoir été le déclencheur de l’arrestation et de la condamnation de Jésus) a été bien comprise comme une mise en cause du système corrompu du Temple, tenu par les élites sacerdotales (les Sadducéens) dans les mains des Romains, et qui était devenu « une machine à fric ». Jean y ajoute ensuite (explicitement par la notice de 2, 22) la réponse très profonde de la question : où Dieu demeure-t-il ? Et Jésus répond : non plus dans le Temple corrompu, mais dans son propre corps, mis à mort et ressuscité ! Ce que disent les synoptiques dans les récits de la passion, par l’ouverture du rideau du Temple !
Le partage des pains, manifeste du don de la vie (le pain) à tous sans discrimination, devient dans un second temps, une question eucharistique reflétant un conflit grave dans la communauté. Ce conflit dont témoignent les trois lettres johanniques, vient d’un groupe qui niait l’humanité du Christ, et en faisait un esprit divin venu faire un tour sur la terre (déjà un docétisme)  ! L’auteur répond en termes crus, volontairement violents : « celui qui croque ma chair ! ». Et l'auteur de 1 Jean 1,1 écrit : « ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons palpé de la Parole de vie »…Il s'agit de marteler qu'il a vécu en homme véritable au milieu des hommes !

Je me dis souvent que si nos textes se réduisaient à un interview pris sur les lèvres de Jésus par des disciples, qui d’ailleurs n’y comprenaient pas grand-chose, nous serions bien démunis, avec finalement un Jésus, remarquable rabbi juif, maître de morale ouvert et bienveillant…

En tout cas, nous n’aurions aucun besoin d’une Tradition qui est le sillon que creusent dans l’histoire ceux qui l’ont rencontré Vivant, qui en témoignent, et qui déploient ce que cela a transformé dans leur vie. Sur plusieurs générations, qui ont fini par boucler le Nouveau Testament. Et au-delà l’énorme flot de la méditation des Pères, des scholastiques, des théologiens etc….Autrement dit, nous n'aurions aucun besoin d'une Eglise !

Dans cet effort pour comprendre, interpréter, transmettre, témoigner, il ne s'agit pas de défendre telle ou telle école, johannique, paulinienne, augustinienne, thomiste etc..
Mais d'avancer à tâtons, avec d'autres, sur le chemin vers une Vérité dont nous sommes loin, mais qui nous fait vivre.

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